Fabio Quartararo et Johann Zarco ont connu un week-end contrasté au Grand Prix du Japon à Motegi. Les deux pilotes azuréens avaient assuré leur place en Q2 dès vendredi avant de s’élancer depuis la quatrième ligne samedi. Après un sprint encourageant pour le Cannois comme pour le Niçois, la course principale a davantage souri au pilote Yamaha, qui termine 12e malgré un problème de consommation. Johann Zarco a, lui, abandonné après une nouvelle chute.
Le week-end japonais avait plutôt bien commencé pour les deux pilotes français. Lors de la première journée à Motegi, Johann Zarco, engagé avec Honda LCR, et Fabio Quartararo, pilote Yamaha MotoGP, avaient assuré l’essentiel en décrochant leur place en Q2.
La qualification disputée samedi matin avait ensuite placé les deux Azuréens en quatrième ligne. La Honda du Cannois s’était classé neuvième, tandis que la Yamaha du Niçois devait s’élancer depuis la 11e position. Une situation qui laissait aux deux pilotes une possibilité de progresser dès le départ du sprint.
Johann Zarco et Fabio Quartararo dans le top 10 du sprint
Johann Zarco a finalement terminé septième du sprint. Le pilote LCR Honda s’est retrouvé dans un groupe comprenant notamment son coéquipier Diogo Moreira, Ai Ogura et Enea Bastianini, avant de progressivement perdre le contact avec les pilotes qui le précédaient.
Une bataille avec Raúl Fernández a ensuite occupé Johann Zarco jusqu’à la ligne d’arrivée. Le Français a réussi à conserver l’avantage au terme d’un duel qui l’a contraint à rester concentré jusqu’au dernier tour. « C’était bien, je suis content d’avoir remporté cette bataille », a déclaré Zarco à Canal+.
Le pilote Honda LCR avait notamment profité du premier tour pour gagner plusieurs positions. Après un départ correct depuis la dixième position, une fois la grille de départ passée, Johann Zarco avait évité l’accrochage survenu dans le virage 3. « Content aussi de mon départ : j’étais plutôt bien parti, assez à l’extérieur en étant dixième, mais c’était correct. Après, j’ai déjà glissé dans le virage 1 et, heureusement, il y a eu le carambolage dans le virage 3. Je n’étais pas dedans, donc j’ai pu gagner trois places. »
La suite de la course avait cependant mis en évidence les difficultés de Johann Zarco à suivre le rythme des pilotes placés devant. Le Français estimait notamment avoir perdu du temps sur quelques tours rapides. « J’étais autour de 1’44 et je n’ai pas réussi à faire les chronos en 1’43″5. Ces quatre tours en 1’43″5 auraient fait une grosse différence, mais je ne les avais pas. Donc il a fallu se battre avec Raúl et tenir jusqu’au bout, parce qu’il avait pris un peu de distance avant de me rattraper à la fin. Il a donc fallu pousser jusqu’au bout. Je suis content de la septième place. »
Fabio Quartararo a, de son côté, terminé neuvième du sprint. Parti 12e, le pilote Yamaha a directement bénéficié de l’accrochage du premier tour pour intégrer le top 10. Le Niçois a ensuite suivi la bataille entre Johann Zarco et Fernández sans parvenir à s’y mêler. Il a toutefois tiré un enseignement positif de la gestion de ses pneumatiques. Alors que plusieurs pilotes ont connu une forte dégradation, la Yamaha a mieux préservé ses gommes. « Pour une fois que pour nous ça fonctionne assez bien », a lancé Fabio Quartararo. « Sincèrement, les chronos étaient bons. J’ai fait tous les tours à la fin. J’ai amélioré mes chronos. »
Une situation inhabituelle pour le pilote Azuréen, régulièrement confronté à la dégradation des pneus. Cette donnée pouvait cependant être remise en question pour le Grand Prix en raison des difficultés rencontrées avec les gommes à Motegi.
Le pneu tendre interdit avant le Grand Prix
Le choix des pneumatiques a rapidement pris une place importante dans la préparation de la course principale. Après les problèmes rencontrés par plusieurs pilotes pendant le sprint, Michelin a interdit l’utilisation du pneu tendre pour le Grand Prix.
