Près de deux ans après l’incendie criminel qui avait coûté la vie à sept membres d’une même famille dans le quartier des Moulins à Nice, un nouveau suspect a été interpellé et mis en examen. Le parquet évoque un rôle d’intermédiaire dans la préparation des faits.
L’enquête sur l’incendie criminel des Moulins, à Nice, dont une cérémonie hommage aux victimes sera commémorée ce samedi 18 juillet à 15h30, continue de progresser. Le procureur de la République de Nice, Damien Martinelli, a annoncé ce vendredi l’interpellation, début juillet, d’un nouveau suspect. Né en 2001 et domicilié à Nice, le mis en cause est soupçonné d’avoir participé à la préparation de l’incendie qui avait provoqué la mort de sept membres d’une même famille en juillet 2024.
Dans un communiqué, le parquet précise que « Les éléments réunis permettaient d’envisager que l’intéressé avait pu jouer un rôle d’intermédiaire dans le cadre de la préparation des faits notamment quant à la localisation du lieu de l’incendie. » Au cours de la garde à vue, le suspect a reconnu une implication partielle. Selon le parquet, « si l’intéressé reconnaissait une implication relative, il l’expliquait par les menaces qu’il avait reçues. »
À l’issue de la procédure, le suspect a été mis en examen pour « destruction volontaire par incendie ayant entraîné la mort » ainsi que pour « destruction volontaire par incendie en bande organisée et association de malfaiteurs en vue d’un crime. » Le mis en cause avait déjà fait l’objet de plusieurs condamnations, notamment pour des faits de violences avec armes.
Six personnes en détention, deux suspects toujours recherchés
L’information judiciaire compte désormais six personnes mises en examen et placées en détention provisoire. Deux autres suspects restent activement recherchés.
Parmi les personnes en fuite figure le commanditaire présumé. Né au Sénégal, le suspect avait quitté la France dans les jours ayant suivi les faits. Après une période de détention en Guinée-Bissau, l’intéressé demeure recherché dans le cadre d’un mandat d’arrêt international. Un deuxième suspect, un temps localisé en Algérie, fait également l’objet d’un mandat d’arrêt international.
Le parquet souligne que « À ce jour, six personnes sont mises en examen et placées en détention provisoire en France. » Les investigations se poursuivent sous l’autorité du juge d’instruction. « Les investigations se poursuivent de manière intense sous la direction du magistrat instructeur en vue d’une possible clôture de l’information judiciaire dans les mois qui viennent », conclut le communiqué.
Sept membres d’une même famille avaient perdu la vie
Dans la nuit du 17 au 18 juillet 2024, plusieurs individus avaient déclenché un incendie dans un appartement situé au septième étage d’un immeuble de la rue de la Santoline, dans le quartier des Moulins. L’enquête avait rapidement privilégié la piste d’un acte criminel sur fond de narcotrafic.
Le sinistre avait coûté la vie à sept membres d’une même famille d’origine comorienne. Trois enfants, un adolescent, deux femmes âgées de 22 et 46 ans ainsi qu’un homme de 45 ans avaient trouvé la mort. Aucun élément n’avait établi de lien entre les victimes et un trafic de stupéfiants.
Alertés vers 2h30, les sapeurs-pompiers avaient été confrontés à un violent feu d’appartement. Les secours avaient réalisé trois sauvetages à l’aide de grandes échelles et mis en sécurité trente-trois habitants. Une personne avait été hospitalisée en urgence absolue et deux autres en urgence relative. Vingt-cinq engins et soixante-douze sapeurs-pompiers avaient été mobilisés. Une vingtaine d’habitants avaient également été évacués et relogés temporairement.
En mai dernier, lors d’un déplacement aux Moulins après une nouvelle série de fusillades, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez s’était rendu devant l’immeuble touché par l’incendie afin de rendre hommage aux victimes. Depuis un poste de police à ouvert ses portes dans ce quartier sensible de Nice.
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