Municipales 2026 à Nice : transport, sécurité, nouvelle liste

À un peu plus de trois mois du scrutin municipal, les principales listes en lice à Nice dévoilent leurs axes de campagne. Sécurité, mobilités, services publics et démocratie locale structurent des propositions très hétéroclites. Tour d’horizon, candidat par candidat.

Nathalie Dloussky – Ensemble pour la grandeur de la France

La candidate place la sécurité au centre de la campagne. Le constat posé est celui d’un échec des politiques actuelles. Les chiffres avancés font état de cambriolages en hausse de 20 % et de violences urbaines en progression de 15 % en 2025, malgré 2 500 caméras et 850 policiers municipaux. Nathalie Dloussky dénonce un « seuil d’efficacité perdu » et un coût annuel de 500 M€. Les quartiers des Moulins et de l’Ariane sont cités comme points de tension, avec une délinquance dominée par des mineurs récidivistes.

La proposition centrale repose sur un RIC (Référendum d’Initiative Citoyenne) constitutionnel. L’objectif affiché est de permettre des audits votés par quartier et une révision du cadre juridique, jugé bloqué par la Constitution et la CEDH. Le programme s’appuie sur les thèses de Thibault de Montbrial et sur des comparaisons européennes. Amsterdam, Lisbonne et Stockholm sont mentionnées pour leurs résultats en matière de baisse de la délinquance.

Sur le plan international, la liste salue « le courage et la détermination » de l’administration Trump au Venezuela. Dans son discours la liste note l’usage « proportionné de la force » face aux trafics. Dans la continuité, Nathalie Dloussky propose l’« Opération Phénix Méditerranée », une mission civilo-militaire contre les pays producteurs de drogue, avec un rôle central pour Nice. La candidate évoque 1 500 emplois anti-narco dans les ports liés à cette stratégie et appelle à la constitution d’un état-major d’experts financiers et anti-blanchiment.

Mireille Damiano – Nice Front Populaire

La tête de liste inscrit la gratuité des transports en commun comme mesure structurante. L’objectif est présenté comme social, écologique et sanitaire. Le document rappelle que 1,7 million de déplacements quotidiens sont effectués sur le territoire métropolitain, avec seulement 12 % en transports collectifs. La logique du « tout voiture » est tenue pour responsable de la saturation et de la pollution.

Le bilan de la majorité sortante est critiqué. Le retard du réseau de tramway est souligné, avec 27 km à Nice contre 66 à Montpellier ou 83 à Lyon. L’absence de desserte des communes périphériques est mise en avant. Les choix de tracés et les ruptures de charge entre lignes sont longuement détaillés. Mireille Damiano évoque aussi l’augmentation des tarifs, avec un prix au voyage (Recette billetterie/nombre de validation) passé de 0,62 à 0,82 euro entre 2022 et 2024 soir une augmentation de plus de 30%.

La gratuité est présentée comme une mesure globale. Le texte cite 46 réseaux déjà concernés en France et 3,3 millions d’usagers. La mise en œuvre serait progressive, avec études, concertation, gratuité le week-end puis généralisation. Le financement reposerait sur le versement mobilité, la taxe de séjour, une taxe sur les bureaux et une part de TICPE. L’échéancier s’étend jusqu’en 2028, avec une extension du réseau à l’est et à l’ouest.

Christian Estrosi – Tous pour Nice

Le maire sortant intervient sur deux fronts. Le premier concerne la ligne 4 du tramway vers Saint-Laurent-du-Var et Cagnes-sur-Mer. L’équipe de campagne dénonce les positions de Bryan Masson et Éric Ciotti, accusés de diffuser des « contre-vérités ». Le coût du projet est rappelé à 328 millions d’euros. Le tramway est présenté comme un projet métropolitain reliant l’aéroport, le Grand Arénas, Cap 3000, l’Institut Arnault Tzanck et le centre-ville de Cagnes-sur-Mer.

Christian Estrosi affirme : « en s’opposant au tramway, l’extrême droite défend l’immobilisme. » La déclaration insiste sur les 250 000 m² d’espaces publics requalifiés, 1 500 arbres plantés et 4 500 tonnes de CO2 évitées chaque année. Louis Nègre et Joseph Ségura appuient cette position en soulignant la capacité du tramway et la requalification urbaine associée.

Le second axe porte sur l’adaptation des services publics. Dix mesures sont détaillées. Le projet comprend un portail unique en ligne, cinq maisons de services publics, des horaires élargis, des crèches ouvertes jusqu’à 19 heures, une offre de garde le samedi, des « nounous d’urgence », un nouveau plan de 1 500 places en crèche, le doublement de l’allocation municipale, un centre de loisirs par école et des bibliothèques ouvertes le soir et le dimanche. L’objectif affiché est de répondre aux rythmes de travail actuels et de réduire la charge administrative.

Juliette Chesnel-Le Roux – Unis pour Nice

La liste défend aussi la gratuité des transports. Le financement passerait par une hausse du plafond de la taxe mobilité, de 1,8 % à 3,2 %, pour dégager 360 millions d’euros sur six ans. Le projet est présenté comme un investissement dans l’emploi et dans l’offre de transport. Le discours insiste sur le service public et l’égalité d’accès à la mobilité.

Un second volet concerne le Carnaval de Nice. La liste propose la gratuité des promenoirs pour les Niçois, tout en maintenant une billetterie pour les visiteurs. Le retour à 21 chars est souhaité, avec une place accrue pour les quartiers et les associations. Des carnavals de quartier seraient développés.

La création d’un Carnaval des enfants est évoquée, ainsi qu’un Musée du Carnaval au futur Palais des Arts et de la Culture. Une présentation publique du Carnaval 2027 est annoncée en cas de victoire pour les élections. La démarche vise un événement « participatif, écologique, festif et profondément niçois », selon les termes du programme.

Jean-Claude Spach – Alternative Éco.Citoyenne

Jean-Claude Wahid Spach-Kamel revendique une candidature hors partis. La souveraineté citoyenne est présentée comme la mesure centrale. « La mesure phare, c’est de se réapproprier la souveraineté des citoyens », explique le candidat. Le projet repose sur des assemblées citoyennes par quartier et des mécanismes de décision directe.

Le discours insiste sur la continuité de l’engagement depuis 2020 et sur la volonté d’une « révolution démocratique. » La mixité des parcours est mise en avant, avec des expériences professionnelles variées. Cette diversité est présentée comme un outil de compréhension des réalités locales.

La conception du mandat se veut inversée. « Ce sont les habitants qui vont nous dire ce que nous avons à faire. Nous serons leurs serviteurs. » À l’approche de l’échéance, le candidat appelle à la confiance citoyenne et à l’observation des intentions portées par la liste.

Éric Ciotti – Le meilleur est à venir

Le député UDR a dévoilé une liste annoncée « sans étiquette ». Parmi les noms figure Olivier Breuilly, ancien directeur général des services de la ville de Nice. Cette nomination a suscité une réaction du camp de Christian Estrosi, évoquant des méthodes de travail contestées. Benoît Kandel parle de « gamineries » à propos des fuites.

La liste intègre des personnalités issues du RN et du monde économique comme Jean-Pierre Rivère, Patrick-Marc Le Donne et Françoise Souliman. Le projet vise à faire de Nice une capitale européenne de l’IA, avec la docteure Juliette Raffort en charge du dossier.

La campagne est marquée par des échanges virulents entre les équipes. Des qualificatifs comme « poudre aux yeux » ou « irresponsable » ont été utilisés publiquement.

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