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« Mystère » en Musique

6 min de lecture

1-50.jpg Mais la musique n’est pas seulement un rappel. Ses notes musicales accompagnent le déroulement du téléfilm, soulèvent des émotions, créent une atmosphère, colorent les scènes. Lors du 47ème Festival de Télévision de Monte Carlo, nous avons eu le privilège de rencontrer le compositeur des séries estivales de TF1 (Zodiaque, Le Maître du Zodiaque, Mystère qui a réuni plus de 9,4 millions de téléspectateurs mercredi dernier), Frédéric Porte. Rendez vous au Karément un jeudi 15 juin à 9h15. Ni moi, ni lui n’y seront. Moi pour cause de retard de bus, lui pour …. une raison que je ne vous dévoilerais pas. Notre rencontre musicale aura lieu une heure plus tard autour d’un petit déj’ partagé.


Nice-Première : Je vous laisse donner le « la » de cette interview.

Frédéric Porte : Très détendu et bien sympathique.

N-P : C’est jeudi. Il est 10h du matin. Le soleil brille déjà sur Monte Carlo. Quelle musique d’ambiance diffuseriez-vous au Karément ?

F.P. : De la pop. C’est très bien le matin, ce n’est pas violent comme le rap qui est à mon goût trop violent. De la pop, c’est plus léger.

N-P : Alors maintenant qu’on a cerné l’atmosphère du lieu selon Frédéric Porte, cernons le compositeur que vous êtes. Commençons par vos origines.

F.P.: (Sourire) Et bien, j’appartiens à une famille de musiciens. Quand j’étais plus jeune, je voulais faire de l’habillage de jeu télévisé. Pourquoi ? Aucune idée. Puis, je me suis orienté vers la musique de série. Je préfère à celle du cinéma. Je suis allé au conservatoire de Versailles. J’ai fait de l’écriture et je jouais du basson. Parallèlement, j’ai démarré en faisant du court métrage pour les copains mais ça me branchait moyennement. Je trouvais que la télévision avait quelque chose de plus futile, un côté récurrent qu’il n’y a pas dans les films.

N-P : Vous préférez donc composer pour la télévision plutôt que pour le cinéma. Pourquoi ?

F.P. : A la télévision, l’atmosphère est plus sympathique. On passe moins de temps à faire une musique et comme je suis quelqu’un qui aime aller vite, ça tombe bien. Je n’aime pas traîner. A la télévision, il faut aller très vite. On laisse place à l’instant et il n’y a pas trop de réflexion.

N-P : Comment composez-vous ?

F.P. : (Sourire) Je n’en sais rien. Non. Avec un clavier et deux ordinateurs. Je joue une mélodie, je l’harmonise, je la travaille un petit peu et ensuite, je la transcris sur une partition dans un ordinateur.

N-P : Vous la transcrivez sur une partition manuellement ?

F.P. : Non c’est l’ordinateur qui la transcrit pendant que je joue. Ainsi, grâce aux ordinateurs, on travaille plus vite. Cela permet de faire écouter la musique aux réalisateurs et aux comédiens afin qu’il se fasse une idée de ce qu’on ressent quand ils nous donnent un film. Dans Mystère, il y a beaucoup d’actions. On fait un travail beaucoup plus précis. Quand je livre mon travail pour un film, mes musiques sont pré calées. Elles sont parfois pré mixées.

N-P : Et bien justement, qu’avez-vous ressenti lors de la composition musicale de « Mystère » ?

F.P. : Je n’ai pas lu le scénario. On ressent beaucoup plus de choses en tant que troisième auteur d’un film. On a une vue d’ensemble des deux premiers auteurs, qui sont le scénariste et le réalisateur. On met en osmose toutes leurs idées. Nous, on reçoit les émotions d’un coup. Si on lit que le scénario, on a que le point de vue du scénariste et pas celui du réalisateur qui est très important. Le comédien aussi est très important. On peut lire un scénario comme on lit un livre et puis vous faire une idée à l’image qui va totalement être différente.

N-P : Comment vous créez une musique ?

F.P. : Je cherche. Je travaille. J’écoute beaucoup de musique.

N-P : Dolmen, Zodiaque .. Le public commence à reconnaître votre style de musique.

F.P. : Je suis vachement content de vous l’entendre dire. Dernièrement, un producteur a hésité à me prendre parce qu’il pense que je n’ai pas un style très défini. C’est totalement arbitraire de dire ça. Pour exercer tout son talent, un compositeur de musique, il faut qu’il se fonde comme un caméléon dans n’importe quel film car chaque film nécessite des musiques différentes ou vous devenez un compositeur très stylé et on va vous appeler que pour ce style de musique mais du coup cela devient réducteur. Ces séries ont une ligne éditoriale : grande intrigue, grande famille …

N-P : Quel regard portez vous sur vos collègues ?

F.P. : Beaucoup de compassion et d’attention. On fait un métier difficile.

N-P : Est-ce que vous aimerez que l’on étudie vos compositions à l’école ?

F.P. : Non pas trop, je préfère rester un « Mystère » (rire). Sincèrement moi qui ai fait beaucoup d’analyse musicale quand j’étais étudiant, je me suis toujours posé la question si ces compositeurs s’étaient posés toutes ces questions que l’on se pose. Souvent je me suis demandé si ce n’était pas un peu vain. C’est intéressant, on nous amène ailleurs. Le mieux, ça serait d’avoir un dialogue avec l’auteur.

N-P : Il est rare, que le public connaisse le physique du compositeur de musique d’un film.

F.P. : Je suis discret. Je n’ai pas l’impression que notre métier ait besoin d’être médiatisé. Je trouve ça très bien de ne pas reconnaître un compositeur de musique dans la rue. On reconnaît que leur musique.

N-P : Quelle est votre Mystère ?

F.P. : Je n’en ai pas. (Rire) Sans un mais à cette heure là je ne sais pas. Il faut me reposer la question ce soir quand j’aurais bu quelques verres mais là pour l’instant je ne vois pas.

N-P : Et la côte d’Azur, elle vous inspire quoi ?

F.P. : Les vacances. Quand je suis là je n’ai envie de rien faire. (Rire) Depuis que je suis arrivé, j’ai l’impression d’être en week-end. Je suis du midi. Je suis moitié d’Espagne moitié de Marseille. Mais Monaco, je ne connaissais pas quand j’étais enfant on ne dépassait pas Nice.

N- P. : Alors vous connaissez Nice ?

F.P. : Oui, j’ai un petit appartement là-bas entre le Palais de la Méditerranée et le Négresco. J’aime la Cote d’Azur. C’est un endroit sympa. Si je pourrais, je resterais là. Mais, pour le travail, il faut être sur Paris mais finalement ce n’est pas plus mal, comme ça quand on redescend, on apprécie d’autant plus.

Site de la saga de l’été : http://lachaine.tf1.fr/mystere/

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