Cinéma : « Fausse note », un récit prenant toute sa dimension sur grand écran

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L’avant-première de Fausse note a eu lieu au cinéma Variétés de Nice en présence du réalisateur du film Alexandre Arcady. En salles à partir de ce mercredi 7 octobre 2026, ce thriller psychologique plonge les spectateurs dans une expérience cinématographique, portée par un récit profondément humain.

Fausse note retrace la rencontre tourmentée entre un prestigieux chef d’orchestre et un admirateur insistant. Si cette confrontation prend des allures comiques, un passé commun insoupçonné est sur le point d’être découvert. Dans le huis clos étouffant d’un opéra parisien, des vérités aussi sombres que tragiques éclateront. Alexandre Arcady revient avec un thriller d’envergure, dans lequel le devoir de  mémoire et la justice se heurtent aux mensonges.

Connu notamment pour les succès de Ce que le jour doit à la nuit (2012) et Le Petit Blond de la Casbah (2023), le réalisateur a exploré divers genres cinématographiques, allant du drame historique au thriller haletant. L’exil, le déracinement et le devoir de transmission sont souvent au cœur de ses longs-métrages. 

Une histoire d’amitié autour d’un sujet fort

Le cinéma Variétés de Nice a accueilli l’avant-première de Fausse note, en présence d’Alexandre Arcady, le 30 septembre. Présent pour la projection, l’humoriste Michel Boujenah est intervenu pour présenter son vieil ami et revenir sur ce qui les rapproche depuis leurs débuts : Le Coup de Sirocco (1979) sorti au cinéma pratiquement en même temps que son premier spectacle Albert en 1980. Ces créations sont unies par la même thématique, l’exode des Juifs d’Afrique du Nord vers la France, ainsi que les défis liés à leur intégration. « Il y a eu cette volonté de parler de ce sujet alors que cela n’existait pas, ni au cinéma ni sur scène ou très peu », a ajouté l’humoriste. 

Toujours avec une touche d’humour, Michel Boujenah a confié qu’avec les années, « nous ne nous sommes jamais quittés et c’est très émouvant pour moi de savoir que nous ne sommes jamais loin de l’autre. »

Soutenu par la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, Fausse note sera sur les écrans demain le mercredi 7 octobre 2026. Le film aborde une thématique relevant de l’évidence pour Alexandre Arcady : « ce film est né de l’envie de partager une histoire forte et tragique. » La date de sortie a suscité des doutes chez le réalisateur puisqu’elle correspond à l’attaque du Hamas contre Israël en 2023 (dont les commémorations auront lieu à 18 heures ce mercredi à la colline du château de Nice, N.D.L.R.) : « Pour nous tous, c’est une date si terrible que j’ai hésité et puis je me suis dit que c’était le destin. »

Une adaptation cinématographique à la hauteur du récit 

Initialement, Fausse note était une pièce de théâtre écrite et mise en scène par Didier Caron et Christophe Luthringer, en 2017 au Théâtre Michel à Paris. 

À la suite du tournage vertigineux du Petit Blond de la Casbah, Alexandre Arcady a confié avoir été déstabilisé et troublé par la situation du pays : « Ce scénario est arrivé sans crier gare, une enveloppe en papier kraft sur mon bureau. » Dans cette lettre, Didier Caron lui a suggéré un texte « magnifique » selon ses dires : « Je me suis plongé dans ses mots et j’ai été épaté par ce qu’il venait de me proposer. »

Dans cette adaptation, le cinéaste a choisi de déplacer l’action à l’Opéra-Comique à Paris, afin de jouer avec les décors prestigieux de ce théâtre national. Ce lieu a participé au climat inquiétant du récit. Dans Fausse note, le réalisateur est parvenu à conserver l’atmosphère sombre et l’intensité émotionnelle de la pièce de théâtre. En écrivant le scénario, Alexandre Arcady a insufflé un rythme dynamique dans l’écriture et les échanges. Certains spectateurs ont ressenti que « cette mise en scène restait assez théâtrale. » 

À la sortie du cinéma, la plupart se sont montrés émerveillés par le jeu d’acteur de Kad Merad et Benoît Poelvoorde. Un pari réussi mais qui s’avérait risqué pour le réalisateur. Ce dernier a insisté sur son souhait de proposer un duo d’acteurs à la hauteur du récit porté. Ces deux figures phares de la comédie francophone ont déjà partagé l’affiche d’un film mais n’ont jamais eu de scène ensemble. Alexandre Arcady a misé sur leur côté sombre, très peu exploité leur filmographie. L’alchimie entre ces deux acteurs devient alors évidente. « Ils voulaient jouer l’un avec l’autre », a-t-il confié.

Alexandre Arcady : « il faut venir dans cette salle pour voir ce que le film raconte« 

Dans cette salle sombre, les spectateurs ont été pris par surprise. Le long-métrage commence avec des scènes aux allures comiques, encouragées par l’humour naturel de Kad Merad. La rencontre entre cet admirateur et ce prestigieux chef d’orchestre offre des scènes incongrues et cocasses, suscitant des rires dans le public. « Ça démarre de façon humoristique et à aucun moment on se dit que ça va changer », a confié Thomas, un fervent cinéphile. Progressivement, une ambiance pesante s’installe dans la salle et les spectateurs se retrouvent confus, au même titre que le chef d’orchestre se retrouvant dos au mur. 

« Je ne voulais pas enfermer ce film dans une catégorie qui empêcherait certains de franchir les portes du cinéma », a confié Alexandre Arcady. Durant la projection, les émotions s’enchaînent, du rire aux larmes. Un niçois venu assister à l’avant-première a confié avoir trouvé « l’entrée dans le sujet un peu lente. »

Le réalisateur a volontairement souhaité préserver le récit des révélations. Lorsque les spectateurs entrent dans cette salle, ils connaissent la scène d’ouverture mais ils n’ont aucune idée de la trajectoire que Fausse note va prendre. Alexandre Arcady a insisté sur l’importance du générique : « au fond, il fait partie du film et c’est peut-être le générique qui m’a encore plus poussé à faire ce film, et vous comprendrez tout à l’heure pourquoi. »

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