L’ONG Surfrider a adressé une lettre aux listes engagées dans les municipales de Nice (hors extrême droite). L’organisation souhaite obtenir des positions précises sur l’aménagement du littoral, dans un contexte marqué par la multiplication des tempêtes et la progression du niveau marin. Cette démarche s’inscrit dans une campagne nationale menée auprès de plusieurs communes côtières.
L’ONG Surfrider a choisi d’interpeller directement les candidat(es) niçois(es). La fondation rappelle que les premiers mois de 2026 ont été marqués par les tempêtes Goretti et Nils, dont les effets ont touché de nombreux secteurs du littoral français.
Les projections Climadiag montrent une hausse du niveau de la mer à Nice dans les prochaines décennies. Les phénomènes extrêmes devraient devenir plus fréquents d’ici 2050. Cette évolution place les collectivités face à des choix structurants. Le prochain mandat municipal couvrira une période où les effets du changement climatique devraient s’intensifier. Rappelons que le département des Alpes-Maritimes n’a pas été épargné ces dernières années par des phénomènes météorologiques de grande ampleur.
Dans la lettre envoyée aux listes, Surfrider insiste sur la portée des décisions locales. Adeline Plé, chargée de plaidoyer local pour Surfrider Foundation, rappelle que « le mandat municipal engage les communes pour six ans, une période critique au regard de l’accélération des impacts climatiques. Les choix faits aujourd’hui conditionnent l’exposition aux risques de demain. » L’organisation souhaite obtenir des engagements lisibles sur les orientations envisagées pour le littoral niçois.
Cette interpellation s’inscrit dans une action menée auprès de 24 communes côtières. Surfrider s’appuie sur dix recommandations présentées lors de la conférence « Municipales 2026 – Quel avenir pour nos littoraux ». L’objectif est d’encourager l’intégration de mesures adaptées dans les programmes municipaux. L’ONG met en avant la nécessité d’un aménagement pensé « avec l’Océan, et non contre lui ».
Les solutions fondées sur la nature
Surfrider valorise les solutions fondées sur la nature (SfN) comme leviers d’adaptation. Cette approche repose sur la restauration ou la préservation d’écosystèmes côtiers capables de réduire les risques liés aux tempêtes, à l’érosion ou à la montée des eaux. Les dunes, marais, récifs, plages ou herbiers marins jouent un rôle dans la dissipation de l’énergie des vagues, la stabilisation des sédiments ou la filtration des eaux.
Le système plage‑dune constitue un exemple central. La végétalisation stabilise le sable et limite les déplacements dunaire. Lors d’un épisode tempétueux, une partie du sable migre vers la plage et absorbe l’énergie des vagues. En période calme, le vent ramène progressivement ce sable vers la dune. Ce mécanisme assure une adaptation continue aux aléas, sans intervention mécanique.
Les SfN présentent plusieurs bénéfices complémentaires :
- Biodiversité : les milieux restaurés deviennent des habitats pour de nombreuses espèces et des zones de reproduction ou d’alimentation.
- Climat : les mangroves, herbiers marins ou prés salés stockent du carbone dans leur biomasse et leurs sédiments. Ce « carbone bleu » contribue à l’atténuation du changement climatique.
- Qualité de l’eau : la végétation filtre les polluants et améliore la qualité des eaux côtières, un enjeu important pour les communes touristiques.
- Usages : les espaces naturels littoraux offrent des lieux de détente et favorisent les activités physiques en plein air.
La mise en œuvre de ces solutions demande une connaissance fine des écosystèmes et une planification à long terme. Les collectivités doivent intégrer ces approches dans leurs documents d’urbanisme et leurs stratégies d’aménagement. Les SfN ne constituent pas une réponse unique, mais elles représentent un outil important pour renforcer la résilience des territoires.
Surfrider souhaite que les candidat(es) niçois(es) précisent leur position sur ces orientations. La ville fait face à des enjeux liés à la protection des plages, à la gestion des zones urbanisées proches du rivage et à la préservation des espaces naturels. Les décisions prises dans les prochains mois auront des effets durables sur l’organisation du littoral et sur la sécurité des habitant·es.
La démarche de l’ONG vise à inscrire ces questions dans le débat municipal. Les programmes devront répondre à des attentes croissantes en matière d’adaptation climatique. Cette interpellation cherche à obtenir des engagements clairs sur un sujet devenu structurant pour l’avenir du territoire.
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