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7 juillet 2024

Et si une femme devenait Président(e) de la République française ?

femme-presidente.jpg Et si le prochain Président de la République était une femme ? Soixante ans après que la gent féminine ait obtenu le droit de vote en France, la supposition n’est plus une utopie. Elle est d’ailleurs déjà une réalité pour quelques nations.

Ainsi, en 1994, Chandrika Bandaranaike Kumaratunga accédait au pouvoir au Sri Lanka, puis fut réélue en 1999. En 1997 puis 2004, les électeurs de la République d’Irlande choisirent quant à eux d’être gouvernés par Mary Patricia McAleese. Vaira Vike-Freiberga fut élue à la tête de la République de Lettonie en 1999 puis en 2003. Aux Philippines, la Présidente est Gloria Macapagalarroyo depuis 2001. Et s’il reste minoritaire, le mouvement s’étend peu à peu.

D’autres pays viennent tout récemment de montrer la voie. Le 22 novembre 2005, Angela Merkel devenait la première femme Chancelier d’Allemagne. Le lendemain, le 23 novembre, c’est en Afrique qu’Ellen Johnson Sirleaf remportait les élections présidentielles au Libéria avec 59,4 % des voix. En Finlande, Tarja Halonen, élue une première fois en 2000 vient quant à elle de se voir renouveler son mandat. Enfin, le 15 janvier dernier la socialiste Michelle Bachelet, remportait l’élection au Chili. Là encore, le fait que ce soit une femme, qui plus est anticonformiste et mère célibataire, était une première !

Voilà de quoi encourager nos femmes politiques françaises, désignées, presque à leur propre surprise « présidentiables » ! Il en est ainsi de M.A.M., Michèle Alliot-Marie, ministre de la Défense et déjà numéro 3 du gouvernement, mais aussi de la socialiste et présidente de la région Poitou-Charentes, Ségolène Royal. Une nouvelle venue presque perturbatrice pour son propre parti, si ce n’est pour son propre mari. Ainsi, l’idée d’une femme présidente de la République ne semble pas toujours séduire le sérail politique. Pour nous, c’est plutôt un encouragement, car si la crainte est là, c’est que la « menace » est réelle. Que ce soit en 2007 ou en 2012, c’est sûr, il faudra désormais compter sérieusement avec les femmes.

C’est d’ailleurs le scénario d’une des prochaines fictions de France 2 intitulée « Etat de grâce ». Mais une femme Présidente sera-t-elle réellement différente d’un homme ? Pour tenter de répondre à cette question, nous avons imaginé une enquête un peu spéciale qui s’est néanmoins avérée fort intéressante. Nous avons interrogé plusieurs femmes de notre région, tous âges et tous horizons confondus, en leur posant les mêmes questions :

-Aimeriez-vous qu’une femme soit élue Présidente de la république, et qui souhaiteriez-vous voir à cette place ?

-Quelles sont les trois premières mesures que vous demanderiez à votre gouvernement de mettre en œuvre ?

Voici leurs réponses…

femme-negresco.jpg Jeanne Augier, PDG de l’hôtel Négresco à Nice :

  • Non, je ne vois pas une femme à la présidence de la République. C’est une fonction qui demande des antécédents, les hommes ont par exemple une connaissance de la guerre que les femmes ignorent. Elles ne possèdent pas l’expérience historique nécessaire pour revêtir l’habit d’un tel personnage.

Mes trois mesures :

  • J’assurerais immédiatement la protection des femmes. Il n’est pas pensable que dans un pays civilisé, les femmes soient victimes de violences conjugales. Il faut apprendre aux hommes à devenir de vrais hommes, à ne pas utiliser leur force physique pour avilir les plus faibles : femmes, enfants mais aussi animaux. Je serais sans pitié envers ces comportements.

  • J’augmenterais les quotas des femmes dans les partis politiques. Le monde doit se construire en partenariat entre hommes et femmes, à part égale.

  • Je favoriserais l’accès à l’art pour le plus grand nombre. L’art est un merveilleux support au rêve et à l’éducation. Dans un même souci éducatif, je veillerais à adoucir les programmes télévisuels. La télé diffuse trop de brutalité alors qu’elle pourrait être un formidable instrument d’apprentissage et de découverte pour les jeunes. J’aimerais qu’elle leur apprenne le respect de l’autre, de la nature et aussi de soi-même.

femme-perna.jpg Noëlle Perna, humoriste.

