Crash de la caravelle Ajaccio-Nice : la justice veut repêcher les réacteurs au large d’Antibes

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À quelques jours des 58 ans du crash de la caravelle Ajaccio-Nice, le parquet de Nice annonce une opération de relevage des principales pièces de l’épave, dont les réacteurs. Une étape attendue par les familles des 95 victimes.

Le dossier du crash de la caravelle Ajaccio-Nice connaît une nouvelle évolution. À quelques jours du 58e anniversaire des commémorations de la catastrophe, le parquet de Nice a annoncé lundi 7 septembre qu’une opération de relevage des principales pièces de l’appareil était envisagée.

Les réacteurs figurent parmi les éléments qui pourraient être remontés. L’épave repose au large du cap d’Antibes, à près de 2 000 mètres de profondeur. Une opération sous-marine dont les modalités et le calendrier restent encore à définir.

Le crash s’est produit le 11 septembre 1968. La Caravelle AF 1611 effectuait la liaison entre Ajaccio et Nice. Les 89 passagers et les six membres d’équipage ont perdu la vie dans la catastrophe.

Pour les familles, cette annonce intervient après plusieurs décennies de recherches et de démarches judiciaires. « Cela fait 58 ans que nous attendons, et cela bouge seulement maintenant alors que cela fait des années que nous réclamons cette remontée », a réagi Mathieu Paoli, président de l’association des familles des victimes du crash.

Des investigations relancées depuis 2025

Les recherches sous-marines menées fin 2025 ont permis d’identifier plusieurs parties de l’épave. La queue de l’appareil, les réacteurs et différentes pièces de la carlingue ont notamment été localisés. Ces découvertes ont conduit à de nouvelles expertises. Selon le parquet de Nice, ces travaux ont conclu à « la pertinence d’une opération de relevage des principales pièces identifiées dont les réacteurs. »

L’expertise s’est notamment appuyée sur une caravelle conservée par un aéroclub. L’appareil, parfaitement conservé, est identique à celui concerné par les investigations.

Le parquet indique également avoir sollicité plusieurs entités susceptibles de réaliser le relevage. Les premiers retours d’une entité publique spécialisée ont confirmé la faisabilité de l’intervention. La durée de l’opération est actuellement évaluée à six jours.

Aucune date n’a encore été arrêtée. Les échanges doivent permettre de préciser les conditions techniques et le calendrier. L’objectif affiché par le parquet consiste à intervenir « dès que les conditions seront réunies. » Cette nouvelle étape intervient dans le cadre de l’information judiciaire ouverte pour « soustraction de document ou objet concernant un crime ou délit pour faire obstacle à la manifestation de la vérité. »

Les causes du crash restent aujourd’hui au cœur des investigations. Une première instruction pour homicide involontaire s’était achevée en 1973 par un non-lieu. La thèse d’un incendie dans la cabine-toilette avait alors été retenue. Cette conclusion a été contestée par les familles. Une autre hypothèse est depuis longtemps avancée, celle d’un tir de missile accidentel provenant de la zone militaire du Levant, près de Hyères. La justice avait demandé en 2018 la levée du secret-défense afin d’examiner cette piste. Des documents avaient ensuite été transmis par le ministère des Armées en juillet 2019. Les familles les avaient jugés insuffisants.

Le relevage des réacteurs pourrait donc apporter de nouveaux éléments matériels à une enquête qui cherche toujours à déterminer ce qui s’est produit le 11 septembre 1968 au large d’Antibes.

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