Le parquet de Marseille a classé sans suite l’enquête préliminaire visant Renaud Muselier et Wadeck Gorak. Les investigations ont conclu que les accusations contenues dans un signalement anonyme étaient « manifestement mensongères ». Une enquête pour dénonciation calomnieuse est désormais ouverte.
Le parquet de Marseille a annoncé, mercredi 29 juillet, le classement sans suite de l’enquête préliminaire visant Renaud Muselier, président de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, ainsi que Wadeck Gorak. La procédure portait sur des soupçons de détournement de fonds publics, prise illégale d’intérêts, favoritisme, corruption active et passive ainsi que recel.
L’enquête avait été ouverte le 3 juillet dernier après la réception, le 18 juin 2026, d’un signalement anonyme. Dans un communiqué, le procureur de la République de Marseille, Nicolas Bessone, rappelle que ce courrier mettait en cause Renaud Muselier « pour avoir fait prendre en charge par le biais de marchés publics la rémunération de Wadeck Gorak, présenté comme son homme à tout faire et gardien de sa résidence secondaire située dans les Alpes-de-Haute-Provence ». Wadeck Gorak était également soupçonné d’avoir bénéficié d’un emploi fictif au sein de la société PBC, chargée de missions de communication pour le compte de la Région Sud.
Les investigations ont été confiées à la Division de la Criminalité Organisée et Spécialisée (DCOS) du Service interdépartemental de la police judiciaire des Bouches-du-Rhône. À l’issue des vérifications, le parquet estime que les accusations ne reposaient sur aucun élément fondé. Nicolas Bessone indique ainsi que « les investigations réalisées dans le cadre de cette enquête ont permis d’établir que les informations transmises dans le signalement anonyme étaient manifestement mensongères ». Le procureur ajoute qu’« il est ainsi apparu, d’une part, que Wadeck Gorak exerçait une activité réelle au sein de la société PBC et, d’autre part, qu’il n’était pas et n’avait jamais été l’homme à tout faire ou le gardien de la résidence secondaire de Renaud Muselier. » Ces conclusions ont conduit le parquet de Marseille à classer sans suite l’ensemble de la procédure.
Une nouvelle enquête pour retrouver l’auteur du signalement
Entendu par les services de police le 22 juillet dans le cadre de cette enquête préliminaire, Renaud Muselier avait affirmé avoir remis les éléments permettant d’écarter les accusations. Dans un communiqué diffusé après cette audition, le président de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur déclarait : « J’ai été auditionné aujourd’hui par les services de police et j’ai pu transmettre tous les éléments factuels et concrets prouvant les mensonges d’une lettre anonyme envoyée au parquet. »
L’existence du signalement anonyme avait été révélée par Nice-Matin avant l’ouverture officielle de l’enquête. À cette période, Renaud Muselier avait dénoncé « une dénonciation calomnieuse » et évoqué « la saison des poubelles. »
Le classement sans suite marque toutefois le début d’une nouvelle procédure. Nicolas Bessone annonce en effet que « pour faire suite à la décision de classement sans suite de ce jour, une enquête distincte a été ouverte du chef de dénonciation calomnieuse ». Cette infraction est passible de cinq ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende.
Les investigations devront désormais permettre d’identifier l’auteur du signalement anonyme à l’origine de cette affaire. Après avoir écarté les soupçons de détournement de fonds publics et de favoritisme visant Renaud Muselier, le parquet de Marseille concentre désormais ses recherches sur les circonstances de cette dénonciation jugée mensongère.
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