Handball : l’OGC Nice sombre à domicile face à la furia nordiste

Dans une halle Charles-Ehrmann pourtant prête à la fête, les protégées de Sébastien Mizoule ont subi la loi de Saint-Amand (23-32). Une défaite lourde de conséquences dans laquelle les Azuréennes, dépassées par la rigueur adverse, hypothèquent leur goal average particulier.

L’ambiance de gala promise par l’union des sections Football et Handball et la présence du maire Christian Estrosi devait servir d’écrin à une réaction d’orgueil. Après une défaite amère à Besançon, les Aiglonnes avaient l’obligation de se racheter pour consolider leur place sur le podium. Mais face à une formation Nordiste venue avec des certitudes, la soirée a tourné au cauchemar tactique.

L’entame de match offre pourtant un spectacle de haute volée, rythmé par un mano a mano impressionnant entre les bases arrières. Si Elisa Techer (trois buts en trois minutes) impose d’emblée sa puissance physique, la réponse niçoise ne se fait pas attendre. Marie Sajka, dont le départ pour Vâlcea en fin de saison est acté, porte l’attaque à bout de bras avec une justesse technique remarquable.

Cependant, l’équilibre est fragile. Alors que le score est serré, la défense azuréenne peine à contenir les assauts répétés des Louves. Le projet défensif remanié par Sébastien Mizoule montre ses limites face à la distribution clinique de Jhennifer Lopes, véritable métronome du jeu adverse.

Le naufrage au retour des vestiaires

C’est au retour de la pause que la rencontre bascule définitivement dans l’irrationnel. L’OGC Nice handball entame le second acte par un terrible trou d’air. Entre maladresse offensive ponctuée par des poteaux et barres transversales en plus d’une fébrilité disciplinaire, le navire tangue. Les exclusions temporaires coup sur coup de Marie Fall et Dienaba Sy (pour simulation) laissent l’équipe en double infériorité numérique.

Le coach niçois, excédé, pose un temps mort dramatique alors que le tableau affiche 14-20. Ses mots sont durs : « c’est dramatique, on n’arrive pas à faire circuler la balle ! » Malgré sa demande de passer en défense 1-5 pour couper les transmissions, le mal est fait. L’écart se creuse inexorablement.

Une révolte étouffée dans l’œuf

Dans ce marasme, quelques éclairs traversent le ciel niçois. Ehsan Abdelmalek tente de sonner la révolte par des exploits individuels, épaulée par l’entrée dynamique d’Emma Rouly. Dans les cages, l’expérimentée gardienne nordiste, Mayssa Pessoa, se met en évidence avec un arrêt monumental sur penalty, du bout du pied, sans même bouger.

L’espoir d’une remontada renaît brièvement lorsque l’écart se réduit, mais Edina Borsos, la technicienne de Saint-Amand, brise cet élan avec un cynisme redoutable. Son temps mort à la 49e minute est un modèle de coaching : elle recadre sa défense et commande une combinaison « Yago » pour Sabrina Abdellahi. L’application est immédiate, le but est marqué, et les Niçoises rendent les armes.

Le score final est sans appel (23-32). Au-delà de la défaite, c’est l’écart de neuf buts à domicile qui inquiète, offrant un avantage décisif aux Nordistes en cas d’égalité finale. Désormais dos au mur, le groupe doit impérativement se remobiliser avant un déplacement périlleux à Dijon, une équipe qui lutte pour le haut de tableau également et vendra chèrement sa peau.

Ethan Dussol

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