À l’approche des élections municipales de mars 2026, l’association Nice à Vélo a publié un site consacré aux positions des candidats sur les mobilités actives. L’outil permet de comparer les engagements autour de trente mesures liées au vélo, à la sécurité routière et à l’organisation des déplacements dans la métropole.
À quelques mois du scrutin municipal, l’association Nice à Vélo souhaite éclairer le débat sur les mobilités actives. L’organisation met en ligne un site d’analyse consacré aux positions des candidats et candidates sur le développement du vélo dans la métropole.
Le dispositif repose sur un questionnaire intitulé « Une Métropole cyclable en 2030, sûre et accessible à toutes et à tous ». Les équipes de campagne ont été invitées à se prononcer sur trente propositions concernant l’aménagement de l’espace public, la sécurité, les services liés au vélo ou encore la gouvernance des politiques de mobilité.
Chaque proposition donne lieu à un positionnement précis. Trois catégories sont retenues : engagement plein, engagement partiel ou opposition. Ce système permet d’établir un score sur 30. Le site propose ensuite une fiche détaillée pour chaque candidat comprenant le score global apparaît en tête et une analyse. Un tableau récapitulatif permet également de consulter les positions sur chacune des mesures.
Nice à Vélo explique vouloir proposer une information transparente et contextualisée afin de permettre aux électeurs de comparer les orientations proposées pour les prochaines années.
Trente propositions autour de la sécurité et du réseau cyclable
Les mesures analysées couvrent plusieurs domaines. Un premier ensemble concerne la sécurité et l’apaisement de la circulation. L’association évoque notamment l’objectif de généraliser les zones 30 dans les quartiers d’ici 2030. Les propositions incluent aussi la création de rues scolaires lorsque cela est possible, afin d’apaiser les abords des établissements.
D’autres mesures portent sur la cohabitation entre les différents usagers de la route. Nice à Vélo propose par exemple la création d’un Code de la Rue afin de clarifier les règles de circulation. L’association évoque également l’objectif de « Vision Zéro », qui vise à atteindre zéro mort et zéro blessé grave sur la voirie.
Le questionnaire aborde aussi l’aménagement d’un réseau cyclable structurant. La création d’un Réseau Express Vélo à l’échelle métropolitaine figure parmi les propositions. Les mesures portent également sur la continuité des itinéraires cyclables, la sécurisation des grands axes et l’amélioration des intersections pour les piétons et les cyclistes.
Les services liés au vélo constituent un autre volet. L’association évoque le développement de la location longue durée, l’amélioration de la signalisation ou encore l’intégration du vélo dans l’information voyageurs des transports en commun. La question de l’intermodalité apparaît également. Certaines propositions concernent l’emport de vélos dans les tramways sous conditions ou l’installation de racks sur certaines lignes de bus vers le moyen et le haut pays.
Le questionnaire aborde enfin la diffusion d’une culture du vélo. La généralisation du programme Savoir Rouler à Vélo dans les écoles figure parmi les mesures. Le développement de l’apprentissage du vélo pour les adultes ou la formation des agents publics au partage de la route apparaissent aussi dans les propositions.
Des écarts entre les candidats niçois
À Nice, plusieurs candidats ont répondu aux propositions de l’association. Les scores obtenus varient selon les positions exprimées.
Juliette Chesnel-Le Roux obtient un score de 29,5 sur 30. Les réponses traduisent un soutien marqué aux propositions de Nice à Vélo. Les engagements portent notamment sur l’apaisement de la circulation, la sécurisation des grands axes et la continuité des itinéraires cyclables. Le programme prévoit aussi un plan de développement des mobilités actives, avec un renforcement des aménagements et une garantie de continuités cyclables et piétonnes entre quartiers et centre-ville. La candidate évoque également une refonte du service de vélos en libre-service afin de le rendre plus accessible ainsi que la mise en place d’un système de location longue durée avec option d’achat. La piétonnisation des abords d’écoles et la sécurisation des trajets domicile-école figurent aussi parmi les orientations.
Mireille Damiano atteint le score maximal avec 30 sur 30. La candidate s’engage sur l’ensemble des mesures proposées par l’association. Le projet présenté vise notamment à porter la part modale du vélo à 12 % d’ici 2032, contre 2 à 3 % aujourd’hui. Les engagements incluent la création d’un réseau cyclable structurant et continu sur les grands axes ainsi que la suppression des points noirs. La généralisation des zones 30 et la piétonnisation des abords des écoles font également partie des orientations. Le projet prévoit la création de 20 000 places de stationnement vélo, dont 10 000 sécurisées, ainsi que l’équipement des stations de tram et des gares. La candidate évoque aussi le développement d’un service public de vélos en libre-service et la création d’un service de location longue durée.
Christian Estrosi obtient un score de 22,5 sur 30. Le maire sortant met en avant le bilan du Plan Vélo 2021-2026. Christian Estrosi évoque « 70km supplémentaires réalisés [à l’echelle de la Métropole] et une fréquentation en hausse ». L’observatoire citoyen de Nice à Vélo comptabilise pour sa part 29,2 kilomètres supplémentaires à Nice. Pour le prochain mandat, Christian Estrosi privilégie la connexion et la sécurisation du réseau existant. Le programme évoque aussi un renforcement de l’apprentissage du vélo et une aide à l’achat pour les jeunes. Le candidat s’oppose en revanche aux doubles-sens cyclables, bien que ces aménagements soient prévus par défaut dans les voies limitées à 30 km/h ou moins par le Code de la route depuis 2008. Christian Estrosi s’oppose également à l’emport de vélos dans les tramways et les bus, en évoquant des contraintes de capacité et de sécurité.
Éric Ciotti obtient un score de 20,5 sur 30. Les réponses traduisent un soutien limité à certaines propositions. Le candidat ne s’engage pas pleinement en faveur de la création d’un Réseau Express Vélo métropolitain. Le projet évoque notamment l’aménagement de « coulées bleues » le long du Paillon et du Var, avec des pistes bidirectionnelles. Une étude pour relancer le service Vélo Bleu et un projet de « réconfiguration et de sécurisation de la Promenade » figurent aussi parmi les orientations. Éric Ciotti conditionne toutefois la création de nouvelles pistes cyclables à la préservation du stationnement automobile et à l’absence d’impact sur la circulation motorisée.
D’autres candidats à l’élection municipale n’ont pas pris part à cette démarche à ce stade. Cédric Vella, Estelle Jaquet et Céline Forjonnel n’ont pas participé à cette analyse des positions sur les mobilités actives.
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