  • Il me paraît plus adapté d’avoir une femme présidente, dans la mesure où les femmes ont une propension naturelle à créer la paix autour d’elles. La fonction qui est sienne, donner la vie, lui procure un souci permanent de préserver celle-ci. Les hommes ont un fort ego et mobilisent beaucoup de leur énergie à le défendre. Cette notion du pouvoir fait qu’ils ont une grande propension aux conflits. Malraux disait « Le XXIe siècle sera un siècle spirituel ou ne sera pas ». Je paraphraserais en disant : « Le XXIe siècle sera un siècle féminin ou ne sera pas. » La femme est l’avenir de l’homme. J’aimerais qu’une femme comme Ingrid Betancourt accède à cette fonction, elle est engagée et a de l’endurance, des qualités nécessaires pour être présidente.

Mes trois mesures :

  • Je supprimerais les notions de compétition et de sélection dans le cursus scolaire, et je renforcerais l’encadrement en me servant des grands principes d’éducation, à l’image de ceux de Freinet et de Montessori, s’attelant à révéler le potentiel de chacun. Je lutterais contre le racisme, et je privilégierais les échanges culturels entre pays afin de favoriser la reconnaissance. « Une tête bien faite plutôt qu’une tête bien pleine » (Montaigne)
  • J’essaierais de réduire l’émission des gaz à effet de serre en favorisant la fabrication de voitures non polluantes. Je lancerais deux grandes campagnes, l’une visant à réduire les déchets ménagers, l’autre à sensibiliser les Français aux économies d’énergie. Parallèlement, je soutiendrais le commerce équitable et l’agriculture biologique. « La terre ne nous pas été léguée par nos parents mais prêtée par nos enfants » (proverbe kenyan)

  • J’augmenterais les taxes sur les produits de luxe afin de supprimer celles sur les besoins de première nécessité.

femme-rava.jpg
Victoria Ravva, Capitaine de l’équipe de volley-ball du Racing Club de Cannes

  • Pourquoi pas. Je ne suis pas féministe, mais je trouve qu’il n’y a pas assez de mixité en politique. Les femmes sont restées dans l’ombre pendant des siècles, alors ce serait bien de voir et de montrer de quoi elles sont capables à un tel poste. Je pense qu’une mère serait plus sensible à certains sujets, plus proche du peuple.

Mes trois mesures :

-La sécurité serait l’une de mes priorités. Je ne trouve pas normal que des enfants soient dehors après minuit, il faut encore renforcer les règles pour éviter des issues fatales. Je viens de Georgie et durant mon enfance sous le régime communiste, il n’existait pas ces dérives. C’était trop extrême, mais il faudrait trouver un juste milieu.

-Je me concentrerais sur la question de l’immigration. Si j’ai été personnellement bien accueillie, les problèmes d’intégration ne cessent cependant de s’aggraver. Moi-même issue de nombreux mélanges et évoluant dans un environnement pluriculturel avec toutes les joueuses, je sais qu’il est possible de vivre ensemble et de nous enrichir de nos différences. J’imposerais des notions de respect dans toutes les sphères économiques et sociales, d’un côté comme de l’autre, et lutterais contre toute discrimination. Néanmoins, si la France ne peut accueillir et donner du travail à tout le monde, je contrôlerais l’immigration.

  • Je ferais encore des efforts pour mettre en lumière les sportifs de haut niveau, même dans des domaines non lucratifs ! Et surtout, je changerais le système d’éducation : durant mon enfance dans les pays de l’Est, les après-midis étaient consacrés aux loisirs, sportifs ou artistiques. C’est un formidable moyen d’éveiller les enfants et surtout, de créer un vivier de futurs grands athlètes !

femme-univ.jpg Elodie Nosal, membre de la fédération étudiante de l’université Nice Sophia-Antipolis Fac+

-C’est important qu’une femme soit élue Présidente de la République. Elle apporterait une vision différente, certainement plus sensible aux questions d’inégalités et de racisme. Et puis le fait que nous soyons enfin représentées à de si hautes sphères ferait sûrement évoluer la situation des femmes et leurs propres comportements. Malheureusement, aucune femme ne m’inspire vraiment pour l’instant.

