Municipales 2026 à Nice : les JO 2030 au cœur du débat

À un peu moins de deux mois du scrutin municipal, les prises de position se multiplient à Nice. Jeux olympiques d’hiver 2030, logement, transports, énergie ou sécurité alimentaire structurent les débats. Tour d’horizon des déclarations récentes des principaux candidats.

Mireille Damiano (Nice Front Populaire)

Mireille Damiano a pris position sur les Jeux olympiques d’hiver 2030 lors d’une interview sur BFM TV. La tête de liste du Nice Front Populaire a rappelé une opposition claire au projet dans le Sud. La loi olympique est qualifiée de « loi d’exception », notamment sur les plans sécuritaire, social et environnemental. Mireille Damiano évoque une vidéosurveillance étendue, le recours à des organismes privés et des dérogations au droit du travail. Le projet est aussi décrit comme « totalement écocide », avec une production importante de CO₂ et le recours à la neige artificielle.
La candidate affirme qu’en cas d’élection à la mairie de Nice, aucune épreuve de glace ne serait maintenue à Nice. Les ventes de terrains dans la plaine du Var, soit 15 000 m², sont jugées précipitées. L’absence de garanties sur l’usage futur du village olympique est soulignée. Le contexte de crise du logement est mis en avant, tout comme le coût des infrastructures sportives, dont une nouvelle patinoire estimée à 200 millions d’euros, avec un financement reposant en partie sur les collectivités.

Eric Ciotti (Le meilleur est à venir)

Eric Ciotti s’est exprimé lors d’une conférence de presse le 15 janvier 2026. Le candidat UDR-RN se dit favorable à l’accueil des Jeux olympiques d’hiver 2030, tout en contestant le projet tel qu’il est conçu à Nice. « Je suis personnellement favorable à ce que la France, les Alpes-Maritimes et Nice accueillent les Jeux Olympiques d’hiver 2030 », a déclaré le député. Le projet municipal est jugé imposé « dans la précipitation et sans concertation. »
Plusieurs propositions alternatives ont été avancées. L’utilisation de l’Allianz Riviera pour le hockey est refusée. Des équipements provisoires sont évoqués sur d’autres sites. Le village olympique est proposé sur le site Auvare, avec une reconversion en campus étudiant. Le projet de patinoire de la plaine du Var est contesté, au profit d’équipements existants, comme Jean-Bouin ou le palais des Expositions.
La liste s’est renforcée avec l’arrivée de Pierre Ippolito, pressenti comme adjoint aux entreprises et vice-président de la métropole. Patrick Baqué, ancien doyen de la faculté de médecine, a également rejoint la liste.

Christian Estrosi (Tous pour Nice)

La liste Tous pour Nice a multiplié les attaques contre Eric Ciotti. Patrick Mottard, colistier et adjoint au maire, a ciblé les liens entre le candidat UDR-RN et le Rassemblement national. Des élus RN, dont Lionel Tivoli, proche d’Eric Ciotti, sont cités comme membres d’un groupe Facebook où « des propos racistes, antisémites, seraient tenus. » Patrick Mottard a déclaré : « je demande à Eric Ciotti de clarifier ses positions et de prendre ses distances avec Monsieur Tivoli ! »
Un second communiqué a porté sur le dossier olympique. La liste Tous pour Nice affirme que le candidat RN « patine sur le dossier JO. » Le coût de la patinoire est précisé, avec une participation de la ville limitée à 20 %. Le futur village olympique est présenté comme un projet de logements et de services publics après 2030. La proposition d’un site alternatif à Auvare est jugée irréaliste. Les retombées économiques sont chiffrées à 400 millions d’euros et 5 700 emplois équivalent temps plein.

Jean-Marc Governatori (Écologie au centre)

Jean-Marc Governatori a consacré une conférence de presse à l’autonomie énergétique et alimentaire. Le candidat soutenu par Écologie au Centre et Génération Animal souhaite impliquer les ultra-riches niçois dans ce projet. Trois enjeux sont mis en avant : la situation alimentaire, la situation énergétique et la dépendance à neuf matières premières. Selon Jean-Marc Governatori, leur raréfaction préparerait un chômage de masse.
Le programme repose sur une organisation locale, pensée comme une « communauté de villages. » Jardins partagés, rénovation énergétique, solaire, géothermie et réseaux de chaleur sont évoqués pour assurer une autonomie à la ville. La dépendance de Nice à une seule ligne à très haute tension est pointée, tout comme une part d’énergies renouvelables estimée à 8 %.
Seize ultra-riches niçois sont appelés à contribuer financièrement, sans hausse d’impôts. « J’ai besoin de leur argent, je veux qu’ils fassent leur part », a déclaré le candidat, qui évoque aussi la précarité énergétique touchant 36 % des foyers.

Nathalie Dloussky (Ensemble pour la grandeur de la France)

Nathalie Dloussky a dévoilé un projet de « bouclier alimentaire souverain » pour Nice. La liste Ensemble pour la Grandeur de la France défend une stratégie municipale fondée sur des stocks alimentaires, une logistique sécurisée et la protection renforcée du Marché d’Intérêt National. Le projet prévoit quatre entrepôts sécurisés capables de couvrir trois mois de besoins pour 500 000 habitants.
La protection du MIN est présentée comme prioritaire, avec drones, barrières anti-intrusion et réquisitions possibles en cas de crise. La candidate revendique une relation civilo-militaire, avec l’appui des forces armées locales. Le « Corps Niçois de Résilience Alimentaire » mobiliserait 2 000 jeunes volontaires.
Le financement annoncé repose sur le budget municipal et une taxe sur les importations alimentaires. La liste revendique une souveraineté locale, sans recours aux financements européens, et inscrit ce projet en rupture avec les politiques actuelles.

Juliette Chesnel-Le Roux (Unis pour Nice)

Juliette Chesnel-Le Roux a centré sa communication sur le logement. La liste Unis pour Nice a organisé une conférence de presse devant un immeuble désaffecté près de la gare Thiers. « C’est un endroit emblématique de ce qu’il se passe à Nice sur le logement », a déclaré la tête de liste. La transformation du bâtiment en logements sociaux est évoquée, avec une vingtaine de logements possibles.
La préemption des immeubles inoccupés et des locaux vides est proposée. Selon Juliette Chesnel-Le Roux, Nice compte 14 % de logements sociaux, contre 25 % exigés par la loi SRU, et environ 5 000 logements vacants. La liste souhaite aussi encadrer les Airbnb, soutenir les petits propriétaires et renforcer la rénovation énergétique.
Sur les transports, Julien Picot, colistier, a dénoncé l’abandon du tramway proposé par Eric Ciotti. La suppression de dotations aux collectivités a également été critiquée, avec un impact direct annoncé pour les communes de la métropole Nice Côte d’Azur.

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