En plein mois d’août, quitter Nice peut sembler paradoxal. La Méditerranée est à quelques pas, les soirées s’étirent en terrasse et la Côte d’Azur vit au rythme de la haute saison.
Mais partir quelques jours ne signifie pas forcément chercher mieux ailleurs. Il suffit parfois de changer de décor, de quitter les itinéraires les plus fréquentés et de profiter de la position exceptionnelle de Nice, entre Italie, Provence, Alpes et Méditerranée.
L’aéroport Nice Côte d’Azur propose cet été un réseau particulièrement vaste, tandis que la frontière italienne et les reliefs provençaux sont accessibles directement par la route. De quoi improviser un week-end ou quelques jours d’évasion sans nécessairement traverser l’Europe.
Voici quatre pistes pour prendre l’air en août, en privilégiant autant que possible les territoires où il reste encore possible de s’éloigner des grands flux touristiques.
1. La Ligurie : regarder au-delà des Cinque Terre
Depuis Nice, l’Italie est presque une destination de proximité.
La côte ligure attire évidemment beaucoup de monde en été, et les Cinque Terre comptent parmi les sites les plus fréquentés. Pour qui recherche vraiment un peu de calme en août, mieux vaut donc regarder beaucoup plus près de la frontière.
Dolceacqua constitue une première escapade idéale. À quelques kilomètres de Vintimille, le village s’organise autour de son pont ancien et du château des Doria. Claude Monet y séjourna et peignit notamment le pont en 1884, un épisode toujours mis en avant dans le patrimoine local.
Quelques kilomètres plus loin, Apricale offre une autre ambiance. Accroché à la montagne, ce village médiéval fait partie des Borghi più belli d’Italia et conserve un réseau de ruelles, passages couverts et maisons de pierre qui contraste fortement avec l’agitation du littoral.
Pour prolonger la route, Perinaldo permet de monter encore un peu plus dans l’arrière-pays. Ces villages de la vallée de la Nervia offrent finalement ce que l’on vient parfois chercher beaucoup plus loin : une Italie méditerranéenne, proche de Nice mais déjà dépaysante.
À table, impossible d’échapper au Rossese di Dolceacqua, aux spécialités ligures et, bien sûr, au pesto. Ici, le voyage commence parfois à moins d’une heure de la frontière.
2. Verdon et Haute-Provence : prendre de la hauteur
Autre possibilité : quitter la côte et remonter vers l’intérieur.
Les Alpes-de-Haute-Provence offrent des paysages radicalement différents de ceux du littoral azuréen. Autour du Verdon, l’eau turquoise, les falaises et les plateaux composent l’un des grands décors naturels du sud-est de la France.
Moustiers-Sainte-Marie reste une étape incontournable, avec son village accroché au relief et sa proximité avec le lac de Sainte-Croix et les gorges du Verdon.
Mais en août, le Verdon n’est pas un secret. Les routes, parkings, plages et activités nautiques peuvent être très fréquentés. Si l’objectif est de retrouver du calme, mieux vaut partir tôt, éviter les horaires les plus chargés et ne pas hésiter à s’éloigner des points de vue les plus connus.
Aller un peu plus loin jusqu’à Forcalquier
Pour une escapade plus lente, la Haute-Provence autour de Forcalquier constitue une alternative intéressante.
Le paysage change : villages en pierre, champs agricoles, collines sèches, marchés et petites routes remplacent progressivement les grands sites spectaculaires.
Forcalquier peut servir de base pour découvrir les villages alentour, le prieuré de Salagon ou encore l’abbaye de Ganagobie. L’intérêt est moins de cocher des lieux incontournables que de prendre le temps de circuler dans une Provence plus intérieure.
En août, la chaleur reste évidemment à prendre en compte. Les visites matinales et les fins de journée sont souvent les moments les plus agréables pour profiter des villages et des sentiers.
3. La Corse : proche en avion, mais pas forcément déserte
Depuis Nice, la Corse est l’une des escapades les plus faciles à envisager sans voiture.
Le programme aérien 2026 relie Nice à Ajaccio, Bastia, Calvi et Figari, avec plusieurs vols quotidiens sur certaines liaisons pendant l’été.
