L’Autorité de régulation du rugby (A2R) a refusé l’engagement de Nissa Rugby en Pro D2 faute de garanties financières suffisantes. Le club niçois va faire appel et affirme vouloir préserver l’avenir du rugby professionnel à Nice.
Le verdict était attendu. L’Autorité de régulation du rugby (A2R), le gendarme financier de la Ligue nationale de rugby, a refusé ce vendredi l’engagement de Nissa Rugby en Pro D2 à l’issue d’une audience organisée en visioconférence.
La montée obtenue sur le terrain face au Stade montois (31-26), lors du barrage d’accession disputé au mois de mai, se retrouve ainsi suspendue à une procédure administrative. Le club niçois n’a pas présenté les garanties financières demandées par l’A2R, estimées à 4,6 millions d’euros pour sécuriser le budget de la saison 2026-2027. Selon plusieurs sources proches du dossier, un déficit d’environ 2,5 millions d’euros subsiste dans un budget annoncé à un peu plus de 10 millions d’euros.
Cette décision ouvre désormais une nouvelle étape. Dans un communiqué publié quelques heures après l’annonce, les dirigeants annoncent leur volonté de poursuivre le combat.
« Nous annonçons notre intention d’interjeter appel. Cette démarche a pour seul objectif de donner une chance au rugby niçois de survivre et de permettre à l’ensemble des parties prenantes de construire, dans les prochains jours, les conditions d’une solution durable. »
Le club évoque également « une menace sans précédent » pour son avenir et assure vouloir tout mettre en œuvre pour préserver son activité.
Le communiqué rappelle que cette période concerne directement 850 licenciés, 120 salariés de la SAS et de l’association, ainsi que les bénévoles, partenaires et supporters qui participent au développement du rugby niçois.
Le projet de stade au cœur des discussions
Au-delà de la procédure d’appel, Nissa Rugby replace la question des infrastructures au centre du dossier. Le club estime qu’un projet durable passe par la réalisation d’un stade adapté à ses ambitions.
Les dirigeants se déclarent prêts à travailler avec la ville de Nice et l’ensemble des collectivités pour concrétiser le projet de stade de 12.000 places annoncé par la municipalité. Selon le communiqué, cet équipement constitue « la clé de l’avenir économique du club et de son autonomie ».
Les actionnaires réaffirment également leur engagement financier. Un effort supplémentaire est annoncé afin de compenser le manque à gagner provoqué par l’absence de la tribune d’hospitalité de 1 400 places initialement prévue pour la saison 2026-2027. L’objectif affiché consiste à assurer l’équilibre économique du club jusqu’à la livraison du futur stade.
Nissa Rugby salue également la décision de la municipalité de confier à Jean-Pierre Rivère, ancien président de l’OGC Nice et conseiller spécial du maire Éric Ciotti, une mission d’accompagnement sur l’avenir du rugby niçois. Le club assure vouloir travailler avec l’ensemble des acteurs concernés pour construire une solution durable.
Un avenir encore incertain
La crise intervient quelques jours après la démission du président de la SASP Jean-Baptiste Aldigé et de Patrice Prévot, président de l’association.
Si la procédure d’appel échouait, les conséquences seraient particulièrement lourdes. Le club indique qu’une relégation en Régionale 3 serait alors prononcée, soit le dixième niveau du rugby français.
L’issue de la procédure d’appel déterminera désormais la division dans laquelle évoluera Nissa Rugby la saison prochaine. En cas d’échec, le Stade montois, battu lors du barrage d’accession, pourrait être repêché en Pro D2. La bataille se poursuit désormais devant les instances sportives, avec quinze jours pour tenter de sauver l’avenir du rugby professionnel à Nice.
Dans l’immédiat, la montée en Pro D2 n’est donc pas définitivement perdue. Les prochaines semaines seront déterminantes pour connaître la division dans laquelle évoluera Nissa Rugby. Pour rappel, la saison débutera dans un peu plus d’un mois seulement, le jeudi 27 août avec un premier match théorique pour les rouges et noirs sur la pelouse du Biarritz Olympique.
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