Mes trois mesures :

  • Mes premières mesures concerneraient notre système d’éducation ! L’école et l’instruction permettent une réelle égalité au sein de la société. Or, aujourd’hui, il existe encore trop de personnes qui à 15 ans, ne savent ni lire, ni écrire. Je renforcerais l’apprentissage de ces rudiments dès le plus jeune âge. Pareil pour les langues, les Français sont nuls dans ce domaine, or c’est pourtant le passeport pour un bel avenir dans le contexte international actuel.
  • Je ferais mon possible pour faciliter la création d’entreprises. Aujourd’hui, même avec de belles idées, les jeunes n’osent pas se lancer dans une aventure si lourde, avec autant de freins : il faut réduire les charges, motiver les créateurs de projets, simplifier les démarches au maximum…

  • Autre domaine où il serait important d’agir : l’égalité hommes / femmes. Je renforcerais les lois, encouragerais la parité. Tout écart de salaire ou discrimination à l’embauche vis à vis des femmes devrait être taxé de fortes pénalités pour les entreprises. Idem pour les discriminations raciales ou tout autre.

femme-theatre.jpg Monette Candella, vice-présidente du Théâtre de la Marguerite d’Antibes-Juan-les-Pins.

  • Il est bien difficile d’imaginer que l’on puisse passer d’Aristote (« La femelle est femelle en raison d’un certain manque de qualité ») ou de Saint Thomas (« La femme est un homme manqué ») pour arriver à la présidence du pays et ce malgré les efforts des Simone Veil, Élisabeth Badinter ou Simone de Beauvoir ! Mais jouons l’espoir !

Oui, je souhaite vivement voir une Présidente. La femme est par nature moins agressive que l’homme, on peut espérer faire régner la paix plus facilement. Certains argumenteront des différences évidentes : la force physique (mais le maniement des machines modernes ne demande aucune force, « société presse bouton »), ou la maternité qui, nous savons, est perçue différemment selon les mœurs et les servitudes qu’on lui impose. Donc, rien ne s’oppose réellement à la venue d’une femme. Dans l’état actuel des choses, je ne vois que Ségolène Royal apte à assumer cette fonction présidentielle, mais par goût personnel, je préfère Jeanne Moreau…

Mes trois mesures :

  • Ma première mesure serait de libérer la femme de ses tâches familiales qui lui prennent tout son temps, ou presque, et de trouver des solutions rapides et peu onéreuses pour aménager des crèches en ville et dans les entreprises.
  • Je me battrais contre l’inégalité entre les hommes et les femmes. Ces dernières, bien que les conditions évoluent, restent défavorisées. Il est nécessaire d’égaliser les salaires, à connaissances égales évidemment, et de leur accorder des postes plus importants. Ces deux mesures étant instaurées, je lutterais contre la pauvreté et le chômage. Et ce serait bien plus facile !

  • La dernière mesure relève du domaine de l’utopie… mais soyons fous (ou plutôt folles) ! J’instaurerais la gratuité du pain et de la culture : musées, bibliothèques, salles de spectacles… Ajoutez quelques salles de sport… Le tour est joué ! De quoi faire une excellente présidente de la République!

femme-clary.jpg Anne-July Clary, plus jeune conseillère régionale (PS) de France (PACA)

  • Bien sûr, j’y suis favorable ! La parité a renforcé la légitimité des femmes à exercer des responsabilités politiques et aujourd’hui, pour la première fois, cette possibilité est envisageable. Cette femme devra toutefois porter un fort message d’espoir et de changement dont la politique a tant besoin, comme l’a fait Michelle Bachelet au Chili. Si jamais une femme convainc le cœur de la majorité des militants du parti, ce serait celle-là ! Je ne peux vous en dire plus pour le moment.

Mes trois mesures :

  • Ma première mesure serait la semaine des 4 jours de travail : les 35 heures ont montré que sans bouleverser l’équilibre économique, la diminution du temps de travail était à la fois un moyen de lutter efficacement contre le chômage en créant de l’emploi, et d’améliorer la qualité de vie, en particulier celle de famille.
  • Une grande réforme de la télévision : les chaînes privées devraient payer une taxe sur leurs revenus publicitaires pour financer les chaînes publiques qui pourraient ainsi avoir les moyens de se consacrer à leur mission et de sortir de la logique commerciale (grâce à un financement 100% public et 0% publicitaire).

