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Le Préfet « envisage d’interdire » l’apéro. La réponse de Nissa Rebela.Mais finalement l’apéro-porchetta aura lieu, oui ou non?

4 min de lecture

Les services de police ont remis aujourd’hui en fin de journée à
Philippe Vardon un courrier du Préfet Lamy.
Dans celui-ci, le représentant de l’Etat indique :

-« Je vous informe qu’en raison notamment du lieu de rassemblement, à
proximité immédiate d’une salle de prière musulmane, et de l’objet
de votre manifestation, de nature à créer des risques importants de
troubles à l’ordre public, j’envisage d’interdire cette
manifestation. »

-Beaucoup se demandent pourquoi la préfecture tarde, depuis désormais
trois jours, à prendre une décision ferme. De toute évidence, les
services de l’Etat cherchent à la fois à s’assurer de la solidité de
leur décision et à gagner du temps. Dans les deux cas, leur crainte est
de voir un tribunal administratif casser leur éventuelle interdiction. Il
est certain que si la décision intervient au tout dernier moment cela sera
plus difficile…

-Dans ce même courrier, le Préfet invite les organisateurs du
rassemblement à présenter leurs éventuelles observations.
Voici donc, reproduit dans son intégralité, le courrier de Philippe
Vardon au Préfet Lamy.

-Monsieur le Préfet,
J’accuse ce jour réception de votre courrier, en tant que principal
organisateur du rassemblement « apéro-porchetta rue de Suisse –
quartier halal ça suffit ».
Conformément à votre invitation, je tiens à vous faire part à travers
le présent courrier de plusieurs remarques concernant votre volonté
manifeste d’interdire notre rassemblement.
Vous évoquez comme premier motif le lieu du rassemblement, « à
proximité immédiate d’une salle de prière musulmane ».
Devons-nous comprendre que vous considérez qu’une manifestation ne peut
se tenir devant une salle de prière musulmane ? Les salles de prières ou
mosquées bénéficieraient-elles d’un droit spécial ? En effet, de
très nombreux rassemblements se tiennent régulièrement devant la toute
proche église Notre-Dame, sans que –je crois- vous n’ayez jamais jugé
utile d’en interdire un.
Peut-être pourriez-vous mettre en avant le caractère polémique de notre
rassemblement vis-à-vis des croyances musulmanes ? En effet plusieurs
élus de gauche ayant réclamé auprès de vous l’interdiction de notre
« apéro », ont fait valoir que la consommation de porc constituait une
provocation à l’encontre des musulmans. Cet argument nous semble
particulièrement tortueux, sauf à vouloir imposer les interdits d’une
religion à l’ensemble des citoyens, ou bien dans une certaine zone
autour d’un lieu de culte ? Cela nous semble une logique se situant bien
éloignée du principe de laïcité guidant nos institutions.
Nous pouvons évoquer, en guise d’exemple parallèle et pourquoi pas de
jurisprudence, les « kiss-in », embrassades publiques, organisés par des
associations homosexuelles devant des églises catholiques afin d’y
protester contre les positions du Vatican. Ces rassemblements peuvent
heurter clairement les croyants catholiques, pourtant il n’est jamais
venu à l’idée d’un Préfet de les interdire à ce titre.
Vous considérez ensuite que « l’objet de notre manifestation » serait
« de nature à créer des risques importants de troubles à l’ordre
public ».
Je crains qu’en réalité ce ne soit en effet pas la nature de notre
rassemblement, mais bien le lieu où nous voulons tenir celui-ci, qui pose
problème. Vos services nous ont fait savoir que dans le cas où nous
déplacerions le lieu du rassemblement, celui-ci serait autorisé. Bien
entendu, pour nous cela n’aurait plus aucun sens. Mais nous voulons tout
de même savoir pourquoi ce qui serait possible Place Garibaldi ou rue
Arson ne le serait pas rue de Suisse ? L’égalité républicaine pose
notamment comme principe que la loi s’applique de la même façon sur
l’ensemble du territoire.
Hier, l’Agence France Presse, dans une dépêche consacrée à notre
rassemblement, évoquait dans son titre « un quartier musulman » pour
désigner la rue de Suisse et ses alentours, faisant écho à notre slogan
« Quartier-halal ça suffit ! ». Je ne peux croire qu’un représentant
de l’Etat puisse acter le fait qu’un quartier entier de notre ville se
transforme en ghetto communautaire, en y interdisant finalement un
rassemblement visant justement à dénoncer cette situation.
Enfin M. le Préfet, comme la majorité des Niçois, j’aurais beaucoup
de mal à comprendre cette sévérité à notre égard alors que depuis des
mois, voire des années, vous tolérez sans aucune intervention le blocage
de la rue de Suisse –de manière régulière et répétée- par des
prières musulmanes.
NISSA REBELA

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