Municipales 2026 à Nice : un débat marqué par les tensions

Quatre candidats ont débattu lundi soir sur le plateau d’Ici Côte d’Azur. Les thèmes urbains, fiscaux et sécuritaires ont provoqué des échanges vifs. La campagne se caractérise par un climat tendu et des divergences marquées entre les postulants.

Le débat a réuni Mireille Damiano (Nice Front Populaire), Juliette Chesnel‑Le Roux (Unis pour Nice), Eric Ciotti (Tous avec Eric Ciotti) et Christian Estrosi (Tous pour Nice). Pendant près d’1h30, les candidats ont confronté leurs visions sur la ville. Les projets urbains et culturels ont concentré une part importante des interventions très souvent perturbés par des prises de bec dont on se serait bien passé.

Mireille Damiano a plaidé pour « une meilleure cohérence des grands projets et une prise en compte accrue des risques environnementaux. » La tête de liste Nice Front Populaire a mis en avant la nécessité de planification et de sécurité pour les constructions futures.

Juliette Chesnel‑Le Roux a présenté plusieurs propositions pour le quartier d’Auvare : « Il faut faire des travaux dans les écoles, c’est notre priorité ». La candidate Unis pour Nice a proposé un palais des congrès, un quartier d’affaires et un théâtre. Elle souhaite également transférer le commissariat de l’Est sur le site de l’ancien hôpital Saint-Roch, libérant 29 000 m² dans le quartier Vauban pour des projets culturels et éducatifs.

Eric Ciotti a critiqué la gestion des projets culturels précédents et annoncé : « nous ferons une salle de théâtre dans la gare du Sud, avec la plus grande capacité possible. » Le député s’est présenté comme un maire aménageur capable de rassembler différents courants politiques à Nice.

Christian Estrosi a défendu son bilan et les chantiers déjà engagés : « lorsque j’ai pris cette ville, elle avait 15 ans de retard. Monsieur le député a soutenu chacun de mes projets. » Il a rappelé ses contributions en matière de baisse du chômage et d’investissements dans les infrastructures, notamment les lignes de tramway.

Fiscalité, logement et transports au centre des débats

La question de la fiscalité a provoqué des échanges soutenus. Sur le sujet de l’augmentation de la taxe foncière de 19,6 % à Nice, Eric Ciotti a promis : « les impôts baisseront, si je suis élu une nouvelle délibération supprimera l’augmentation. » Christian Estrosi a répondu en justifiant les hausses par les investissements dans les transports et a cité les chiffres du réseau Lignes d’Azur : « entre 2008 et aujourd’hui, nous sommes passés de 50 à 150 millions d’usagers par an. »

Sur le logement, Juliette Chesnel‑Le Roux a dénoncé la pression d’Airbnb : « le prix du foncier a explosé, parce qu’on n’a pas assez de logements à Nice. Les Niçois ne peuvent pas se loger, il y a 14 000 Airbnb. » Christian Estrosi a évoqué la loi SRU et les 1 200 logements à produire chaque année, tandis qu’Eric Ciotti a rappelé la dette cumulée : « on a une dette qui atteint les deux milliards et demi d’euros. »

Le tramway a été au cœur des échanges. La ligne 5 doit desservir l’Ariane et la ligne 4 relier Nice à Cagnes-sur-Mer. Plusieurs candidats défendent la gratuité partielle ou totale. Mireille Damiano a déclaré : « il y a un aspect écologique important, il faut que la voiture soit laissée de côté. » Juliette Chesnel‑Le Roux a proposé la gratuité pour tous les Niçois, tandis que Christian Estrosi veut l’accorder aux enfants et aux retraités. Eric Ciotti s’est montré plus sceptique sur la création de la ligne 5 et souhaiterait privilégier l’utilisation du bus dans certaines communes comme à Cagnes.

Sécurité et tensions personnelles

Si le climat de la campagne a été décrit comme tendu, Mireille Damiano a estimé : « j’ai tendance à dire [que la campagne] est assez indélicate vis-à-vis des Niçois. » Éric Ciotti lui a répondu : « nous pouvons débattre, que le débat soit rugueux c’est quelquefois le sel de la démocratie. »

La confrontation entre Christian Estrosi et Éric Ciotti a donné lieu à de vives prises de bec. Le maire sortant a déclaré : « vos mensonges je les connais », tandis que le député a répliqué en évoquant des frais de séjour : « vos factures de l’hôtel de Mercure… » Juliette Chesnel‑Le Roux a souligné leur proximité passée : « Christian Estrosi a fait Eric Ciotti. C’est la même droite. »

Sur le plan de la sécurité, les divergences ont été claires. Juliette Chesnel‑Le Roux souhaiterait davantage de policiers municipaux et un rôle plus clair entre police nationale et municipale : « ce sujet est maltraité, il est traité comme de la communication, hors c’est un sujet vraiment sérieux. » Éric Ciotti a rappelé l’insuffisance de policiers sur le terrain : « en réalité, chaque jour, il n’y a pas plus de 50 policiers présents sur le terrain. » Christian Estrosi défend son bilan : « j’ai pris cette ville, il y avait 150 policiers municipaux, aujourd’hui il y en a 600 » et vise 1 000 agents dans les prochaines années.

Les échanges ont montré des positions très contrastées sur les grands projets, la fiscalité et la sécurité. Les candidats ont exposé des visions différentes pour la ville et son développement. La confrontation a mis en évidence l’importance de ces thématiques pour les Niçois et les tensions entre les postulants. Le face-à-face a été l’occasion de mesurer les ambitions et les divergences, sans réduire la complexité des enjeux municipaux à des slogans.

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