Municipales 2026 à Nice : Xavier Garcia jette l’éponge, une nouvelle liste débarque

La campagne des municipales 2026 à Nice s’intensifie. Retraits de candidatures, prises de position publiques, annonces programmatiques et échanges à distance structurent l’actualité politique locale. Chaque liste avance ses arguments, précise ses lignes et marque ses désaccords. Tour d’horizon, candidat par candidat.

Xavier Garcia (Place République)

Xavier Garcia a annoncé le retrait de la liste Place Publique à Nice, deux semaines après le lancement de la candidature. Cette décision intervient après des échanges avec Raphaël Glucksmann et un dialogue renoué avec la liste Unis pour Nice et les partis qui la composent. Le retrait est présenté comme un choix politique visant à éviter un risque d’élimination de la gauche dès le premier tour et une victoire du RN et de ses alliés. Dans un communiqué, Xavier Garcia précise : « nous comprenons néanmoins les inquiétudes qui ont été exprimées au sujet d’un risque majeur d’élimination de la gauche dès le premier tour et d’une victoire du RN et de ses alliés le 22 mars. »
Aucune consigne de vote n’est donnée. La position est clairement exprimée : « Place Publique 06 n’apportera son soutien à aucune liste à Nice d’ici le 1ᵉʳ tour. » Le retrait n’est pas présenté comme un ralliement. Le désaccord persiste sur plusieurs points jugés fondamentaux, notamment les fusions potentielles et la représentation politique.

Juliette Chesnel-Le Roux (Unis pour Nice)

Juliette Chesnel-Le Roux a pris la parole sur le plateau de Bonjour la Côte d’Azur afin de clarifier des propos attribués à Xavier Garcia concernant un potentiel accord de second tour avec la liste de Mireille Damiano. La réponse est directe : « y a assez peu de chances qu’on le fasse. » La tête de liste évoque l’hypothèse d’une quadrangulaire jugée peu cohérente dans certaines configurations électorales.
La position est ensuite précisée sans ambiguïté : « non, il y a pas eu discussion avec la liste de Mireille Guy de Damiano. » Les échanges mentionnés concernent des associations et des militants souhaitant une union dès le premier tour. La ligne politique revendiquée repose sur une campagne autonome, orientée vers l’accès au second tour. L’objectif est assumé : convaincre sur un programme, sans « tractations d’appareils. »

La liste Unis pour Nice porte également plusieurs propositions, notamment sur le Carnaval de Nice, afin de le rendre plus populaire, écologique et accessible, ainsi qu’un soutien affirmé aux personnels du CHU de Nice mobilisés pour demander de meilleures conditions de travail.  « Il faut des agents bien payés, des conditions de travail correctes et des augmentations de salaire », a déclaré Julien Picot avant que Juliette Chesnel-Le Roux ne poursuive : « l’hôpital fait partie de la responsabilité du maire, qui est aussi président du CHU. »

Céline Forjonnel (Nice Démocratie Directe)

Céline Forjonnel a été présentée comme tête de liste « Nice Démocratie Directe » pour les municipales de 2026. La candidature est issue d’une assemblée citoyenne organisée par l’association AC! Nice. Le choix résulte d’un vote, avec « 28 voix sur une cinquantaine de votants. » La liste se revendique sans étiquette politique et fondée sur la démocratie directe. Le projet place la participation des habitants au centre des décisions municipales, via des assemblées citoyennes, des pétitions et des référendums locaux. La critique porte sur le fonctionnement actuel du conseil municipal, où les oppositions disposent « seulement une minute de parole. » Les priorités annoncées concernent l’agriculture locale, l’écologie, le logement et l’autonomie énergétique de la commune. La démarche repose sur une construction collective du programme et une campagne de terrain, axée sur les rencontres avec les habitants, les commerçants et les acteurs locaux.

Hélène Granouillac (Vivre Nice)

Hélène Granouillac a présenté le programme de la liste Vivre Nice lors d’une conférence de presse. Le projet s’articule autour de quatre axes : économie, transition climatique, sécurité et bien-être. Le logement est placé au centre des priorités, avec un constat posé publiquement : « Nice est la ville de France au plus fort taux de suroccupation. » Les propositions incluent la transformation de bureaux vacants en logements, un encadrement renforcé des locations touristiques et une attention portée aux résidences secondaires dans un contexte de stress hydrique.

La mobilité repose sur le développement des transports en commun et des pistes cyclables, avec un refus affiché de la gratuité totale : « Rien n’est gratuit, il y a du personnel et des équipements à entretenir. »

La sécurité est abordée par le prisme de la présence humaine et de la prévention. Le programme inclut aussi l’égalité femmes-hommes, la création de foyers pour jeunes travailleuses et des mesures environnementales liées au tourisme et à l’espace public.

