Après les violences et les pillages du 17 octobre, la préfecture des Alpes-Maritimes renforce le dispositif de sécurité pour ce samedi 24 octobre 2026. Les manifestations revendicatives seront interdites de 8 heures à minuit dans une large partie du centre-ville de Nice. Au total, 650 policiers et gendarmes seront mobilisés dans le département, dont 450 à Nice.
Les autorités se préparent à une nouvelle journée sous surveillance à Nice. Le préfet des Alpes-Maritimes, Jean-Marie Girier, a pris un arrêté interdisant les regroupements, les cortèges et les manifestations à caractère revendicatif dans plusieurs secteurs de la ville ce samedi 24 octobre. La mesure intervient après les violences et les pillages survenus le 17 octobre dans le centre-ville, lors d’une mobilisation contre la vie chère.
Le périmètre concerné comprend notamment la gare, le Carré d’Or, la place Masséna, l’avenue Gambetta, le Vieux-Nice et le port. L’interdiction sera applicable de 8 heures à minuit. Les commerces resteront ouverts et accessibles au public.
650 policiers et gendarmes mobilisés dans les Alpes-Maritimes
Le dispositif de sécurité sera renforcé pour prévenir de nouveaux débordements. Au total, 650 policiers, gendarmes et militaires de l’opération Sentinelle seront déployés dans les Alpes-Maritimes. À Nice, les effectifs passeront de 250 à 450 policiers nationaux et gendarmes, selon les annonces des autorités.
En marge d’une réunion avec les commerçants organisée jeudi matin, le maire de Nice, Éric Ciotti (UDR), a également annoncé la présence de près de 300 policiers municipaux. Les forces de l’ordre seront positionnées dans le centre-ville et à ses abords afin d’empêcher les regroupements interdits et de protéger les commerces contre les dégradations et les pillages.
Plusieurs unités spécialisées viendront compléter les effectifs habituels. Le RAID sera mobilisé, aux côtés de renforts de compagnies républicaines de sécurité (CRS), d’enquêteurs de la police aux frontières, de colonnes cynophiles et d’une unité du peloton de surveillance et d’intervention de la gendarmerie (PSIG). D’autres communes du littoral et les abords des centres commerciaux bénéficieront également de renforts.
Éric Ciotti a critiqué la gestion des événements du week-end précédent : « l’interdiction sera accompagnée par une présence policière beaucoup plus importante que le week-end dernier où, je le dis très clairement, le gouvernement a failli dans le maintien de l’ordre et dans l’anticipation de l’événement. »
Des contrôles et des sanctions prévus en cas d’infraction
Les forces de l’ordre procéderont à des contrôles pour faire respecter l’arrêté préfectoral. La détention, le port, l’usage et le transport d’armes seront notamment surveillés, tout comme les mortiers d’artifice, les articles pyrotechniques, le carburant transporté dans de petits contenants et les produits inflammables ou corrosifs.
Les équipements de protection susceptibles d’être utilisés lors de troubles à l’ordre public seront également concernés. Les lunettes de ski, les masques à gaz et les casques figurent parmi les objets visés par les restrictions.
La participation à une manifestation interdite est passible d’une amende forfaitaire pouvant atteindre 135 euros, conformément à l’article R644-4 du Code pénal. L’organisation d’une manifestation interdite ou non déclarée constitue, quant à elle, un délit puni de six mois d’emprisonnement et de 7 500 euros d’amende, selon l’article 431-9 du Code pénal.
Sur le plan national, Emmanuel Macron a indiqué jeudi 22 octobre que seules les manifestations organisées à la demande des syndicats seraient autorisées samedi, avec des itinéraires alternatifs pour préserver les centres-villes et les commerces. La CGT Spectacle a pris acte de l’interdiction à Nice et prépare déjà la mobilisation du 5 novembre.
Un couvre-feu pour les mineurs jusqu’au lundi 26 octobre
En complément de l’arrêté préfectoral, Éric Ciotti a instauré, en concertation avec le préfet des Alpes-Maritimes, un couvre-feu pour les mineurs dans plusieurs secteurs de Nice. La mesure s’appliquera ce samedi 24 octobre à partir de 21 heures et jusqu’à 6 heures le lendemain, dans les secteurs Centre-Ville, Vieux-Nice et Trachel-Gare du Sud.
Le dispositif restera en vigueur jusqu’au lundi 26 octobre à 6 heures. Les autorités entendent ainsi limiter les risques de nouveaux incidents durant le week-end, après les dégradations et les pillages du 17 octobre.
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