Après le refus exprimé lundi par Édouard Geffray, Éric Ciotti maintient son projet de levée des couleurs dans les écoles niçoises et conteste la position du ministre.
Le bras de fer se poursuit autour de la levée des couleurs dans les écoles de Nice. Quelques heures après la prise de position du ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, Éric Ciotti a réagi hier, lundi 31 août. Le maire de Nice conteste l’analyse du gouvernement et défend la possibilité d’un accord entre la ville et l’Éducation nationale. « J’ai pris connaissance des déclarations ahurissantes du ministre de l’Éducation nationale concernant ma proposition d’organiser régulièrement une levée des couleurs accompagnée de La Marseillaise dans les écoles niçoises. »
Édouard Geffray avait estimé dans la journée que la municipalité Niçoise ne pouvait pas décider seule d’une telle cérémonie. « Il n’appartient pas au maire, en l’occurrence, de décider une quelconque levée des couleurs qui se ferait en présence de tous les élèves, ni une fois par semaine, ni une fois par mois, ni une fois par jour. »
Le ministre avait également considéré qu’une telle initiative ne pourrait pas « trouver un début de réalisation » sans intervention du ministère de l’Éducation nationale.
Éric Ciotti maintient sa proposition
Pour Éric Ciotti, le projet peut pourtant être construit dans le cadre d’une convention entre la ville de Nice et l’Éducation nationale. Le maire rappelle avoir saisi le recteur d’académie quelques jours auparavant (samedi, N.D.L.R.) afin de travailler sur les modalités du dispositif. « Contrairement à ce qu’affirme le ministre, une telle initiative peut parfaitement être mise en œuvre dans le cadre d’une convention passée entre la Ville de Nice et l’Éducation nationale. C’est précisément dans cet esprit que j’ai officiellement saisi le recteur d’académie il y a quelques jours afin d’en définir collégialement les modalités. »
La rencontre annoncée avec le recteur est prévue le 7 septembre. La concertation doit notamment porter sur l’organisation de la levée des couleurs et sur son articulation avec les équipes éducatives.
La municipalité maintient par ailleurs le déploiement des mâts tricolores dans les écoles élémentaires de Nice. Au total, 89 établissements doivent être équipés en mâts et drapeaux tricolores au retour des vacances de la Toussaint.
Éric Ciotti dénonce donc un refus intervenant avant même la concertation envisagée avec le rectorat. « Je regrette profondément ce refus d’organiser une démarche civique simple destinée à transmettre à nos enfants l’attachement à la France et aux valeurs de la République. Comment un ministre peut considérer que le drapeau de notre pays ne fait pas partie de l’éducation nationale ? »
Éric Ciotti : « Pour les macronistes-socialistes, le drapeau tricolore est un danger et une menace ! »
Le maire de Nice rattache cette proposition à la transmission des symboles républicains auprès des élèves. Une position déjà défendue lors de l’annonce du dispositif de rentrée : « Alors que les valeurs de la République sont chaque jour davantage défiées et malmenées, recréer un lien entre nos enfants, notre hymne, notre drapeau et notre patrie paraît plus que jamais nécessaire. Ces symboles appartiennent à tous les Français et doivent constituer des repères communs transmis aux jeunes générations. »
La réponse se termine par une attaque politique contre le gouvernement. Éric Ciotti accuse notamment l’exécutif de se détourner d’une mesure présentée comme relevant, selon la mairie, de la transmission des valeurs républicaines : « Je déplore que le Gouvernement macroniste, dans une énième dérive gauchisante, se dérobe une nouvelle fois face à une mesure de bon sens largement partagée par les Français, qui ne poursuit qu’un objectif : transmettre à nos enfants l’amour de la France et les valeurs de la République. »
Le maire conclut : « Visiblement, pour les macronistes-socialistes, le drapeau tricolore est un danger et une menace ! »
Dans l’opposition niçoise, David Nakache estime de son côté qu’Éric Ciotti a été « rappelé à l’ordre » par le ministre de l’Éducation nationale. L’élu critique le maintien du déploiement des mâts tricolores et dénonce une dépense qu’il juge inutile : « Le maire s’occupe des conditions matérielles d’enseignement en école primaire, le ministère décide du contenu pédagogique. »
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