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4 mai 2024

La politique économique de la Métropole Nice Côte d’Azur sera-t-elle la clef de son développement?

Développement des entreprises et attractivité du territoire : Voici les maitres-mots qui caractérisent le plan stratégique que Christian Estrosi a présenté aux acteurs et décideurs économiques réunis pour la première fois après la naissance de la Métropole Nice Côte d’Azur « Une organisation territoriale pertinente tant en termes de cohérence géographique et historique qu’en termes de complémentarités économiques ».


Maitres-mots qui se déclinent autour d’un plan stratégique d’organisation, une mutation économique qui s’appuie d’une part sur la consolidation du tissu actuel, qu’il s’agisse de tourisme, d’artisanat, d’agriculture, d’industrie et qui vise, d’autre part, à se diversifier profondément et durablement en se tournant davantage vers les technologies.

L’objectif ? « Créer 50 000 emplois en 30 ou 40 ans et une vingtaine de milliers dans les 15 ans à venir ». Et ce principalement via l’OIN Eco-Vallée qui offrira aux entreprises un foncier dédié à leurs besoins, tout en intégrant l’immobilier d’entreprises dans une vision globale d’aménagement et d’urbanisme, caractérisé par la mixité des fonctions et la qualité environnementale.

Le socle de ce développement ? « L’aménagement selon les principes de mobilité durable qui proposent enfin des alternatives au tout-voiture, des équipements structurants tel le grand hôpital du 21è siècle ( Pasteur), le stade Allianz Riviera, l’extension de la 1ère ligne de tramway vers Pasteur, avant l future ligne Est-Ouest ».

nca-10.jpg Ces fondations sont posées- a annoncé le maire de Nice et Président de la Métropole – avec les créations, les extensions et les implantations d’entreprises dans notre territoire, ce qui se traduit par une augmentation des recettes fiscales dites économiques (La cotisation foncière et celle sur la valeur ajoutée, de 90,8 en 2011 à 94,45 en 2012 alors que 98,3 millions d’euros sont attendus en 2013 ).

Pour tracer aussi les perspectives et actions pour le futur, certaines largement sont bien connues mais quelques nouveautés sont à prévoir !

Ainsi pour le tourisme et commerce la politique événementielle ( de 530 événements en 2008 à 1200 en 2012) restera le pivot pour se retombées économiques alors que le tourisme d’affaires sera soutenu par des aides financières et logistiques pour tout congrès en baisse saison.

Pour les entreprises industrielles, en plus des outils classiques de « développement endogène » déjà en place des nouvelles mesures seront prévues pour soutenir l’innovation.

Mais encore plus, l’amplification de fonciers au site de Roguez sur les communes de Castagniers et Colomars ( constructibilité de 20000 m2 sur 3,5 ha) et Carros avec une constructibilité supplémentaire de 500000 m2, un eu plus de 50% de surfaces qu’aujourd’hui.

Auxquelles mesures s’ajoutera le schéma d’aménagement numérique du territoire ( fibre optique).

Pour les nouvelles entreprises il y aura le « joker » du passeport Nice Côte d’Azur qui délivré à toute entreprise qui créera un nombre significatif d’emplois et qui ouvrira droit à l’octroi maximal de 200000 euros répartis sur 3 exercices fiscaux ( limite maximal de l’aide de minimis admise par le droit européen dans le cadre de la libre concurrence dans le marché intérieur).

Pour terminer; une pétition a été présentée et signée par les représentants du secteur économique pour l’instauration du Small Business Act (américain) en version française. une loi de ce type existe déjà dans la législation européenne et a comme objectif le renforcement de la croissance et compétitivité durables des entreprises: en pratique, il s’agit d’instaurer des véritables quotas dans les appels d’offres publiques réservés aux PME.

Voilà la stratégie économique et le programme que Christian Estrosi entend mettre en place pour la Métropole Nice Côte d’Azur qui appelle à quelques commentaires.

La gestion de l’économie est autrement plus compliquée que les solutions binaires telles qu’elles ont été présentées. Il faut savoir assumer la réalité et la complexité qui va avec et éviter de faire simple, l

La politique économique doit exprimer son statut en dessinant une trajectoire de court et moyen termes avec des choix et arbitrages appropriés. Mais ce sont les forces de marché qui doivent s’exprimer, qui en sont les protagonistes , le pouvoir publique étant un régulateur en non pas le décideur.

Côté entreprise et entrepreneurs: les décideurs économiques sont des gens qui ont envie de réaliser un projet, des acteurs libres et responsables au coeur de notre société. L

a politique doit éviter qui deviennent des bourgeois revendicatifs, des élites cupides et irresponsables qui franchissent la ligne jeune de l’éthique parce qu’il doit exister une responsabilité mutuelle et une société divisée est un danger pour l’avenir.

La véritable idée de pertinence d’un territoire se mesure sur son attractivité ( et attention là aux conditions nécessaires mais pas encore suffisantes: combien d’aéroports internationaux il y a-t-il au monde? combien des lieux peuvent offrit un cadre de vie agréable? ) mais aussi et surtout avec sa capacité à ne pas se renfermer dans son cadre: les ‘mittelstand’ allemandes, que l’on cite souvent comme exemple à suivre, ont fait leur croissance sur l’existence d’une zone et d’un marché européens hier et mondiaux aujourd’hui.

L’appel aux quotas du SBA version européenne risque de confiner une entreprise à un rôle de sous-traitant alors que sa force doit être dans le contrôle de la chaîne des valeurs entre la recherche et le consommateur finale en passant par tous les stades intermédiaires du procès d’organisation.

Au contraire, ce ne serait pas plus productif d’avoir une politique d’attaque et s’organiser pour aller chercher à l’international les quotas de marché interne perdues par l’effet de la concurrence plutôt que de mettre en place des politiques de défense? Le marché commun européen est en vigueur depuis 1992, on en est encore à cette vision étriquée du concurrent qui vient de l’étranger?

Alors, M. Estrosi fait bien son job en répandant des bouffées de confiance alors que le contexte reste morose : libérer une bonne dose d’endorphine fait tout naturellement du bien.

D’autre part, en se posant en ‘condottiero’ de la Métropole il ne peut que faire comme sienne l’expression « la volonté de l’optimisme était plus forte que le pessimisme de la raison ».

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