L’avenir des dauphins de Marineland suspendu au projet contesté de Beauval

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Destiné à accueillir les dauphins du Marineland d’Antibes et de Planète Sauvage, le projet de delphinarium du ZooParc de Beauval se retrouve au cœur d’une controverse. Contesté par plusieurs associations de protection animale, le dossier se heurte aussi à la question de son financement. Une décision est annoncée avant la rentrée.

L’avenir des dauphins du Marineland d’Antibes reste incertain. Alors que huit cétacés ont quitté les Alpes-Maritimes pour rejoindre l’Espagne il y a quelques jours, le projet de création d’un delphinarium au ZooParc de Beauval, dans le Loir-et-Cher, connaît un nouveau coup de frein.

Pensé pour accueillir à terme les 23 dauphins issus du Marineland d’Antibes et de Planète Sauvage, ce futur espace représente un investissement estimé à 45 millions d’euros. Une somme que le directeur du parc, Rodolphe Delord, juge difficile à assumer sans un engagement plus marqué de l’État.

Dans un entretien accordé au Parisien, Rodolphe Delord rappelle que « Ce projet est né à la demande du gouvernement français. » Toutes les autorisations administratives auraient déjà été obtenues. Reste désormais la question du financement.

Le directeur de Beauval indique devoir faire un choix dans les prochaines semaines. « Je dois mettre d’autres projets de Beauval en stand-by en attendant, et je ne vais pas pouvoir le faire beaucoup plus longtemps. Je suis encore dans l’attente, je dois prendre mes décisions dans les prochaines semaines », explique Rodolphe Delord, avec l’objectif de trancher « avant la rentrée. »

Même sans garantie financière, Rodolphe Delord assure comprendre le contexte actuel. « Je comprends que le gouvernement ait d’autres priorités qu’aujourd’hui. Il y a quand même beaucoup de sujets en France et dans le monde, et il n’y a pas que sauver ces 23 dauphins », tout en espérant « éventuellement une participation financière, ou au moins plus de soutien de l’État. »

Les associations continuent de dénoncer le projet

Au moment où le directeur de Beauval réclame un soutien public, plusieurs associations de protection animale maintiennent leur opposition au futur delphinarium. Une manifestation était organisée ce samedi 1er août devant le zoo de Saint-Aignan afin de dénoncer un projet considéré comme incompatible avec le bien-être des cétacés.

Cette mobilisation intervient quelques jours après le transfert de huit des douze dauphins du Marineland d’Antibes vers le delphinarium Selwo Marina, près de Malaga. L’opération, menée dans la nuit du 22 au 23 juillet sous la supervision des services de l’État, constitue une solution transitoire en attendant une décision définitive sur l’avenir des animaux.

Les quatre derniers dauphins encore présents à Antibes doivent prochainement rejoindre l’Oceanogràfic de Valence. À terme, l’objectif envisagé reste de réunir l’ensemble des cétacés au sein du futur centre de Beauval, dont l’ouverture était envisagée courant 2027.

Depuis leur arrivée en Espagne, plusieurs organisations, dont Sea Shepherd et Tilikum Spirit, suivent de près l’état de santé des animaux. Les deux ONG ont diffusé des images faisant état, selon leurs observations, de difficultés d’adaptation pour certains dauphins.

Christine Ringuet, présidente de Tilikum Spirit, affirme notamment que « tout le monde va bien sauf Dam », évoquant un animal qui resterait immobile et s’alimenterait difficilement. De son côté, Sea Shepherd s’inquiète des conséquences du transport, du changement de température de l’eau et de la séparation de certains groupes familiaux.

Dans une vidéo publiée par l’association, la chercheuse en éthologie des cétacés Agnès Benet estime que « l’accumulation de ces facteurs représente une épreuve physiologique importante pour un animal aussi sensible que le dauphin. » Les ONG dénoncent également l’état des bassins du delphinarium espagnol, qu’elles jugent dégradé, alimentant un débat qui dépasse désormais le seul avenir des dauphins du Marineland d’Antibes.

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