Alors que la saison estivale n’a pas encore débuté, les signaux d’alerte concernant la ressource en eau se multiplient dans les Alpes-Maritimes. À l’issue du premier comité de gestion de la ressource en eau de l’année, les autorités appellent à une vigilance immédiate face à un été annoncé plus chaud et plus sec que la normale.
Alors que l’hiver a été particulièrement généreux en précipitations et que l’été n’a pas encore commencé, la situation de la ressource en eau dans les Alpes-Maritimes suscite déjà l’inquiétude. Réuni à la mi-avril, le premier comité de gestion de l’eau de l’année a dressé un constat clair : la vigilance doit s’imposer dès à présent face à un été annoncé plus chaud et plus sec que la normale.
L’objectif des autorités est d’anticiper les tensions plutôt que de les subir, en appelant à une mobilisation précoce de l’ensemble des usagers.
Ces dernières années illustrent une forte variabilité des conditions climatiques dans les Alpes-Maritimes. Après une année 2024 marquée par des précipitations abondantes ayant permis un répit temporaire sur les ressources en eau, la situation s’est nettement inversée dès 2025.
L’année 2025 a en effet marqué un retour de la sécheresse. Le mois de juin a enregistré un déficit pluviométrique proche de 86 % par rapport aux normales saisonnières, suivi d’un mois de juillet également déficitaire à hauteur d’environ 40 %. Dans le même temps, les températures ont dépassé les normales de saison d’environ +4 °C en juin, accentuant fortement l’évaporation et l’assèchement des sols.
À la fin du mois de juillet 2025, l’indice d’humidité des sols affichait une baisse de 20 à 30 % par rapport aux valeurs habituelles, traduisant une dégradation rapide des conditions hydrologiques.
Un déficit pluviométrique qui persiste
Malgré des pluies importantes en février 2026, la situation reste fragile. Le déficit pluviométrique, qui atteignait des niveaux importants fin 2025, n’a été que partiellement résorbé.
Il s’établit aujourd’hui autour de -7 % en moyenne dans le département, avec des disparités locales pouvant atteindre -20 %. À cela s’ajoute un mois d’avril particulièrement sec, qui n’a pas permis de reconstituer pleinement les réserves.
Les indicateurs hydrologiques montrent un état contrasté des nappes phréatiques et des cours d’eau. Certains secteurs apparaissent plus vulnérables, ce qui pourrait conduire à des mesures de restriction dans les mois à venir.
Parmi les zones les plus sensibles, certains bassins se distinguent particulièrement par la rapidité de la dégradation observée. C’est notamment le cas de la Siagne, où la situation est jugée préoccupante depuis l’été 2025, avec une baisse continue des débits.
Ces fragilités locales s’inscrivent dans un contexte estival déjà marqué par une hausse des besoins en eau, notamment liée à l’afflux touristique. Dans ce cadre, la tension sur la ressource pourrait rapidement s’accentuer dans les semaines à venir.
Un appel à la responsabilité collective
Face à cette situation, le préfet des Alpes-Maritimes, Laurent Hottiaux, appelle à une mobilisation collective. Il invite les habitants à adopter dès maintenant des comportements économes afin de préserver la ressource. L’enjeu est de retarder, voire d’éviter, la mise en place de restrictions plus contraignantes au cœur de l’été.
Les autorités rappellent que des actions simples peuvent faire la différence : limiter les arrosages, privilégier les horaires nocturnes, réduire les consommations inutiles ou encore réparer les fuites.
L’installation de systèmes de récupération d’eau de pluie est également encouragée, notamment pour les usages extérieurs. Autant de réflexes qui, cumulés, peuvent contribuer à réduire significativement la pression sur les ressources.
Une réglementation en évolution
Par ailleurs, un nouvel arrêté cadre départemental sur la sécheresse est en cours de révision. Il vise à adapter plus finement les seuils d’alerte et les mesures de restriction aux réalités du territoire. Ce texte fait actuellement l’objet d’une consultation publique ouverte jusqu’au 6 mai 2026, permettant aux citoyens de participer à son élaboration.
Un nouveau point de situation est attendu d’ici la fin du mois de mai. D’ici là, les autorités insistent sur la nécessité d’adopter dès maintenant une gestion plus sobre de l’eau. Dans un contexte de changement climatique, ces épisodes tendent à se répéter. La capacité à préserver la ressource dépendra donc, en grande partie, de l’engagement collectif !
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