Violence urbaine : Éric Ciotti déploie un plan de crise pour protéger les commerces niçois

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À deux jours du week-end, la municipalité de Nice et les services de l’État renforcent drastiquement leur dispositif de sécurité après les violents débordements du week-end dernier. Entre interdiction de manifester, mobilisation policière record et aides d’urgence aux commerçants, retour sur les annonces clés faites à l’issue d’une réunion de crise.

Face au traumatisme laissé par les violences et les pillages du week-end dernier, l’urgence est à la protection de la ville et de son tissu économique. Lors d’une réunion tenue ce jeudi en présence de Jean-Pierre Savarino, Président de la Chambre de Commerce et d’Industrie, de Marcel Vidal, Président de la Fédération des Associations de Commerçants, et des représentants des commerçants niçois ainsi que des services de l’État, Éric Ciotti a présenté un plan d’action d’urgence pour le week-end à venir.

Le bilan du week-end écoulé est lourd pour la capitale azuréenne. Vingt-deux commerces ont été dégradés, saccagés ou entièrement pillés. « C’est une violence quasi inédite par son ampleur, par sa sauvagerie », a dénoncé le Maire de Nice, assimilant ces actions à de « véritables braquages » perpétrés par des groupes organisés et parfois armés.

Revenant sur les failles de la semaine passée, l’élu a vivement critiqué la gestion du maintien de l’ordre par le ministère de l’Intérieur, pointant du doigt un « sous-dimensionnement » initial des forces nationales et le départ précipité vers Marseille d’une compagnie de CRS en plein rassemblement. Éric Ciotti a néanmoins salué le courage des policiers nationaux et de la police municipale, qui ont fait face à un déchaînement de violence ayant mené à plus de 100 gardes à vue sur l’ensemble du week-end.

Dispositif exceptionnel pour samedi

Pour éviter que ces scènes de chaos ne se reproduisent, un ensemble de mesures administratives et sécuritaires d’envergure entre immédiatement en vigueur.

En accord avec la préfecture des Alpes-Maritimes, toute manifestation est strictement interdite ce samedi afin d’offrir un cadre juridique clair permettant d’empêcher préventivement tout rassemblement violent. Sur le terrain, un dispositif exceptionnel est déployé, l’État mobilise au moins 400 policiers nationaux, gendarmes et militaires de la force Sentinelle, qui seront épaulés par près de 280 policiers municipaux chargés de sécuriser les artères commerçantes.

Enfin, face au nombre important de mineurs interpellés la semaine dernière, le couvre-feu pour les mineurs non accompagnés dès 21 heures est reconduit. À ce sujet, Éric Ciotti en appelle directement à la responsabilité des familles, rappelant la volonté des autorités de poursuivre financièrement les parents de casseurs et d’engager des procédures d’expulsion de leur logement social.

Plan d’aide économique pour les commerçants

Au-delà du volet sécuritaire, la priorité absolue est d’épauler les commerçants sinistrés et de relancer au plus vite l’économie locale. Pour répondre à l’urgence, les collectivités s’associent à la CCI pour mettre en place un fonds exceptionnel destiné à compenser au cas par cas les pertes de chiffre d’affaires subies par les établissements impactés ou contraints de fermer. Parallèlement, la Métropole finance 50 % des dépenses de sécurisation physique (renforcement des vitrines, dispositifs anti-intrusion) ou de gardiennage privé engagées par les professionnels, dans la limite de 5 000 € par commerce. Sur le plan administratif, la Direction départementale des finances publiques propose des reports sur mesure pour les échéances fiscales, sociales et la taxe foncière. Enfin, les entrepreneurs bénéficient d’un accompagnement complet grâce à la création d’un guichet unique pour simplifier leurs démarches, ainsi que d’une cellule de soutien psychologique dédiée.

Si l’inquiétude demeure vive chez les commerçants, les autorités entendent envoyer un signal d’intransigeance totale. « La sanction sera le meilleur moyen de dissuasion », a conclu Éric Ciotti, affirmant sa volonté de voir appliquer la plus grande fermeté pénale à l’encontre des casseurs.

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