Christian Estrosi conteste en justice la demande d’Éric Ciotti concernant des remboursements de frais d’avocat

L’ancien maire de Nice a saisi le tribunal administratif le 25 septembre 2026 pour contester deux titres de recettes émis par la municipalité dirigée par Éric Ciotti. La somme réclamée correspond aux frais d’avocat pris en charge par la collectivité dans deux affaires de diffamation. Christian Estrosi dénonce un « acharnement politique. »

Selon Nice-Matin, Christian Estrosi a déposé une « requête en annulation et en décharge » devant le tribunal administratif de Nice le 25 septembre 2026. L’ancien maire demande l’annulation de deux titres de recettes émis par la ville de Nice, qui lui réclame le remboursement de 50 143 euros de frais d’avocat engagés durant son mandat.

Les sommes concernent deux procédures en diffamation datant de la période 2014-2020. La première, connue sous le nom d’affaire David Thomson, visait un écrivain et journaliste dont le livre Les revenants évoquait notamment Christian Estrosi en lien avec le djihadisme. La seconde procédure concernait David Nakache, président de l’association Tous Citoyens, après la publication d’un message sur les réseaux sociaux dans lequel le militant estimait « qu’il fallait en finir avec le clientélisme et la corruption à Nice. »

À l’époque, le conseil municipal avait accordé à Christian Estrosi la protection fonctionnelle pour ces deux affaires. Ce dispositif permet à une collectivité de prendre en charge les frais de justice d’un élu lorsque les conditions légales sont réunies. Les deux délibérations avaient toutefois été contestées par Philippe Vardon, alors opposant municipal, puis annulées par la justice pour des motifs différents.

Dans le dossier David Thomson, les juges ont reconnu que l’ancien maire avait bien fait l’objet d’une attaque justifiant la protection fonctionnelle. L’annulation de la délibération reposait sur une erreur de procédure : les élus n’avaient pas été informés du montant exact des frais engagés, soit 19 330 euros.

Pour l’affaire David Nakache, correspondant à 30 813 euros, la justice a estimé que le message publié ne visait pas directement Christian Estrosi et ne justifiait donc pas l’octroi de cette protection.

Christian Estrosi demande un réexamen du dossier Thomson

L’ancienne municipalité avait engagé des pourvois devant le Conseil d’État pour contester les annulations. Après son arrivée à la tête de la ville de Nice en mars 2026, Éric Ciotti a décidé de désister la commune de ces recours. Les annulations sont ainsi devenues définitives, ouvrant la voie à la demande de remboursement adressée à son prédécesseur.

Christian Estrosi conteste désormais les sommes réclamées selon deux démarches distinctes. Pour l’affaire David Thomson, l’ancien maire demande qu’une nouvelle délibération soit soumise au vote du conseil municipal, afin de régulariser la procédure. Pour le dossier David Nakache, la requête vise notamment à obtenir les documents ayant permis à la Ville d’émettre le titre de recettes.

Son avocat, Me Matthieu Avril, estime qu’« une nouvelle délibération pouvait parfaitement être envisagée pour régulariser la situation » dans l’affaire Thomson. Selon lui, Éric Ciotti a fait le choix de se désister des pourvois devant le Conseil d’État avant de réclamer le remboursement des frais engagés.

Me Avril indique également avoir adressé deux recours gracieux, en mai et en août 2026, sans obtenir de réponse. L’avocat déplore un « silence total » de la municipalité.

Dans ses déclarations rapportées par Nice-Matin, le conseil de Christian Estrosi critique la décision de la nouvelle équipe municipale : « Se désister des pourvois, refuser de réexaminer une protection fonctionnelle pourtant reconnue comme légalement justifiée dans l’un des dossiers, puis opposer un silence obstiné à des demandes parfaitement légitimes de justification des sommes réclamées [dans le dossier Nakache], alors même qu’Éric Ciotti érige régulièrement la transparence en principe de bonne gestion : cela dépasse le cadre d’un simple différend juridique. »

L’avocat conclut en affirmant : « L’acharnement politique que Christian Estrosi dénonce de la part de la nouvelle municipalité de Nice se poursuit. »

Le tribunal administratif de Nice doit désormais se prononcer sur la contestation des titres de recettes et sur les demandes formulées par l’ancien maire.

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