Un important trafic d’oiseaux démantelé, une condamnation prononcée

Une intervention judiciaire menée fin janvier 2026 dans le quartier Saint-Roch à Nice a permis la saisie de 45 chardonnerets élégants détenus illégalement. Une affaire révélée après un signalement et une plainte déposée par l’association Stéphane Lamart et ayant conduit à une décision pénale rendue ce 5 février 2026.

L’association Stéphane Lamart « Pour la défense des droits des animaux », association nationale reconnue d’utilité publique par le ministère de l’Intérieur, informe qu’une intervention judiciaire s’est déroulée le vendredi 30 janvier 2026 dès 6 heures du matin dans un appartement situé dans le quartier Saint-Roch à Nice. Cette opération a mobilisé six policiers et ayant conduit à la saisie de 45 chardonnerets.
Cette intervention fait suite à une enquête préalable et à un dépôt de plainte de l’association Stéphane Lamart en décembre dernier. Une descente conjointe des services de police et des agents de l’Office français de la biodiversité avait été menée au domicile d’un particulier niçois sous l’autorité du parquet de Nice pour des faits présumés de détention illicite d’animaux.

Lors de l’opération, les enquêteurs ont découvert environ une centaine d’oiseaux détenus au sein du logement, parmi lesquels figuraient 45 chardonnerets élégants, espèces protégées. L’auteur présumé des faits a été entendu par les services de police dans le cadre de la procédure judiciaire en cours.

En décembre 2025, l’association Stéphane Lamart avait reçu un signalement précis faisant état de la détention massive d’oiseaux sauvages protégés. Des éléments qui, après analyse et constitution d’un dossier, ont conduit à la saisine des autorités compétentes et à l’intervention menée à Nice.

Le chardonneret élégant est une espèce protégée depuis 1981 et le Code de l’environnement interdit strictement la capture, la détention, le transport, la vente et la commercialisation de cette espèce, ces infractions étant passibles de peines pouvant aller jusqu’à 150 000 euros d’amende et trois ans d’emprisonnement.

Cette espèce est particulièrement touchée par un trafic motivé par l’appât du gain, le chardonneret étant recherché pour son plumage aux trois couleurs emblématiques et pour la qualité de son chant. Les oiseaux sont capturés en milieu naturel puis revendus illégalement à des prix pouvant atteindre 100 à 150 euros minimum par individu, alimentant un véritable trafic.

Une décision pénale

Par la suite, une plainte a conduit à une enquête judiciaire diligentée sous l’autorité du parquet de Nice, enquête ayant abouti fin janvier 2026 à une intervention conjointe des forces de l’ordre et de l’Office français de la biodiversité.

Les chardonnerets, victimes d’un trafic alimenté par leur chant et leur valeur marchande, ont pu être pris en charge puis relâchés, mettant fin à leur captivité. Le 5 février 2026, le mis en cause a été placé de nouveau en garde à vue puis déféré devant le procureur de la République dans le cadre d’une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité. L’association Stéphane Lamart s’étant constituée partie civile dans la procédure.

Le magistrat a prononcé six mois d’emprisonnement délictuel avec sursis simple ainsi qu’une amende de 1 000 euros avec sursis, tout en ordonnant l’exclusion du bulletin n°2 du casier judiciaire et la confiscation de la somme de 5 910 euros saisie au domicile de l’auteur des faits.

Par cette décision, la justice adresse un message dissuasif à l’encontre des personnes impliquées ou tentées de s’impliquer dans le trafic d’oiseaux protégés. « Il est impératif que ces pratiques cessent afin que les chardonnerets puissent vivre en liberté sur le territoire national, et ne plus être capturés, enfermés ou marchandisés au nom de l’argent », déclare Stéphane Lamart, rappelant que l’association poursuivra son engagement judiciaire et ses actions de terrain pour lutter contre le trafic de la faune sauvage et faire respecter le droit de l’environnement.

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