Christian Estrosi a dévoilé la semaine dernière une série de mesures destinées à adapter les services publics niçois aux rythmes de vie actuels. L’édile met en avant un portail unique, l’ouverture de cinq maisons de services publics, l’élargissement des horaires, un renforcement de l’offre de garde et l’extension des capacités d’accueil. La CGT NMCA réagit aussitôt. Le syndicat dénonce des annonces électorales qui, selon lui, risquent d’impacter directement les conditions de travail des agents.
La campagne municipale place les services publics au centre du débat. Christian Estrosi a présenté dix mesures destinées à adapter l’offre municipale aux rythmes de vie actuels. Le programme met en avant un portail numérique unique, cinq maisons de services publics, des horaires élargis, un renforcement de l’accueil de la petite enfance, une offre de garde le samedi, un dispositif de « nounous d’urgence », un nouveau plan de création de places en crèche, le doublement d’une allocation municipale, un centre de loisirs par école et l’ouverture élargie de la bibliothèque Louis-Nucéra.
La CGT NMCA a réagit a ces annonces. Le syndicat a publié un communiqué dans lequel il exprime sa « stupeur » face à plusieurs projets rendus publics par des candidats dans le cadre de la campagne. Il évoque des annonces portant sur l’extension des horaires d’ouverture en soirée et le week-end, la création de places supplémentaires en crèche et en centres de loisirs, ainsi que le développement de nouveaux dispositifs de service à la population. Le syndicat souligne que ces orientations impliquent des modifications de l’organisation du travail et des cycles horaires.
Le programme présenté par Christian Estrosi s’appuie d’abord sur un portail unique. L’outil doit regrouper toutes les démarches municipales avec un seul compte. Les démarches d’état civil, les inscriptions en crèche, les activités sportives ou culturelles et les réservations doivent être accessibles en continu. Le document de campagne annonce une mise en ligne au 1er juillet. L’intelligence artificielle doit compléter le dispositif.
Le maire sortant met également en avant un réseau de cinq maisons de services publics. Deux structures accueillent déjà les usagers. Une troisième doit ouvrir à Magnan. Deux autres doivent suivre dans la plaine du Var et à Nice-Nord. Ces lieux regroupent plusieurs démarches administratives. Le maire sortant a indiqué que les deux premières maisons ont accueilli 20 000 usagers en six mois pour l’une, et 5 000 depuis octobre pour l’autre.
La CGT NMCA rappelle que ces annonces interviennent « alors même que nous dénonçons le manque de moyens et de recrutements dans ces services, depuis des nombreuses années. » Le syndicat met en avant un contexte de sous-effectifs persistants et de tensions dans plusieurs services entraînant des réorganisations successives.
Horaires élargis, petite enfance et loisirs : les points de friction
Les horaires constituent un autre volet du programme municipal. Les mairies annexes et les maisons de services publics doivent ouvrir un soir par semaine jusqu’à 20 heures et le samedi matin. Les crèches et les garderies scolaires doivent fermer à 19 heures. Le document de campagne mentionne également une offre complète le samedi pour les haltes-garderies, les ludothèques et les centres de loisirs.
La CGT NMCA réagit à ces annonces. Le communiqué affirme que « la mise en avant de notions telles que le “volontariat” ou l’“adaptation du service public” ne saurait constituer une garantie suffisante. » Le syndicat alerte sur « un risque réel de flexibilisation contrainte et de dégradation des conditions de travail. » Le texte souligne que ces projets « impacteraient directement la vie professionnelle et personnelle des agents, leur santé et les conditions d’exercice de leurs missions. »
Le programme municipal comprend aussi un dispositif de « nounous d’urgence ». Dans un document de campagne il est noté que le service serait mobilisable en quelques heures en cas d’imprévu. Un nouveau plan de création de 1 500 places en crèche doit accompagner l’arrivée de nouvelles familles. L’allocation municipale compensatrice doit être doublée et portée à 400 euros par mois.
La CGT NMCA rappelle que « les conditions de travail des agents ne peuvent en aucun cas être instrumentalisées à des fins électorales, ni constituer une variable d’ajustement. » Le syndicat affirme rester mobilisé pour défendre les droits des personnels et un service public « respectueux de celles et ceux qui le font vivre. »
Le débat s’installe donc entre un programme municipal structuré autour de l’adaptation aux rythmes de vie et une réaction syndicale centrée sur les conditions de travail. Reste à rappeler que tout ça ne sont que des propositions de campagne et que des discutions doivent être mises en place afin de parfaire la faisabilité du projet.
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