Municipales 2026 à Nice : une campagne sous tension à moins d’un mois du vote

À quelques semaines du premier tour, les listes multiplient annonces, meetings et prises de position. Sécurité, logement, sport, démocratie locale et polémiques judiciaires structurent le débat. Tour d’horizon des candidats, dans l’ordre des listes.

Cédric Vella (Reconquête)

Très discret depuis le début de la campagne, Cédric Vella a confirmé le dépôt d’une liste Reconquête en préfecture. Sur le plateau de BFM Nice, Cédric Vella a déclaré : “je suis juste chef d’entreprise et père de famille, donc ça me prend beaucoup de temps. Je ne vis pas de la politique, donc la campagne, on l’a débutée depuis quand même fort longtemps. Je vous rappelle que c’est Sarah Knafo qui m’a investi en mars dernier. Donc on y est. La liste, je vous l’annonce, j’ai rendez-vous en préfecture en fin de semaine, donc elle sera bel et bien déposée. Il y aura bien une candidature, la mienne, et donc une liste Reconquête.”

Un sondage crédite la liste de 4 % des intentions de vote. Cédric Vella a réagi : “Ce que je constate, c’est qu’Éric Ciotti est à 41 %, moi à 4, donc il y a toujours bien sûr une marge d’erreur. Moi, personnellement, je pense que je suis donné un petit peu trop bas par rapport à la réalité. Mais ce qui est clair, c’est que les Niçois veulent tourner la page. Le camp national, à lui seul, représente 45 % des voix au premier tour. Je ne sais pas si on s’en rend compte quand même. Donc c’est la preuve qu’on veut tourner la page d’Estrosi et que les Niçois sont prêts à cela. Rendez-vous le 15 mars.”

Sur le positionnement avec le RN, Cédric Vella a affirmé : “ah oui, c’est le camp de la France, en effet. Oui, le camp national.”

Parmi les propositions : deux heures de stationnement gratuit par jour, trois heures le samedi, renfort de la police municipale et arrêt de toute construction de logements sociaux. Cédric Vella a déclaré : “les logements sociaux, c’est un changement de population qui s’effectue dans certains quartiers. Je ne dis pas ça pour la formule, c’est une réalité. Je ne construirai plus aucun logement social à Nice.

Christian Estrosi (Tous pour Nice)

Christian Estrosi a continué la présentation des grandes lignes de son projet municipal. Le discours a porté sur le bilan financier, la sécurité, le logement, la culture et la transition climatique. Christian Estrosi a revendiqué « l’indépendance » de Nice et a accusé « un opposant » d’avoir « trahi » son camp politique, estimant qu’« il trahira Nice comme il a trahi les siens. » Christian Estrosi a appelé à « ne pas mélanger politique nationale et projet communal. »

Selon lui le patrimoine municipal et métropolitain aurai presque doublé ses dernières années passant de 4,6 à 7,8 milliards d’euros. Un objectif de 40 millions d’euros d’économies supplémentaires est annoncé. Christian Estrosi a déclaré : « chaque point de croissance supplémentaire sera un point de fiscalité rendu aux Niçoises et aux Niçois. »

La création des lignes T4 et T5 ont été également confirmées. Un objectif de 10 000 logements planifiés est maintenu. Une réduction de 50 % des locations touristiques dans certains quartiers est annoncée. « Je veux un tourisme choisi et pas un tourisme subi », a déclaré Christian Estrosi.

Sur la sécurité, le passage de 6 800 à 10 000 caméras est annoncé. Les effectifs de police municipale passeraient de 680 à 1 000 agents. Une application baptisée « Vigilis » est prévue.

Concernant Pierre Ippolito, l’équipe de campagne par la voix de Marc Concas précise : « le tribunal a simplement rappelé une règle constante : le préfet ne contrôle que la régularité formelle des listes. » Un autre communiqué indique : « oui, il peut être candidat. Mais s’il est élu, son éligibilité sera examinée et son inéligibilité manifeste sera prononcée. »

Au Musée National du Sport, à l’Allianz Riviera, Christian Estrosi a présenté dix mesures pour le sport. Un Palais des sports de 3 000 places à Auvare et un stade de rugby de 12 500 places aux Arboras sont annoncés. Une Maison Sport-Santé de 1 000 m² est prévue. Le doublement des « coupons sport » est également annoncé.

Juliette Chesnel-Le Roux (Unis pour Nice)

La liste Unis pour Nice a tenu un meeting à l’hôtel Anantara Plaza. L’une des chefs de file de la gauche, Marine Tondelier, a qualifié Éric Ciotti « d’ennemi de l’intérieur […] Les gens qui veulent affaiblir la France et détruire l’Europe appellent à voter le RN, les amis de Ciotti (ndlr : allié au RN depuis 2024). Ils sont la cinquième colonne, les ennemis de l’intérieur de la France et de l’Europe. » Marine Tondelier a aussi déclaré : « ces années de gouvernement Macron, soutenues par Estrosi, conduisent le pays dans une direction très mauvaise. »

Juliette Chesnel-Le Roux a rappelé les six axes du programme : pouvoir d’achat, logement, sécurité, transports, écoles et environnement. Concernant les transports elle a ajouté : « la ligne 5 est attendue depuis 25 ans. » L’extension vers l’Ariane et la Vallée du Paillon est défendue. L’encadrement des loyers est proposé. « Chaque Niçois doit pouvoir vivre dignement, se déplacer, se loger sans subir les effets du surtourisme et de la spéculation immobilière. »

Julien Picot N°2 de la liste a déclaré : “à l’heure où la campagne municipale entre dans une phase décisive, j’en appelle à la responsabilité de toutes celles et ceux qui se reconnaissent dans les valeurs de la gauche, de l’écologie et du progrès social.” Puis : “Chaque voix comptera dès le premier tour.”

