Des ateliers pour apprendre à se défendre et à sauver des vies lors de la journée des droits des femmes

Ce dimanche 8 mars, de 14 heures à 17 heures, à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, un atelier mêlant self-défense et gestes de premiers secours a réuni participantes et professionnels de la santé et du sport au gymnase du collège Estienne d’Orves. Une initiative qui vise à renforcer la confiance, l’autonomie et la solidarité entre femmes.

« Attention, je vais choquer… je choque. » Au centre du gymnase, un mannequin d’entraînement simule un arrêt cardiaque. Autour, plusieurs participantes observent et reproduisent les gestes sous l’œil attentif de Gérald, 56 ans, infirmier urgentiste. Vérifier la respiration, alerter les secours, pratiquer un massage cardiaque : les bases des premiers secours sont répétées jusqu’à devenir presque instinctives.

Pour le professionnel de santé, la transmission de ces gestes au grand public est essentielle. « La diffusion des gestes de premiers secours est absolument nécessaire. Chaque seconde compte. Plus l’intervention est rapide, plus les chances de sauver une victime augmentent. Et le 8 mars est aussi l’occasion de rappeler que les femmes doivent avoir toutes les chances face à ces situations. »

Les quartes mains sur le mannequin, Chaïma, 34 ans, est venue avec sa fille Assia, 10 ans et demi. Une démarche volontairement familiale. « Je voulais venir avec elle pour qu’elle découvre ces gestes et qu’elle comprenne l’importance de cette journée. Je lui ai même dit : tu viens avec moi parce que je veux être accompagnée… et par toi précisément. »

une mere sa fille et un infirmier font les premiers secours à un mannequin au sol
Photo : Diane Roustan

Santé et Sport au cœur du 8 mars

Présent lors de l’événement, le médecin urgentiste également conseiller municipal Hervé Caël, 65 ans insiste sur l’importance d’aborder les questions de santé à l’occasion de cette journée dédiée aux droits des femmes. « Aujourd’hui, plusieurs sujets se croisent. Il y a la self-défense, importante pour la protection physique, mais aussi une formation aux gestes d’urgence, notamment face à l’arrêt cardiovasculaire. Contrairement à ce que l’on croyait autrefois, les femmes ne sont plus épargnées : elles subissent aujourd’hui autant d’arrêts cardiaques que les hommes, notamment en raison du tabagisme. » Selon lui, associer sport et santé permet d’aborder les droits des femmes dans toutes leurs dimensions. « Cette opération nous a séduits parce qu’elle mélange différents aspects : la défense physique avec les ateliers de self-défense, mais aussi un volet sanitaire essentiel. »

À l’origine de l’initiative, Michel, 60 ans, directeur du club Essor Riviera Karaté, explique que l’opération est organisée chaque année depuis cinq ans. « L’objectif est de réunir le plus de monde possible autour du club. Nous avons proposé une initiation à la self-défense avec différents intervenants – Krav Maga, penchak, boxe féminine – puis une session consacrée aux gestes de premiers secours. » Un choix assumé pour varier les apprentissages. « Plutôt que trois heures de self-défense, nous préférons proposer plusieurs ateliers complémentaires. Gérald intervient souvent auprès de nos jeunes lors de stages, c’était donc naturel de l’associer à cette journée. À la fin, chaque participante reçoit un diplôme et une rose, symbole féminin et de reconnaissance. »

trois hommes sportif, infirmier et medecin qui posent devant un mannequin au sol
Photo : Diane Roustan

Parmi les intervenants sportifs présents, Maryanne, 34 ans, présidente du LM Boxing Club à Mandelieu, salue l’initiative. « C’est un truc magnifique ! » lance la coach sportive. Son engagement auprès des femmes est né d’une demande de la municipalité. « On m’a proposé de me diriger vers un public féminin. Dès la première séance, on a accueilli une trentaine d’élèves. Aujourd’hui, le club compte près de 80 pratiquants. » En parallèle, Maryanne intervient comme coach indépendante auprès de publics spécifiques. « Je donne des cours pour des femmes dans des structures médico-gynécologiques, en maison de retraite ou auprès de femmes victimes de violences. » Elle souhaite désormais aller plus loin en développant de nouveaux projets, notamment une section de sport adapté pour des personnes en situation de handicap psychique et des cours de boxe destinés aux seniors. Pour elle, participer à cette journée du 8 mars avait une valeur particulière. « Je pense beaucoup aux femmes qui se sont battues pour obtenir le droit de vote ou simplement le droit d’étudier. C’est important de ne pas oublier ce qui a été fait, même s’il reste encore du chemin à parcourir. »

Au fil des ateliers, les participantes ont ainsi découvert comment se défendre, réagir face à une urgence et gagner en confiance. Des apprentissages concrets qui, au-delà de la symbolique du 8 mars, rappellent que la prévention et la solidarité peuvent aussi commencer sur un tatami ou autour d’un mannequin de secours.


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