Le préfet des Alpes-Maritimes, Laurent Hottiaux, a présenté la feuille de route issue des Assises de la Forêt. Ce document fixe des actions à mener jusqu’en 2035 pour renforcer la biodiversité, organiser la filière bois et accompagner les territoires face au changement climatique. Les services écosystémiques et l’interdépendance des territoires structurent cette stratégie.
La clôture des Assises de la Forêt marque une étape dans la construction d’un projet partagé. Le préfet Laurent Hottiaux a rappelé que « notre forêt est en danger. Elle est notre bien commun et nous devons la protéger. » Cette démarche s’appuie sur une conviction forte : la forêt rend des services essentiels à l’ensemble du territoire maralpin. La feuille de route rappelle que 67 % du département est boisé et que ces espaces jouent un rôle majeur dans la qualité de l’air, la régulation de l’eau, la prévention des risques naturels et la captation du carbone.
Les échanges menés depuis février ont permis de réunir élus, services de l’État, acteurs de la filière bois, associations et professionnels des activités de pleine nature. Quatre ateliers ont structuré ce travail : biodiversité, renouvellement forestier, mobilisation du bois et éducation à l’environnement. La préfecture souligne que 95 participants ont contribué à ce diagnostic partagé et à l’identification de leviers d’action opérationnels.
La feuille de route présentée au Palais préfectoral organise ces propositions autour de quatre axes. Les actions portent sur la solidarité entre territoires, l’adaptation de la réglementation, le renouvellement des peuplements forestiers, l’équilibre sylvo‑cynégétique, la structuration de la filière bois et la communication autour des usages de la forêt. Le préfet a insisté sur la nécessité d’un déploiement dès la rentrée, avec un pilotage assuré par la direction départementale des territoires et de la mer. La version définitive sera publiée en septembre 2026, après les derniers ajustements avec les partenaires.
Cette feuille de route répond à plusieurs fragilités identifiées. Les services de l’État rappellent que l’aridification du climat méditerranéen entraîne un dépérissement des peuplements forestiers et une baisse attendue de 15 à 20 % de la ressource en eau dans les prochaines années. La pression des ongulés, les crises sanitaires comme les scolytes ou encore les difficultés d’exploitation liées au relief accentuent ces tensions. La filière bois reste peu mobilisée, avec un prélèvement annuel estimé entre 20 et 30 % de l’accroissement naturel.
Un intérêt plus global
La préfecture met en avant une gouvernance collégiale pour suivre les actions et garantir la transversalité entre les quatre axes. Le préfet a annoncé qu’un signal serait transmis aux ministères pour obtenir les soutiens nécessaires, notamment sur les aspects réglementaires et financiers. Les partenaires institutionnels, associatifs et professionnels rejoignent ce pilotage, aux côtés du département des Alpes-Maritimes et de la Région Sud.
La démarche engagée dans les Alpes-Maritimes suscite déjà un intérêt au-delà du territoire. Le Comité de massif souhaite partager cette expérience avec d’autres départements. La déléguée interministérielle à la forêt, au bois et à ses usages a exprimé son soutien et prévoit une visite prochaine.
La feuille de route ouvre désormais une phase de mise en œuvre. Les acteurs réunis autour des Assises sont appelés à poursuivre leur mobilisation pour transformer ce travail collectif en actions concrètes. La préfecture rappelle que la forêt maralpine protège les territoires et structure leur équilibre. Sa préservation passe par une coopération durable entre les collectivités, les professionnels et les usagers.
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