Christian Estrosi se défend face aux rumeurs dans l’affaire de la tête de porc

Le maire de Nice Christian Estrosi a pris la parole jeudi 12 mars devant la presse pour répondre aux interrogations liées à l’affaire de la tête de porc découverte devant son domicile fin février. L’élu affirme vouloir « connaître la vérité » et rejette toute implication, alors que l’enquête judiciaire se poursuit et que plusieurs personnes ont été entendues ces derniers jours.

Jeudi 12 mars, Christian Estrosi a organisé un point presse cette après-midi. Une prise de parole surprise qui intervient dans un contexte de rumeurs autour de l’affaire de la tête de porc découverte devant le domicile du maire le 27 février.

L’édile affirme vouloir « tordre le cou à la rumeur ». L’élu demande que l’enquête judiciaire aboutisse rapidement : « je veux une vérité qui plus vite elle arrivera, mieux ce sera. »

La déclaration intervient après plusieurs jours de spéculations autour des investigations en cours. Certaines informations évoquent l’existence de liens entre des personnes entendues par les enquêteurs et l’entourage du maire.

Christian Estrosi rejette toute participation à une quelconque mise en scène : « Peut-on imaginer un seul instant que j’ai pu participer à cette machination ? » a lancé le maire au cours de la conférence de presse.

L’élu a expliqué que les images de vidéosurveillance ont joué un rôle central dans les premières étapes de l’enquête. « Les forces de police, dès les minutes qui ont suivi, ont pu consulter les images et c’est d’ailleurs grâce aux images de mon propre centre de supervision urbain qu’ils ont pu identifié pour tout ou partie un certain nombre de protagonistes. J’ai déposé plainte pour que soient identifiés ceux qui pouvaient être les auteurs de cette manipulation et les identifier », précise Christian Estrosi.

Le maire sortant évoque également les conséquences personnelles de l’affaire. Christian Estrosi se dit « victime d’une machination absolument ignoble » et évoque des répercussions sur sa famille.

Il a également fait comprendre ne plus vouloir s’exprimer publiquement sur cette affaire « tant que la vérité totale et entière ne se sera pas dévoilée », lui qui est toujours en pleine campagne pour les municipales.

Une enquête judiciaire toujours en cours

L’instruction judiciaire ouverte par le parquet de Nice se poursuit. L’enquête porte notamment sur des faits de « provocation publique à la haine ou à la violence à raison de la religion » et de « violences aggravées visant un élu public ».

Mercredi, deux hommes et deux femmes ont été entendus dans ce cadre. Jeudi 12 mars, les deux hommes restent placés en garde à vue.

Selon plusieurs sources proches du dossier, l’hypothèse d’une implication étrangère apparaît désormais écartée par les enquêteurs. Les investigations s’orientent vers une manipulation pouvant provenir de l’entourage politique du maire. À ce stade, aucun élément ne permet d’établir si Christian Estrosi avait connaissance d’une telle initiative.

Plusieurs des personnes entendues sont connues de l’élu. L’un des deux hommes encore en garde à vue est un ancien policier de la Direction de la surveillance du territoire, âgé de 79 ans et aujourd’hui détective privé.

Interrogé sur ces informations, Christian Estrosi critique certaines publications de presse. « Lorsque je vois les rapports, de source anonyme dans la presse, qui disent qu’il y a une personnalité […] qui serait un ancien de la DST rentré dans des mouvements identitaires d’ultradroite être relayés allégrement plus particulièrement par des commentaires d’une presse qui est beaucoup plus favorable dans cette campagne électorale à l’ultra-droite, comme vous je veux connaitre la vérité », déclare le maire de Nice.

Le contexte d’un acte signalé fin février

L’affaire débute le 27 février 2026. Ce jour-là, Christian Estrosi annonce sur les réseaux sociaux la découverte d’une tête de porc accrochée aux grilles du domicile du maire. Une photographie de l’élu est également retrouvée sur place avec une insulte et une étoile de David.

Christian Estrosi qualifie immédiatement l’acte « d’abject ». L’annonce intervient alors que l’élu se présente pour un quatrième mandat lors des élections municipales prévues en 2026.

Dans les jours qui suivent, plusieurs hypothèses circulent publiquement. La piste d’un acte antisémite est évoquée. L’idée d’une ingérence étrangère apparaît également dans les débats.

L’enquête évolue ensuite avec l’interpellation de deux hommes de nationalité tunisienne. L’analyse du téléphone de l’un des suspects révèle des communications avec une proche collaboratrice du maire de Nice.

Face à ces éléments, Christian Estrosi avait évoqué publiquement des « barbouzeries » et une tentative d’infiltration de la campagne municipale. L’élu mettait en cause la sphère d’extrême droite en citant le nom de Pierre-Édouard Stérin.

L’entrepreneur français annonçait ensuite, par la voix d’un avocat, le dépôt d’une plainte pour diffamation contre Christian Estrosi.

Les deux hypothèses avancées par l’avocat

Ce jeudi 12 mars, Christian Estrosi est apparu aux côtés de l’avocat Me Gérard Baudoux qui figure sur la liste municipale conduite par le maire sortant.

Me Gérard Baudoux indique respecter le secret de l’instruction. L’avocat confirme néanmoins l’existence d’une « tentative d’infiltration » dans l’entourage politique du maire de Nice.

« Nous souhaitons que les commanditaires soient identifiés. Mais ni de près ni de loin, il ne peut s’agir de mon client. Il y a deux hypothèses, les gens qui ont infiltré certains collaborateurs de Christian Estrosi l’ont fait à dessein pour lui nuire. La deuxième hypothèse : ils ont fait des choses sans que mon client ne soit au courant. »

Avant de conclure la conférence de presse, Christian Estrosi a formulé une dernière interrogation : « quels sont les risques qui pèsent sur la ville de Nice si on tente de manipuler la ville, son maire et une partie de son administration ? »

L’instruction ouverte le 6 mars par le parquet de Nice porte également sur les chefs d’« accès frauduleux dans un système de traitement automatisé de données à caractère personnel » et d’« association de malfaiteurs en vue de la commission de délits ». L’enquête se poursuit afin d’identifier les auteurs et d’éventuels commanditaires de l’opération.

NicePremium est un média local indépendant et gratuit.
Pour nous aider à continuer, vous pouvez soutenir notre travail à partir de 5 € par mois.

Soutenir NicePremium