La liste affirme : « nous ne nous retirerons pas au second tour. »

Nathalie Dloussky (Ensemble pour la grandeur de la France)

Nathalie Dloussky présente un programme intitulé Nice 2060. Deux mesures concernent les étudiants. D’abord, 200 chambres gratuites dans cinq EHPAD en échange de 20 heures d’animation mensuelle. Coût annoncé : 15 millions d’euros par an. Ensuite, parkings à 1 euro par jour et pass transports à 180 euros par an. Coût estimé : 18 millions d’euros.

Sur la caserne Auvare, un projet de 200 logements intergénérationnels est détaillé. 80 studios pour jeunes, 80 T2 pour seniors, 40 logements pour familles modestes. Un tiers-lieu de 3 000 m² est prévu. Un restaurant solidaire et un parcours sportif extérieur de 4 000 m² complètent le dispositif.

Une gestion paritaire 50/50 Ville-Occupants est annoncée. Le financement global est estimé à 42 millions d’euros. Nathalie Dloussky évoque 280 emplois et lance une pétition RIC Auvare.

Eric Ciotti (Le meilleur est à venir)

Jean-Marc Governatori a rejoint la liste d’Éric Ciotti. Le candidat UDR estime que Jean-Marc Governatori incarne « une écologie concrète, non idéologique. »

Après l’ouverture d’une enquête préliminaire sur des achats de masques, Éric Ciotti a dénoncé une situation « d’une gravité inédite et exceptionnelle. » Le député a déclaré : « si ces faits se confirmaient, nous ferions face à un scandale d’une exceptionnelle gravité. Un scandale financier, un scandale de santé, un scandale politique. »

Deux demandes sont formulées : « un dépôt de plainte avec constitution de partie civile » et « la totale transparence. » Éric Ciotti conclut : « Nul n’a le droit de compromettre sans conséquence la santé des Niçois. Nous ne le laisserons pas se produire. »

Un sondage de Cluster 17 pour Politico place Éric Ciotti en tête. Le tribunal administratif a annulé le refus d’enregistrement visant la liste. La liste affirme que « Pierre Ippolito peut pleinement être candidat et figurer sur la liste conduite par Éric Ciotti. »

Hélène Granouillac (Vivre Nice)

À Rauba Capeu, Hélène Granouillac a présenté un projet de sanctuaire marin pour les orques et dauphins de Marineland. Hélène Granouillac estime que les décisions ministérielles constituent « un non-événement » et que « tous les choix qui ont été faits ne vont pas dans la bonne direction. »

Un corridor sous-marin de 400 à 500 mètres est proposé vers un sanctuaire situé entre 800 mètres et un kilomètre au large. Les animaux resteraient sous supervision scientifique et vétérinaire. Le coût est évalué à plusieurs millions d’euros.

Une reconversion vers un dispensaire marin et un espace pédagogique est envisagée. « Aucune fin mercantile, commerciale » est annoncée. Des fonds européens et des mécènes sont évoqués pour la réalisation de ce projet.

Mireille Damiano (Nice Front Populaire)

À Saint-Roch, la liste Nice Front Populaire a tenu un meeting en présence de Manon Aubry. Mireille Damiano a défendu une rupture avec la gestion actuelle et a ciblé Christian Estrosi et Éric Ciotti.

Manon Aubry a déclaré : « il ne faut jamais instrumentaliser un drame humain à des fins partisanes. La justice doit faire son travail. »

Sur l’union de la gauche, Mireille Damiano a affirmé : « depuis le début, nous avons proposé une alliance et cette promesse, nous la tiendrons. » La candidate précise : « il n’y aura pas de désistement au second tour, quoi qu’il advienne. »

Céline Forjonnel (Nice Démocratie Directe)

La liste Nice Démocratie Directe finalise sa liste de 69 colistiers. pour rappel la date limite de dépôt des candidatures est fixée au 26 février 2026. Sylvie Bonaldi déclare : « la seule difficulté à ce stade, c’est que même si nous sommes motivés, la candidature doit être validée par l’assemblée citoyenne pour savoir si chacun figure sur la liste. »

Le programme repose sur trois axes : démocratie participative, transparence et autonomie locale. Des conseils de quartier décisionnels, des référendums locaux et des votations consultatives sont proposés.

Sur les alliances, Sylvie Bonaldi indique : « au second tour, on pourra peut-être discuter avec la gauche si les autres listes sont en accord avec notre idée de démocratie directe et de débat ouvert. » La conseillère municipale d’oppostion ajoute : « nous, on est prêt à débattre de tous les sujets. Le débat manque dans certains partis. Il faut que ces gens viennent à nous pour que ça se fasse correctement. »

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