Eric Ciotti (Le meilleur est à venir)

Eric Ciotti a lancé le collectif « Les Niçoises avec Ciotti » lors d’un rassemblement organisé au Jazz Club Le Shapko. L’événement a réuni environ 250 personnes et a été marqué par l’annonce de l’arrivée de Zara Boutayeb sur la liste municipale, nommée déléguée aux droits des femmes. Cette annonce s’accompagne de mesures concernant l’hébergement d’urgence, les transports en commun et l’accueil de la petite enfance.

Le constat posé porte sur les violences faites aux femmes, avec des données chiffrées nationales et départementales. Plusieurs dispositifs sont annoncés, dont le doublement des places d’hébergement d’urgence et un arrêt à la demande dans les bus après 21 heures.

La semaine a aussi été marquée par le soutien public de Martine Médecin. Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux de campagne, la fille de l’ancien maire de Nice déclare : « Eric Ciotti fera un excellent maire de Nice, et ajoute, il apporte quelque chose à cette ville, quelque chose qui manque, une âme. »

Christian Estrosi (Tous pour Nice)

Christian Estrosi était au cœur de plusieurs séquences politiques cette semaine. Une lettre adressée au préfet des Alpes-Maritimes par Marc Concas, membre de l’équipe de campagne, attire l’attention sur la situation de Pierre Ippolito, colistier du RN. Le courrier s’appuie sur l’article L.231 du code électoral et évoque une situation comparable à celle ayant conduit au retrait du président de l’OGC Nice, Jean-Pierre Rivère. La lettre affirme que Pierre Ippolito exerce des responsabilités au sein de sociétés titulaires de marchés publics liés à la ville de Nice et à la Métropole. Les activités mentionnées concernent notamment la logistique du Carnaval et le traitement des déchets. Le courrier conclut que cette situation entre dans « le champ des incompatibilités et inéligibilités prévues par le code électoral. »

Autre séquence, un message de Dominique Estrosi Sassone critique l’annonce d’Eric Ciotti concernant le rôle de Zara Boutayeb au sein de l’école de la deuxième chance expliquant que celle qui a été nommée comme déléguée aux droits des femmes n’y a « jamais exercé quelque mission que ce soit. »

Enfin, Christian Estrosi a communiqué sur la pétanque à Nice, avec des engagements portant sur la couverture de clos et le financement de licences pour certains publics.

Nathalie Dloussky (Ensemble pour la grandeur de la France)

Nathalie Dloussky a publié une prise de position très critique envers la droite niçoise et les figures de Christian Estrosi et Eric Ciotti. Le texte évoque une « déroute démocratique », une abstention massive estimée et une remise en question de la représentativité municipale. La candidate dénonce une polarisation jugée stérile et affirme que « 43 % des Niçois veulent une vraie alternative. »
La liste « Ensemble pour la grandeur de la France » est présentée comme une alternative souverainiste, axée sur la gestion municipale, la maîtrise budgétaire et l’écoute des habitants. Le discours insiste sur l’absence de hausse d’impôts et sur des économies ciblées dans le fonctionnement de la mairie.

Nathalie Dloussky a également tenu à clarifier publiquement l’absence de tout lien avec Jean-Claude Wahid Spach-Kamel, rejetant fermement toute ambiguïté. « Il n’est absolument pas acceptable, et je le souligne en tant que présidente d’un parti de droite souverainiste, de soutenir un quelconque soutien à l’apologie du terrorisme qui ne correspond absolument pas aux valeurs qui m’animent », a-t-elle déclarée.

Mireille Damiano (Nice Front Populaire)

Mireille Damiano a présenté ses colistiers de la liste Nice Front Populaire lors d’un rassemblement place Saint-Roch. Le projet s’intitule « La ville que nous voulons » et revendique une autre manière de faire de la politique. La composition de la liste est décrite comme diverse, locale et issue de l’engagement associatif, syndical et citoyen.

La ligne politique est clairement posée. La tête de liste précise : « nous ne voulons plus ni d’Estrosi et de sa quatrième mandature, ni de Ciotti et de l’extrême droite radicale qu’il représente. »

Le Nice Front Populaire a également porté des propositions pour sortir du surtourisme. Le discours évoque la pression touristique, la pollution, les locations de courte durée et l’impact sur la vie quotidienne. La concertation avec les acteurs du secteur est mise en avant, avec une volonté affichée de diversification économique.

Jean Marc Governatori (Écologie au centre)

Jean Marc Governatori a interpellé publiquement Christian Estrosi et Eric Ciotti sur l’absence de propositions concernant une panne durable d’électricité ou d’internet. Le message critique un face-à-face jugé stérile et appelle à une politique d’anticipation.

Plusieurs pistes sont avancées : autonomie solaire des antennes relais, retour de cabines téléphoniques solaires dans chaque quartier et téléphones fixes collectifs dans les immeubles. Ces propositions sont présentées comme des mesures de protection civile et de continuité des communications.

Le message conclut sur une définition du rôle politique local : « gouverner c’est prévoir, agir, protéger et informer. » La liste Écologie au centre inscrit ces propositions dans une approche axée sur la résilience et la sécurité collective.

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