Le nouveau maire de Nice engage une série de mesures sur le stationnement en voirie. Dès le 15 avril 2026, un délai de tolérance de 15 minutes entre en vigueur. D’autres évolutions sont annoncées, notamment la création de places supplémentaires et une possible extension de la gratuité.
La politique de stationnement évolue à Nice. Le maire Éric Ciotti a présenté, mercredi 15 avril 2026, plusieurs mesures qui concernent directement les automobilistes. Première décision appliquée immédiatement : l’instauration d’un délai de tolérance de 15 minutes pour le stationnement payant en voirie.
Cette mesure concerne l’ensemble des 14 000 places de stationnement de la ville. Le dispositif s’applique aussi bien aux horodateurs qu’à l’application mobile Pay By Phone. L’objectif affiché repose sur une volonté d’assouplir les règles et de limiter certaines situations jugées pénalisantes.
« Faciliter le stationnement, c’est faciliter la qualité de vie, c’est aussi promouvoir et soutenir l’activité économique. » Cette orientation traduit une place assumée pour la voiture dans l’organisation de la ville. Le nouveau maire inscrit cette décision dans la continuité des engagements de campagne.
Le principe reste simple. Un automobiliste dispose désormais de 15 minutes pour régulariser sa situation après un stationnement. Une verbalisation peut être enregistrée par un agent, mais celle-ci disparaît si le paiement intervient dans ce délai. L’amende est alors annulée avant envoi au propriétaire du véhicule.
Une adaptation technique a été nécessaire pour permettre ce fonctionnement. « La société qui est en charge, pour le compte de la ville de Nice, du recouvrement du forfait post-stationnement a modifié son logiciel. » Ce changement permet d’intégrer automatiquement la période de tolérance dans le système.
Le maire évoque également une volonté de réduire la pression ressentie par les habitants. « Alléger la pression que subissaient les Niçoises et les Niçois en matière de contraventions » fait partie des objectifs affichés. Le dispositif reprend l’idée du « quart d’heure niçois », transposée ici au stationnement.
Lors de la présentation, Éric Ciotti a insisté sur le caractère concret de cette mesure. « J’ai souhaité que nous installions une forme de souplesse par rapport au couperet extrêmement rigide et un peu aveugle qui tombait dès les premières secondes du dépassement de stationnement. […] Nous répondons aux automobilistes qui avaient le sentiment d’être un peu pris pour des vaches à lait, qui parfois, le temps de se rendre à l’horodateur, étaient sanctionnés. »
Vers une réorganisation plus large du stationnement
Cette première décision s’inscrit dans une réflexion plus globale. La municipalité annonce un objectif de création de 5 000 places supplémentaires sur la durée du mandat. Ces nouvelles capacités concerneront les voitures mais aussi les deux-roues.
Le sujet de l’extension du stationnement payant reste également ouvert. Le quartier de Cimiez est cité comme un dossier à relancer. « Nous allons réouvrir sereinement ce dossier pour y apporter une réponse rapide » indique le maire, en évoquant une démarche fondée sur la concertation. « dans le cadre de la concertation la plus ouverte, la plus large possible », précise l’élu, tout en ajoutant n’avoir « à ce stade aucun a priori dans un sens ou dans un autre. »
Une autre piste concerne la durée de gratuité. Le passage d’une à deux heures fait partie des mesures étudiées. Une première évolution avait déjà été actée en juillet précédent, avec un passage de 30 minutes à une heure sous le mandat de Christian Estrosi. La nouvelle étape reste en cours d’analyse et pourrait intervenir en fin d’année.
Ces orientations visent à agir sur la fréquentation du centre-ville. Le stationnement est présenté comme un levier pour soutenir les commerces et améliorer la circulation. La municipalité cherche à trouver un équilibre entre accessibilité et régulation.
Le maire résume cette ligne : « je ne suis pas l’ennemi de la voiture mais je ne suis pas non plus pour le tout bagnole. Il faut trouver un équilibre, c’est le sens de notre politique. »
La mise en place du délai de tolérance représente toutefois un coût pour la collectivité. L’opérateur estime un manque à gagner d’environ 30 000 euros par mois. Cette donnée est assumée dans la stratégie globale, qui privilégie une approche plus souple du stationnement.
Le dispositif est désormais en vigueur depuis le 15 avril. Les automobilistes niçois disposent ainsi d’un temps supplémentaire pour régler leur stationnement. Cette évolution marque une première étape dans la réorganisation annoncée. D’autres ajustements pourraient suivre dans les prochains mois, en fonction des arbitrages et des concertations engagées.
NicePremium est un média local indépendant et gratuit.
Pour nous aider à continuer, vous pouvez soutenir notre travail à partir de 5 € par mois.
