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« Sans frapper », un documentaire qui aborde le consentement et le viol

3 min de lecture

« Sans Frapper », le nouveau film documentaire d’Alexe Poukine, aborde la question du viol en mettant en scène à travers plusieurs voix le récit d’une victime, Ada Leiris.


Le cinéma Pathé Gare du Sud de Nice a souhaité projeter en avant-première « Sans frapper », traitant d’un phénomène sociétal de grande ampleur, afin d’éveiller les consciences.
Une séance de projection et d’échanges a donc été organisée à l’occasion de la journée internationale des droits des femmes le 8 mars.

Ada Leiris dit avoir été violée trois fois dans la même semaine par un jeune homme qu’elle connaissait. Elle avait alors à peine 19 ans.

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Ce projet cinématographique a vu le jour suite à une rencontre d’Ada avec la réalisatrice en 2013. À l’issu de la projection de son premier long-métrage « Dormir, dormir dans les pierres », Ada une femme d’une trentaine d’années lui raconte ce qui lui est arrivé neuf ans plus tôt.
Les confidences recueillies ne collent cependant pas à l’idée qu’Alexe Poukine se fait d’un viol : pourquoi la fille ne s’est pas débattue, pourquoi est-elle retournée chez son agresseur ?

C’est cette incompréhension qui pousse la cinéaste à revoir Ada. Elle prend alors le temps de l’écouter et de l’enregistrer pendant deux ans. Elle entreprend également des recherches sur les mécanismes de la mémoire traumatique, échange avec des amies proches et découvre que beaucoup ont vécu des expériences similaires.
Alexe Poukine prend conscience d’avoir été dicté par sa définition erronée du consentement. Non, un viol ne s’accompagne pas forcément de coups et peut se produire, comme l’indique le titre du film, « sans frapper ».

L’histoire de cette femme est racontée par plusieurs personnes d’horizons et professions différentes, des femmes et des hommes de tous âges.
Ces derniers s’emparent des mots d’Ada en y mettant un peu de ce qu’ils sont. Effectivement, ils en viennent à s’interroger sur cette histoire et même sur leur propre histoire et des comportements qu’ils ont pu avoir, qu’ils soient femmes ou hommes, agresseurs ou agressés.
Une expérience qui permet à chacun de s’interroger sur leur propre rapport à la sexualité, au consentement, à la notion de viol, et d’en déconstruire « l’image fantasmée ».

« On peut dire ce qui ne te tue pas te rend plus fort, mais il y a des expériences qui te font désapprendre, essentiellement. Tu désapprends le lien, tu désapprends le désir, tu désapprends la confiance. Est-ce que c’est intéressant ? Non, ça ne l’est pas du tout »

                  Ada "Sans frapper"

Après la projection, nous avons pu échanger avec différents organismes tels que l’association Accueil Femmes Solidarité, Montjoye, ou encore le planning familial de Nice.

À Nice, l’année avait commencé avec le drame du féminicide de Lisa le 1 janvier 2022, cette mère de famille retrouvée morte dans le coffre d’une voiture.
Puis le mois dernier, le drame de Johanna qui avait grièvement été blessée au cou et au visage avec une arme blanche par son ex mari.

Au 11 mars 2022, 22 féminicide en France.
En France, 1 femme meurt tous les 3 jours de violences conjugales.

Le film illustre le fait que les victimes ont tendance à ne pas qualifier ce qu’elles vivent avec des « mots précis », comme s’il y avait un déni. Les professionnels confirment cela en expliquant que les discours des victimes tournent autour d’euphémismes : pour qualifier un féminicide on utilise le terme crime passionnelle, pour les violences sexuelles on ne va pas utiliser le mot viol et utiliser des mots qui vont permettre de culpabiliser la victime et non l’agresseur.
Nous remarquons qu’il existe aussi un problème au niveau des plaintes et de la manière dont elles sont reçues.

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