Privée de son coach, Vassilis Spanoulis et secouée par une semaine chaotique, la Roca Team a trouvé les ressources pour dominer Cholet (89-79) et préserver l’essentiel en Betclic Élite.
Difficile d’imaginer contexte plus explosif pour préparer un match de championnat. Entre la mise en retrait de Vassilis Spanoulis, les retards de salaires, les tensions internes et une audience judiciaire sans décision forte, l’AS Monaco abordait la réception de Cholet dans un climat délétère. Deux jours après une lourde défaite en Euroligue contre Fenerbahçe (70-88) et un incident médiatique ayant précipité l’absence de son coach, la Roca Team devait se présenter amoindrie, sans Daniel Theis ni Nicola Mirotic ou encore Yohan Makoundou et David Michineau qui ont quitté le club, et avec un effectif marqué par les crispations. Pourtant, malgré ce décor instable, Monaco avait l’obligation de réagir en Betclic Élite. Face à un Cholet Basket revanchard, corrigé en Leaders Cup (115-83) le 21 février, la soirée s’annonçait tout sauf anodine.
Le cinq de départ monégasque – Mike James, Nemanja Nedovic, Alpha Diallo, Jaron Blossomgame et Kevarrius Hayes – donnait le ton dès les premières minutes. Impliquée, agressive, la Roca Team prenait rapidement les commandes. Alpha Diallo sanctionnait à trois points, Jaron Blossomgame profitait des pertes de balle choletaises pour s’illustrer en transition, et Monaco creusait un premier écart significatif (22-12, 8e). La fin du premier quart confirmait cette bonne entame : Elie Okobo, comme si les tensions de jeudi n’avaient jamais existé, concluait au buzzer pour porter le score à 24-17.
Mais le début du deuxième quart-temps révélait les fragilités du moment. En une minute, Cholet revenait à hauteur, porté par un Mohamed Diarra incandescent, auteur de cinq points consécutifs puis d’un tir primé sur une remise en jeu mal négociée par Monaco. L’égalité était de retour, et la Roca Team retombait dans ses travers. Heureusement pour les locaux, Mike James et Elie Okobo relançaient la machine. Le meneur américain servait son coéquipier pour un tir longue distance, symbole d’une réconciliation sportive express. Alpha Diallo, encore lui, sanctionnait en transition pour redonner de l’air (+13). Mais Cholet ne lâchait rien. Profitant des sautes de concentration monégasques, CB réduisait l’écart avant la pause (49-46), se donnant le droit d’y croire.
Une Roca Team irrégulière mais solide dans les moments clés
Le troisième quart-temps repartait sur un scénario similaire : Cholet perdait deux ballons, et Elie Okobo (21 points, meilleur marqueur de la rencontre) se régalait sur jeu rapide. Monaco reprenait dix longueurs d’avance, changeait de rythme défensif et semblait enfin contrôler le tempo. Mais Gérald Ayayi réveillait les siens avec un dunk monumental sur Kevarrius Hayes, rappelant que CB n’était pas venu en victime expiatoire. La Roca Team, incapable de se détacher, abordait le dernier quart avec seulement huit points d’avance (68-60).
Cholet continuait d’y croire. Gérald Ayayi ramenait son équipe à neuf points sur un tir primé, mais Nemaja Nedovic, discret jusque-là, surgissait au meilleur moment pour planter un trois points crucial (82-73, 4e). Dans le money-time, Monaco gérait. Kevarrius Hayes provoquait des fautes à l’intérieur, Mike James temporisait, et la Roca Team verrouillait une victoire indispensable. À 1’26 de la fin, l’affaire semblait pliée. Elle l’était.
Score final : (89-79) pour la Roca Team. Sans son entraîneur, avec un effectif réduit et une semaine chaotique dans les jambes, Monaco a fait preuve de caractère. La Roca Team n’a jamais vraiment tremblé, hormis un passage à vide en début de deuxième quart-temps, et a su s’appuyer sur ses cadres pour tenir Cholet à distance. Pour Monaco, cette victoire n’efface pas les turbulences, mais elle permet au moins de stabiliser un navire encore secoué par les remous. Une respiration nécessaire avant d’aborder une fin de saison qui s’annonce mouvementée. Prochain rendez-vous mardi en Coupe de France à Nanterre (20 heures), avec où sans Vassilis Spanoulis ? Réponse dans quelques jours.
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