  • Un plan de développement des énergies nouvelles : il n’est plus possible de consommer du pétrole à ce rythme. D’abord parce que c’est une ressource qui va devenir de plus en plus rare et chère. Ensuite, parce que la pollution engendrée est en train de compromettre la vie des générations futures. La France devrait impulser un mouvement en faveur des biocarburants et des énergies renouvelables au niveau mondial.

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Karine Bœuf-Etesse, avocate, présidente de la Jeune chambre économique Côte D’Azur

  • La réponse est : OUI. C’est bien connu, les hommes et les femmes n’ont pas du tout la même façon de raisonner et d’appréhender les problèmes qui se posent à eux. Je pense qu’une femme pourrait apporter une vision différente et des solutions plus appropriées dans certains domaines. Les femmes ont déjà réussi dans d’autres pays, alors pourquoi pas en France ? Je choisirais Michèle Alliot-Marie ! C’est une femme de caractère et une femme de tête.

Mes trois mesures :

  • Tout d’abord, je baisserais le coût du travail en diminuant de manière significative les charges sociales pour redonner du souffle aux entreprises françaises.
  • J’aiderais l’esprit d’entreprise en transférant une partie des aides dédiées à l’assistanat vers les créateurs de richesses économiques (aide à la création d’entreprises ; aide à la recherche et au développement).

  • Il faudrait également limiter la dépendance en produits pétroliers de l’Europe en favorisant l’utilisation des énergies nouvelles, notamment en initiant un changement des politiques industrielles vers l’électrique et les nouveaux carburants bio.

femme-cocteau.jpg Célia Huguet, conservateur du patrimoine au Musée Jean Cocteau de Menton

  • L’élection d’une femme serait significative d’un profond changement des mentalités en France. J’y serais bien entendu totalement favorable. Les questions de crédibilité et d’autorité des femmes, souvent remises en cause, n’auront plus lieu d’être.

Néanmoins, le sexe des candidats ne jouera aucunement dans mon choix personnel le jour de l’élection. Puisque je mets hommes et femmes sur un pied d’égalité, il n’y aura de ma part aucune sorte de discrimination! Pour son approche fondamentalement humaniste (et non pas féministe !) du monde contemporain et sa pensée esthétique, éthique et politique, je citerais l’intellectuelle d’origine bulgare Julia Kristeva, compagne de Pilippe Sollers et lauréate en 2004 du prix Holberg (équivalent du Nobel en sciences humaines).

Mes trois mesures :

  • Il faut tout d’abord une véritable éducation artistique (Histoire de l’art et patrimoine) dans les programmes de l’éducation nationale ! Je souhaite donc une agrégation en Histoire de l’art et l’enseignement de l’art dans les collèges et lycées.
  • Des mesures plus sévères doivent être prises en faveur du patrimoine naturel. Il est à mon sens moins bien protégé que les musées. Je pense notamment à la défiguration des paysages par la publicité des grandes enseignes aux abords des routes.

  • Enfin, je me mobiliserais pour un meilleur accès au logement. Trop de personnes vivent éloignées de leur travail.

femme-ump.jpg Virginie Chevallier, Grasse, conseiller national des Jeunes Populaires (UMP)

-Oui, je pense qu’une femme peut parfaitement exercer cette fonction de Président de la République. J’espère d’ailleurs que cela sera le cas un jour, cela permettra à la France de démontrer qu’il n’y a pas d’a priori sur cette question dans notre pays. À l’heure actuelle, je ne vois pas cependant de candidate potentielle. Je ne choisirai pas quelqu’un pour son appartenance au sexe féminin. Et au-delà de cette question de sexe, la personne la plus légitime et la plus charismatique reste Nicolas Sarkozy.

Mes trois mesures :

  • J’encouragerais premièrement la baisse des charges sociales favorisant ainsi la création d’entreprises et l’emploi.

-Il faudrait également une modulation des 35 heures pour que chaque personne ayant envie de travailler davantage puisse le faire sans contrainte.

  • Je faciliterais l’accès en crèche pour les enfants, permettant ainsi aux femmes qui le souhaitent de s’épanouir professionnellement au même titre que les hommes.

Article proposé par www.feminfos.com

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