Politique : un front de surveillance s’installe face au début de mandat d’Eric Ciotti

Depuis l’élection du nouveau maire de Nice, Eric Ciotti, associations, collectifs citoyens et formations politiques ont réagi dès les premiers jours du nouveau mandat. Les premières actions menées à Nice et dans les communes voisines ont suscité une inquiétude partagée autour du traitement des personnes vulnérables, de la place des contre‑pouvoirs et du respect des droits fondamentaux.

Les oppositions niçoises ont réagi sans délai aux premières décisions de la nouvelle majorité. Plusieurs organisations ont annoncé une surveillance attentive de la politique municipale et métropolitaine. Cette mobilisation s’est construite autour d’un constat commun : les premiers signaux envoyés par les élus en place ont ravivé des inquiétudes anciennes sur la gestion de l’espace public et la protection des personnes fragiles.

L’association Tous Citoyens a rappelé que Nice a connu, par le passé, une politique de contrôle strict de la présence des personnes sans domicile. L’association a évoqué des démantèlements de campements, des arrêtés anti‑mendicité, l’éloignement de maraudes alimentaires ou encore la suppression de bancs et de fontaines.

La publication, par le nouveau maire, d’une photographie le montrant entouré de policiers lors d’une opération l’évacuation d’un campement à la sortie de la voie rapide a relancé ces critiques. Le commentaire associé à la publication « Tolérance zéro pour ceux qui occupent illégalement l’espace public » a été largement commenté. Certaines associations ont interrogé le sens d’une telle formule. Elles ont demandé si cette fermeté visait les personnes pauvres ou la pauvreté elle‑même. Elles ont aussi souligné l’absence d’informations sur une éventuelle solution d’hébergement ou d’accompagnement social proposée à la personne concernée.

Tous Citoyens dont les colistiers étaient candidats aux municipales pour le Nice Front Populaire rappelle qu’une personne sur cinq vit sous le seuil de pauvreté à Nice. Pour les membres de l’association, la lutte contre la misère passe par un soutien durable, non par des opérations de déplacement de personnes vulnérables.

Le rassemblement citoyen Viva ! a exprimé une préoccupation similaire. Ses membres ont replacé les premières décisions locales dans un contexte politique plus large. Ils ont rappelé que le président d’un parti politique a annoncé la création d’un « observatoire des municipalités LFI » destiné à « ne rien laisser passer ». Selon Viva !, cette stratégie a contribué à désigner une partie de la gauche comme un « ennemi de la République », tout en atténuant le danger représenté par l’extrême droite.

Les élections municipales de mars 2026 ont vu plusieurs villes des Alpes‑Maritimes basculer vers des majorités classées à l’extrême droite. À Nice, les premières actions du nouveau maire ont été scrutées de près. À Cagnes‑sur‑Mer, des propos tenus par le maire sur la future ligne 4 du tramway ont également suscité des critiques, notamment lorsqu’il a exprimé sa crainte de voir arriver dans sa commune des habitantes et habitants du quartier des Moulins.

Viva ! a aussi signalé des agressions commises dans le Vieux‑Nice et sur le boulevard Jean‑Jaurès dans les 24 heures suivant l’élection du nouveau maire. Le rassemblement y a vu un signe d’inquiétude supplémentaire quant à la libération de comportements violents de groupuscules d’ultra‑droite.

Une veille citoyenne annoncée comme durable

Face à ce contexte, Viva ! a annoncé la mise en place d’une « surveillance citoyenne » de la gestion municipale et métropolitaine. Cette démarche a visé à documenter chaque atteinte aux droits des personnes, chaque entrave aux activités associatives, chaque action portant atteinte au vivant ou à la biodiversité, ainsi que chaque agression raciste ou atteinte à l’intégrité physique et morale. Le collectif a affirmé vouloir rendre publiques toutes les situations jugées problématiques.

Les oppositions ont aussi ciblé le projet de parking souterrain place Wilson, devenu un symbole de cette vigilance annoncée. Hélène Granouillac qui avait fait campagne pour les municipales avant de retirer sa candidature, met en avant les risques géotechniques signalés par des études et des forages. Elle évoque un « risque alourdi » pour le concessionnaire et des désordres possibles pour les immeubles voisins. Désormais à la tête de EcolocratieXXI, Hélène Granouillac a rappelé que le nouveau maire, alors député, a défendu ce parking dans un courrier au ministre de l’Intérieur en lien avec l’Hôtel des polices, tout en demandant des solutions de stationnement pour les forces de l’ordre. Plusieurs voix locales dénoncent un projet jugé coûteux pour les contribuables, exposé à des contraintes liées à la loi sur l’eau et porteur d’atteintes au patrimoine végétal de la place, avec la disparition annoncée d’arbres qui assurent ombre, fraîcheur et refuge pour la biodiversité.

Cette vigilance annoncée s’est inscrite dans un paysage politique local marqué par des tensions anciennes. Les oppositions ont élargi leur champ d’observation aux politiques sociales, aux libertés publiques et aux conditions de vie des habitantes et habitants les plus fragiles.

La nouvelle majorité municipale doit désormais composer avec cette surveillance active. Ces organisations ainsi que d’autres affirment vouloir exercer un rôle de contre‑pouvoir constant.

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