Dans le cadre intimiste et symbolique du Café des Franciscains, Christian Estrosi a présenté son nouveau projet culturel pour Nice. Héritage, création, liberté artistique et accès pour tous : le maire de Nice promet une politique culturelle profondément renouvelée, construite avec les acteurs du territoire et portée par un investissement massif de plus de 100 millions d’euros sur le prochain mandat.
Ce lundi matin, le Café des Franciscains est animé par des voix, des sourires et des acteurs du milieu culturel. Un environnement loin d’être banal. Avant même l’apparition du maire, Muriel Mayette-Holtz, qui dirige le Théâtre National de Nice, établit l’ambiance.
« Je suis tellement ravie de voir ce café des Franciscains débordant d’énergie positive ce matin » , dit-elle en souriant. C’est un endroit où, chaque jeudi, on organise les Jeudis littéraires, où on valorise les œuvres des grands écrivains et où l’on promeut la culture.
Une introduction conviviale, presque activiste, qui donne la voie à Christian Estrosi. Apparemment touché par l’endroit, il décrit « un endroit magique, où la culture a déjà son coeur qui bat » , Avant de se replonger dans l’histoire du lieu, mêlant anecdotes et fierté patrimoniale.
« Nous ne savions pas que nous étions assis sur une église datant du XIIIe siècle« , dit-il. On creusait les murs, on érafle… puis, on tombe sur une église plus vaste que Sainte-Réparate. « C’est un patrimoine exceptionnel.«
Le maire rigole, engage de nombreux apartés, partage ses souvenirs au Capitole « avec la boule à facettes » , et souligne combien le patrimoine niçois a parfois été découvert… par coïncidence.
Christian Estrosi établit rapidement la base idéologique de son initiative : il ne faut pas que la culture soit déterminée par le politique.
« Lorsqu’il s’agit de culture, les idées politiques sont toujours vouées à l’échec, lorsque c’est conçu par la culture elle-même, dans un univers de liberté, nos chances de succès sont nettement accrues. » Dit-il sans détour.
Il défend vigoureusement cette liberté, particulièrement par le biais du Salon du Livre : « Vous prenez tout le monde. Je ne veux pas trier entre les auteurs. La culture à Nice doit rester une terre de liberté d’expression, sous toutes ses formes. Et je me battrai toujours pour ça. » Fruit de plusieurs mois de concertation, plus de 10 000 réponses recueillies, le projet culturel se veut collectif, ancré dans un réseau déjà dense : 15 musées, 34 théâtres, 40 galeries, 13 bibliothèques, un opéra, et plus d’un million de visiteurs chaque année.

Une ambition culturelle assumée sur l’ensemble du mandat
L’annonce est claire : plus de 100 millions d’euros seront consacrés à la culture sur le mandat, soit 18 millions par an, afin d’en faire un pilier central des politiques publiques, au même niveau que la santé ou l’éducation. Christian Estrosi revendique une culture considérée non comme un luxe, mais comme une priorité structurante pour la ville. Ce budget permettra notamment la livraison du Palais des Arts et de la culture, la pérennisation du théâtre de la cuisine, le déploiement d’un plan culturel pour l’Ouest niçois, la couverture du Théâtre de Verdure afin de le rendre exploitable toute l’année, ainsi que la transformation du 109 en pôle majeur de création contemporaine. Sur le terrain éducatif, le maire affirme renforcer le dispositif « 100 % culture à l’école » , convaincu que la culture est un puissant levier de rassemblement et de transmission.
Au-delà des équipements, l’ambition est aussi artistique et symbolique : faire émerger une nouvelle « école de Nice » pour le XXIᵉ siècle, héritière de l’audace créative qui a marqué l’histoire de la ville, ouverte aux musiques actuelles, au spectacle vivant et à l’expérimentation. Cette dynamique s’appuiera sur une charte d’engagement avec les artistes pour accompagner la création, la formation et la diffusion des œuvres. Résumant son projet en quatre mots : émouvoir, valoriser, décloisonner, grandir, Christian Estrosi souhaite redonner à Nice toute sa profondeur culturelle. « Depuis trop longtemps, Nice n’est vue que sous l’angle du divertissement« , conclut-il. « Je veux qu’elle retrouve toute sa profondeur, ses racines et ses ailes. » Les applaudissements fusent. Le maire sourit, presque surpris :
« Vous vous applaudissez vous-mêmes« , dit-il en riant. « Parce que ce projet, vous l’avez construit. Et vous pouvez en être fiers. » Une chose est sûre : à Nice, la culture n’est plus seulement un décor. Elle revendique désormais un rôle central dans le récit de la ville.
NicePremium est un média local indépendant et gratuit.
Pour nous aider à continuer, vous pouvez soutenir notre travail à partir de 5 € par mois.
