Fermeture des locales de BFM : une grève annule les JT de ce soir et demain

Ce mercredi 24 juin, le groupe propriétaire CMA Média a annoncé sa volonté de vendre 9 de ses chaînes locales BFM dans le cadre d’un plan d’optimisation des coûts visant à réaliser 20 millions d’euros d’économies. Une décision qui a rapidement déclenché un appel à la grève des syndicats.

Face à la décision du groupe de fermer les 9 chaînes locales BFM, la réaction des syndicats n’a pas tardé. Le SNJ et la CGT RMC BFM ont notamment appelé à la grève dès ce mercredi 17h et ce jusqu’à jeudi 21h. Aucun journal télévisé ne sera diffusé. Dans leur communiqué, les syndicats dénoncent une direction qui se veut protectrice d’un ancrage journaliste local mais qui se déleste en parallèle de ses 9 chaînes. 

Les syndicats pointent en effet la menace qu’aucun repreneur ne se manifeste, les modèles économiques des chaînes locales étant souvent décriés comme peu viables, ce que la direction elle-même reconnaît implicitement. 125 salariés se retrouvent suspendus à une décision qui ne viendra pas avant plusieurs mois.

Un contraste est fortement condamné dans le communiqué : le recrutement de présentateurs “à des salaires mirobolants” et la distribution de “grasses primes de fidélité” tandis que les salariés des chaînes locales voient leurs moyens se réduire depuis des mois.

Une journaliste de BFM nous a expliqué la situation. Selon elle, il y aurait des rumeurs de fermeture des locales de BFM depuis décembre 2025 en raison d’une situation économique instable. Cette dernière a qualifié le marché de « compliqué » car la chaîne vit en grande partie de la publicité et des aides des institutions (Région, mairie…).

Elle a ajouté qu’elle et ses collègues avaient longtemps pensé qu’il y aurait une fusion avec BFM Toulon et BFM Marseille pour ainsi créer une entité régionale. Une autre hypothèse était celle de se concentrer sur les formats web plutôt que télévisuels.

La journaliste a déclaré : « On parle de la fin de BFM Nice et des BFM locales qui sont les seules chaînes locales privées dans le paysage audiovisuel français ». Elle a partagé son inquiétude et celle de toutes les équipes car ces dernières étaient constituées de métiers spécifiques à la télévision et à l’information.

Un « plan de départ volontaire »

Dans le cadre de cette démarche « d’optimisation des coûts », CMA Media va d’emblée ouvrir un plan de départs volontaires au sein de son pôle audiovisuel RMC BFM, dont le nombre de postes concernés reste encore indéfini et sujet à négociations. De quoi laisser les salariés dans une inquiétude profonde à l’approche de la rentrée.

À Paris, le plan de départ va certes libérer quelques postes, mais leur nombre restera très limité au regard de l’ampleur des fermetures annoncées dans toutes les locales du réseau. Au final, ce sont plusieurs centaines de personnes, dans l’ensemble des villes concernées, qui risquent de se retrouver sans solution et probablement sans emploi. Or le « plan de départ volontaire » ne pourra convenir à tous puisque beaucoup ne peuvent ou ne veulent pas quitter Nice. Des salariés installés depuis longtemps à Nice, avec une vie de famille et des engagements financiers récents, se retrouvent ainsi face à une mobilité presque impossible.

La journaliste BFM a également précisé que la décision avait été prise même si certaines locales s’en sortaient mieux financièrement que d’autres et que certaines avaient fait des investissements considérables (exemple : un nouveau studio pour Marseille). Concernant Nice, la journaliste a souligné le nombre important de sujets à couvrir en évoquant la récente couverture des municipales et les éditions spéciales pour le carnaval plus tôt dans l’année : « On a des échéances à venir avec également les dix ans de l’attentat de Nice« .

Elle a conclu en disant : « On est très fiers du travail qu’on effectuait depuis cinq ans […] on a donné le meilleur de nous-même […] c’est pour ça qu’on est d’autant plus déçus et qu’on se sent lâchés par la direction malgré tout l’engouement et l’énergie qu’on a mis« . L’employée a expliqué que beaucoup avaient quitté Paris pour s’installer durablement sur la Côte d’Azur, et se voient désormais confrontés à la fermeture de leur chaîne. Et « même s’il y avait un repreneur, on ne sait pas qui ça pourrait être, qui pourrait investir dans une chaîne locale, dans une situation économique compliquée ».

Les restrictions budgétaires annoncées par CMA Média ont ainsi entraîné une vive réaction syndicale et une forte inquiétude des salariés concernant leur avenir professionnel. Une situation qui met en lumière les difficultés économiques des télévisions locales face aux impératifs de rentabilité du pôle audiovisuel. Alors que les négociations s’ouvrent, reste à savoir comment évoluera l’offre d’information régionale privée dans le paysage audiovisuel français.

Charlotte Nguyen Van et Juliana Bauchiero

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