Dante après le match de l’OGC Nice contre Strasbourg : « c’est une situation difficile à vivre »

Battu (3-1) sur la pelouse de Strasbourg, l’OGC Nice a livré une prestation marquée par de nombreuses erreurs, notamment en première période. Après la rencontre, joueurs, entraîneur et dirigeants ont exprimé leur colère et leur inquiétude face à une situation qui se dégrade.

L’OGC Nice repart de Strasbourg avec une nouvelle défaite (3-1), ce samedi 4 avril pour le compte de la 28e journée, dans un match important dans la course au maintien. Le Racing Club de Strasbourg a construit son succès dès la première période, profitant des largesses niçoises. En face, le Gym continuait de courir après le score et n’affiche toujours pas de réaction collective.

Les choix tactique de Claude Puel n’ont pas porté leurs fruits. Le coach avait opté pour une défense à quatre, avec Clauss, Mendy, Bah et Bard, laissant Dante sur le banc au coup d’envoi. Le milieu était composé de Boudaoui et Sanson, avec Louchet et Diop sur les côtés, tandis que Jansson accompagnait Wahi en attaque.

Les premières minutes ont pourtant laissé entrevoir une autre issue. L’OGC Nice s’est procuré une situation très nette dès la 2e minute, mais Diop a trop tardé à conclure. Cette occasion manquée a marqué un tournant. Derrière, l’équipe s’est progressivement désorganisée.

Les erreurs défensives ont pesé lourd. Mendy s’est retrouvé impliqué sur les deux premiers buts. Sur l’ouverture du score, un manque de communication avec Clauss a laissé Godo libre dans la surface (28’). Quelques minutes plus tard, une relance ratée a offert une occasion directe à Strasbourg, conclue par Enciso (36’). Entre-temps, les Niçois ont semblé dépassés dans les duels et dans le rythme.

Sur le côté droit, Clauss a souffert face aux accélérations adverses. Le milieu de terrain n’a pas réussi à compenser. Boudaoui et Sanson ont couru sans parvenir à peser. Louchet est resté discret. Diop n’a pas influé sur le jeu. Jansson, de retour, n’a pas apporté de solution. Wahi s’est retrouvé isolé.

Avant la pause, Strasbourg a enfoncé le clou. El-Mourabet a inscrit un troisième but d’une demi-volée à l’entrée de la surface (42’). À ce moment-là, Nice ne répondait plus.

Morgan Sanson : « ça commence à casser les cou*** »

À la mi-temps déjà, Morgan Sanson n’a pas caché sa colère. Le capitaine s’est exprimé sans détour : « ça commence à casser les cou***. On donne les buts à chaque fois. Ça commence à être beaucoup trop pour espérer quelque chose à chaque match. On fait beaucoup trop d’erreurs collectives, défensives pour prétendre à mieux. Et on n’est pas tueurs quand on doit l’être. J’ai l’impression de dire les mêmes choses à la mi-temps. Ça commence à souler. »

Claude Puel a tenté de réagir en seconde période avec plusieurs changements. Dante, Vanhoutte et Cho sont entrés. Le contenu a été légèrement différent, mais l’écart était déjà fait.

Après la rencontre, le capitaine Dante a insisté sur la nécessité d’un changement d’attitude : « comment l’expliquer ? Premièrement, c’est dur d’expliquer des choses tous les week-ends, déjà ça part de là. Deuxièmement, je pense que ça montre ce dont nous avons besoin : sur les cinq premières minutes, nous avons deux grosses occasions dans la surface, mais on n’arrive même pas à frapper. Il y a un manque d’exigence, de concentration. A un moment, il faut tous s’y mettre avec une grande remise en question. Bien sûr que l’équipe peut courir, mettre de l’agressivité et de l’intensité, mais il faut garder la justesse technique et avoir l’envie de marquer. Peur de la relégation ou des barrages ? Il faut savoir définir la peur. On est conscient du danger, je parle pour moi mais je crois que le groupe aussi. Il faut tous se retrousser les manches et bosser, il faut être intransigeant, l’exigence c’est du passé maintenant, il faut de l’intransigeance. Le football, il peut y avoir de la peur, mais il faut surtout du courage, on est des joueurs professionnels. C’est une situation difficile à vivre, un gros challenge, mais pourquoi baisser les bras ? On veut seulement jouer dans les bons moments ? Non, il faut assumer maintenant. C’est là où on peut trouver la clé dans les prochaines semaines. »

Claude Puel a dressé un constat similaire. Le technicien a évoqué un manque de répondant après les premières minutes : « c’est un bon résumé. Je dirais qu’on a fait 15-20 minutes qui étaient prometteuses, avec un bon positionnement, de la qualité. On s’est procuré des situations où l’on doit être plus méchants pour convertir. On se prend un premier but, presque une chandelle, qu’on négocie mal. Derrière, on n’a pas eu le répondant, que ce soit mental, tactique, physique. Cette équipe nous a bougé dans les duels, dans son expression et surtout dans l’impact. Ce sont des choses qu’on ne doit pas accepter. Il sera bien sûr important de mettre les choses à plat et de bien préparer les six derniers matchs en montrant un tout autre aspect de notre personnalité, avec beaucoup plus de caractère dans les moments comme celui-là. »

Le coach a également insisté sur la responsabilité collective : « on est tous responsables, on est dans un même vestiaire. Moi le premier, je me dois de trouver les arguments pour les voir se mobiliser et exprimer leurs qualités, pas seulement techniques, mais surtout leur caractère et leurs vertus pour défendre le club et faire plaisir à nos supporters qui se sont encore déplacés nombreux. On est très déçus pour eux, on leur doit autre chose dans notre rendu. »

Du côté de la direction, le discours est tout aussi direct. Maurice Cohen a pointé un problème d’état d’esprit : « non, on a vu une équipe catastrophique. On a vu une équipe qui a joué 10, 15 minutes en première mi-temps. Et après on a vu une équipe en manque de confiance qui a baissé les bras. Ce n’est pas comme ça qu’on va se sauver. Il va falloir qu’ils (les joueurs) se ressaisissent, qu’il y ait de l’énergie et la volonté de se battre. Maintenant, ce qu’il faut qu’on fasse, c’est une bagarre au couteau. Il faut qu’ils en aient conscience et je crois que certains ne sont pas encore dans cet état d’esprit. »

Le vice-président a également évoqué la frustration liée aux supporters présents : « oui, ça m’énerve. Moi, ça me contrarie plus pour nos supporters que pour le reste. Ils sont à 600, ils viennent la veille. Ils vont peut-être dormir là, avant de rentrer en voiture ou en car. Pour voir une prestation pareille. C’est scandaleux. Ce n’est pas normal. »

Avec cette nouvelle défaite, l’OGC Nice reste à cinq points de la place de barragiste mais compte un match d’avance. Désormais les Aiglons entrent dans une phase critique avec l’enchaînement de trois matches capitaux pour la fin de la saison. Le premier sera la réception du Havre dimanche prochain, puis un déplacement compliqué à Lille avant de retrouver Strasbourg en demi-finale de la Coupe de France !

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