La majorité municipale a soutenu l’élection d’un élu d’opposition à la présidence de la commission des finances. Une décision présentée comme un engagement politique, alors que le conseil municipal doit examiner plusieurs dossiers structurants ce vendredi 24 avril.
À quelques heures d’un conseil municipal chargé, la vie politique niçoise connaît un signal institutionnel particulier. La présidence de la commission des finances de la ville de Nice revient désormais à Julien Picot, membre du groupe « La gauche et les écologistes ». Le groupe majoritaire a soutenu cette désignation, en cohérence avec une promesse formulée durant la campagne municipale.
Éric Ciotti a évoqué le cadre de cette décision : « conformément à l’engagement de campagne que j’avais pris de confier la présidence des commissions des finances de la ville de Nice et de la Métropole Nice Côte d’Azur à un représentant de l’opposition, le groupe majoritaire a soutenu l’élection de Monsieur Julien Picot, membre du groupe « La gauche et les écologistes » à la tête de la Commission des finances de la ville. »
Le positionnement se veut institutionnel. La référence au fonctionnement de l’Assemblée nationale est explicitement revendiquée. « Ce choix, qui s’inspire de notre Constitution pour la Présidence de la commission des finances à l’Assemblée nationale, s’inscrit dans une volonté de respect des équilibres démocratiques. »
La majorité annonce vouloir prolonger cette logique à l’échelle métropolitaine. « Dans le même esprit, nous soutiendrons également la candidature d’un représentant de la gauche à la Présidence de la commission des finances de la métropole. »
Le discours du nouvel édile insiste sur une volonté de changement dans les pratiques politiques locales. « Nous instaurons ainsi une gouvernance respectueuse de l’opposition, fondée sur le dialogue, la transparence et le respect des institutions. Par cette démarche, nous tournons la page de pratiques passées que nous ne souhaitons plus voir perdurer. »
Une prise de fonction revendiquée comme un levier politique
Du côté de l’opposition, la nomination est assumée comme un acte politique. Julien Picot souligne le sens de sa démarche : « lors de la commission des finances de ce jour, j’ai posé ma candidature à la présidence de la commission des finances de la ville de Nice. Ce choix n’est pas anodin : j’ai pris au mot Éric Ciotti, qui avait affirmé vouloir laisser cette responsabilité à l’opposition, et donc été élu à la présidence de cette commission. »
L’élu communiste évoque un rôle actif pour les conseillers municipaux de gauche. « Les conseillers municipaux de gauche ont été élus pour agir, pas pour être de simples spectateurs. La présidence de la commission des finances est un levier essentiel : elle permet d’accéder à des informations précieuses et de les porter à la connaissance des habitants. Car notre seule boussole, c’est l’intérêt général. »
Le ton devient plus critique sur la question des orientations budgétaires locales : « nous nous opposerons avec détermination aux orientations budgétaires ultra-libérales portées par Éric Ciotti, qui conduisent la ville et la Métropole dans une impasse financière. Ce sont déjà 50 millions d’euros en moins dans les caisses de la collectivité, autant de moyens retirés aux services publics et aux habitants. »
Julien Picot insiste sur son rôle de gendarme financier. « Il est évident que si les conditions d’exercice de nos missions n’étaient pas réunies, si l’opposition était empêchée de travailler sérieusement, nous le dénoncerions publiquement et sans détour. »
Enfin, l’élu municipale conclut sur son engagement personnel. « Je mettrai toute mon expérience des finances locales et ma détermination politique au service des Niçoises et des Niçois, et je me battrai sans relâche pour défendre leurs intérêts. »
Un conseil municipal sous tension budgétaire
Cette nomination intervient à la veille du conseil municipal prévu vendredi 24 avril à 9 heures, à l’Hôtel de Ville de Nice. La séance sera également diffusée en ligne. L’ordre du jour comprend plusieurs délibérations liées aux finances, à la sécurité, à la culture et aux politiques publiques locales.
Parmi les mesures examinées, la baisse des taux de fiscalité directe locale pour 2026 figure en tête des discussions. La municipalité propose une diminution présentée comme un soutien au pouvoir d’achat, rendue possible par des économies réalisées.
Le bloc financier inclut aussi l’adoption du règlement budgétaire et financier, la reprise anticipée des résultats 2025 et des ajustements pour le budget 2026. Des autorisations de programme et des subventions d’équilibre à certaines régies sont également prévues.
Sur le volet sécuritaire, le conseil doit se prononcer sur des orientations stratégiques visant à renforcer la présence et la coordination des forces locales. Le développement d’unités spécialisées et le recours à des innovations technologiques sont évoqués.
D’autres dossiers structurants complètent l’ordre du jour. Une étude de faisabilité concerne la création d’une grande salle pour le Théâtre National de Nice dans la gare du Sud. Un plan d’adaptation et de rénovation thermique des écoles publiques pour la période 2026-2027 est également soumis au vote.
Enfin, plusieurs instances locales doivent être renouvelées ou créées. Le conseil d’administration du Centre communal d’action sociale fera l’objet d’une désignation de membres. La création d’un Haut Conseil Municipal de Santé est aussi prévue, avec nomination de ses représentants.
NicePremium est un média local indépendant et gratuit.
Pour nous aider à continuer, vous pouvez soutenir notre travail à partir de 5 € par mois.