En revanche, il faut être clair : août reste la haute saison en Corse. Ceux qui cherchent des plages désertes autour de Porto-Vecchio ou Bonifacio risquent d’être déçus.
Pour changer de rythme, le nord de l’île peut offrir une approche différente.
Le cap Corse plutôt que la course aux plages
Depuis Bastia, la route du cap Corse permet d’enchaîner petits ports, villages, reliefs et panoramas maritimes. L’ambiance y est différente des grandes stations balnéaires du sud.
Cela ne signifie pas que le Cap soit vide en août, mais il permet davantage de construire un séjour itinérant, en alternant routes panoramiques, baignades et villages plutôt que de concentrer toute la journée sur une seule plage célèbre.
La seconde quinzaine d’août peut parfois sembler un peu moins tendue que la période autour du 15 août, mais pour retrouver un véritable calme estival en Corse, septembre reste généralement un meilleur pari.
L’avantage depuis Nice reste néanmoins considérable : en moins d’une heure de vol, on change complètement de paysage.
4. Le Piémont et les Langhe : remplacer la plage par les vignes
Pour ceux qui souhaitent vraiment changer d’univers, direction le Piémont.
Les Langhe offrent l’un des paysages viticoles les plus remarquables d’Italie : collines couvertes de vignes, villages perchés, châteaux et domaines producteurs de Barolo et Barbaresco.
Le territoire vit au rythme du nebbiolo, mais aussi des noisettes, de la cuisine piémontaise et d’une culture gastronomique profondément attachée au terroir.
Alba, La Morra, Barolo ou Serralunga d’Alba permettent de construire facilement un itinéraire de quelques jours entre caves, villages et restaurants.
En plein été, mieux vaut néanmoins éviter de présenter la truffe blanche comme une attraction du mois d’août : sa grande saison arrive à l’automne, lorsque Alba devient l’un des centres mondiaux de la truffe blanche.
Août permet justement de découvrir les Langhe sous un autre angle : vignes vertes, longues soirées, dégustations et villages généralement moins associés au tourisme balnéaire que la Ligurie voisine.
Pour les amateurs de vin, certaines propriétés accueillent les visiteurs sur réservation. Mieux vaut toutefois vérifier les horaires : en Italie, le mois d’août reste aussi celui des congés et certaines petites structures peuvent fermer quelques jours.
Voyager en août sans transformer l’escapade en parcours du combattant
En haute saison, le choix de la destination compte moins que la manière de voyager.
Partir tôt le matin change radicalement l’expérience sur les routes et dans les sites naturels. Une baignade au Verdon à 9 heures et la même baignade à 15 heures ne racontent pas exactement la même journée.
Il est également préférable de réserver les hébergements et les activités les plus recherchées plutôt que de compter systématiquement sur l’improvisation. En août, la spontanéité fonctionne beaucoup mieux pour choisir une trattoria ou bifurquer vers un village que pour trouver une chambre à Bonifacio au dernier moment.
Et surtout, mieux vaut accepter de renoncer aux listes de lieux « incontournables ».
À quelques kilomètres d’un site saturé se trouve souvent un village, un sentier ou une petite route où l’on retrouve exactement ce que l’on était venu chercher.
Partir de Nice pour mieux retrouver la Méditerranée
L’un des grands avantages de vivre ou de séjourner à Nice est finalement sa géographie.
Vers l’est, la Ligurie. Au nord, les Alpes. À l’ouest, la Provence. Un peu plus loin, les vignobles piémontais. Et depuis l’aéroport, la Corse est presque voisine.
Il n’est donc pas nécessaire de parcourir des milliers de kilomètres pour avoir l’impression de partir.
Dolceacqua pour une journée, le Verdon pour un week-end, les Langhe pour quelques nuits ou le cap Corse pour une vraie coupure : chaque destination propose une autre manière de vivre l’été méditerranéen.
Et lorsqu’il s’agit d’échapper à la foule au mois d’août, le meilleur secret reste peut-être le plus simple : ne pas chercher l’endroit où personne ne va, mais celui où tout le monde ne va pas au même moment.
NicePremium est un média local indépendant et gratuit.
Pour nous aider à continuer, vous pouvez soutenir notre travail à partir de 5 € par mois.