Le pneu dur spécialement développé pour l’épreuve japonaise a également été davantage mis à l’épreuve. Peu utilisé par les équipes jusque-là, ce composé a été imposé pendant le warm-up. Les premiers retours ont alors laissé apparaître un comportement particulièrement performant. Le pilote Yamaha a regretté que cette solution n’ait pas été testée plus tôt. Selon lui, cette gomme aurait même pu permettre d’améliorer les performances en qualifications. « Honnêtement, je pense que même en Qualifications, au moins pour nous chez Yamaha, nous aurions pu faire une meilleure tentative avec ce pneu qu’avec le tendre », estime-t-il.
Le Français a notamment constaté une meilleure stabilité de sa Yamaha dans plusieurs phases d’accélération. « Dans les accélérations, comme aux virages 2, 4, 5 et dans le dernier virage, la moto bougeait un peu moins et acceptait davantage la puissance. Nous aurions dû l’essayer plus tôt. »
Pour Fabio Quartararo, le constat vaut aussi pour l’ensemble du plateau. « Au final, personne ne l’a essayé. Je pense donc que tout le monde a des regrets et que chacun aurait pu faire un peu mieux […] tout le monde aurait été plus rapide. »
Les pilotes ont finalement opté pour la même combinaison de pneumatiques en course, avec un pneu médium et un pneu dur. Avant le départ, Johann Zarco a par ailleurs été sanctionné pour avoir redémarré sa Honda après sa chute lors du warm-up. Une pénalité qui a compliqué davantage les perspectives du Français pour le Grand Prix.
Fabio Quartararo sauve quatre points, Johann Zarco abandonne en fin de course
La course principale a rapidement pris une autre tournure pour les deux pilotes azuréens. Fabio Quartararo a perdu plusieurs positions dans les premiers tours. Au deuxième tour, le pilote Yamaha pointait à la 14e place avant de reculer encore d’un rang. La course semblait alors s’éloigner pour « El Diablo », finalement contraint de gérer un problème de consommation apparu au fil de l’épreuve. « À partir du septième ou du huitième tour, j’ai eu des problèmes de consommation », a expliqué le Français après l’arrivée. « J’ai donc dû gérer jusqu’à l’arrivée. Ce n’était pas amusant, mais je pense que le rythme était bon. Je suis content de mon pilotage. »
Cette contrainte a fortement limité les possibilités du pilote Yamaha. Dans les lignes droites comme dans certains virages, Fabio Quartararo devait réduire l’ouverture des gaz afin de pouvoir rallier l’arrivée. « Dans les virages 2 ou 3, j’étais aussi à 70%. J’ai commis quelques petites erreurs, parce que les repères de freinage sont établis lorsque tu arrives plein gaz avant de freiner. Quand tu n’es qu’à 70%, tu sais que tu peux freiner plus tard, mais tu ne sais pas exactement dans quelle mesure. »
Malgré cette difficulté, le Niçois a réussi à conserver une place dans les points. Le pilote Yamaha termine finalement 12e et repart de Motegi avec quatre unités. « Je me suis amusé sur certaines portions du circuit, mais, globalement, ce n’était pas très plaisant », a-t-il résumé.
Pour Johann Zarco, le scénario a été nettement plus compliqué. Après avoir été pénalisé, le Français a effectué deux longs tours de pénalité au cours de la course. Après un passage à la 12e puis à la 11e place, Johann Zarco a progressivement reculé. Au 10e tour, le pilote LCR Honda occupait la 15e position, notamment après une erreur de Franco Morbidelli. La situation ne s’est toutefois pas améliorée dans la suite de l’épreuve.
Au 21e tour, Johann Zarco a chuté pour la quatrième et dernière fois du week-end. Cette nouvelle sortie de piste a définitivement mis fin à sa course à Motegi.
Le paddock MotoGP se dirige désormais vers l’Indonésie et le circuit de Mandalika le week-end prochain. Fabio Quartararo y garde le souvenir d’un week-end contrasté la saison dernière, avec un choix de pneu tendre qui lui avait notamment permis d’afficher un rythme de course intéressant.
« L’an dernier, nous étions les seuls à rouler avec le tendre, parce que le médium était presque impossible à faire chauffer sur le côté droit pour nous, rappelle le pilote Yamaha. En revanche, nous étions plutôt performants, surtout en rythme de course, mais nous allons essayer de faire mieux. »
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