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17 juin 2024

Littérature : La porte du vent de Jean-Marc Souvira

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Nouveau polar de l’ancien commissaire divisionnaire de la Police Judiciaire, La porte du vent de Jean-Marc Souvira (Fleuve Éditions) est un subtil mélange entre policier et roman historique. Publié au début de cette année, il marque le retour de Jean-Marc Souvira à l’écriture après les publications du Magicien (2008) et des Sirènes noires (2015).

Le commandant Dalmate est en charge de l’enquête sur une série de règlements de compte entre les communautés juives et chinoises, règlements de compte sanglants où les morts s’accumulent et où la police manque de pistes. A la suite d’une filature, il se retrouve dans le plus grand cimetière militaire britannique de France, à Étaples-sur-mer, à observer deux vieillards se recueillir sur une tombe chinoise. Cette rencontre met Dalmate en alerte car il s’agit de deux chefs d’organisations criminelles très puissantes, l’un venant de Chine, l’autre d’Israël, et dont des ramifications s’étendent partout dans le monde.

Dans ce polar sombre et dense de presque 600 pages, la première partie se concentre sur le commandant Dalmate qui enquête sur plusieurs meurtres qui ressemblent à des règlements de compte entre les familles chinoises et juives. Deux communautés qui a priori s’entendent bien, voire s’ignorent. Dalmate et son équipe ont du mal à saisir l’origine de cette montée de violence et encore moins les liens anciens qui unissent ces communautés. L’enquête de Dalmate le mène dans le Pas de Calais où le roman prend une nouvelle tournure et s’ouvre sur un récit historique puissant.

Une histoire au cœur de l’Histoire

Ce récit, quasiment un livre dans le livre, commence en 1916 au cœur de la Chine, jusqu’alors épargnée par le conflit mondial. Le lecteur suit Zhang, jeune homme brillant, obligé de fuir sa famille et sa région natale. Il embarque pour la France, intègre le « Corps de travailleurs chinois » et se retrouve à proximité des tranchées. La France, épuisée, exsangue par deux ans de guerre, est allée chercher à l’autre bout du monde de la chair à canon, des hommes corvéables à merci, qui seront utilisés par les armées françaises et britanniques. Le lecteur est brutalement immergé dans la vie sur le front, à côtoyer des hommes ordinaires devenus soldats, à entendre les bombes, les balles siffler, à sentir la poudre, le sang, la mort.

Jean-Marc Souvira allie avec brio les deux styles de récits et tient en haleine le lecteur aussi bien avec la guerre des gangs actuelle qu’avec l’histoire de Zhang. L’auteur met en lumière un élément de la Première Guerre Mondiale peu connu et sa connaissance du monde mafieux, chinois autant qu’israélien, à travers une écriture soignée, descriptive et rythmée. Est-ce que les liens du passé seront assez forts pour mettre fin à cette sanglante escalade de violence ? Est-ce que la nouvelle génération saura comprendre la portée de ce qu’il s’est passé dans les tranchées ? C’est dans la dernière partie de La porte du vent que le lecteur pourra découvrir les réponses à ces questions.

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