Christian Estrosi dévoile son projet santé pour 2026 : cap sur le “zéro rupture”

Réuni à sa permanence de campagne, Christian Estrosi a présenté le volet santé de son projet politique à l’approche des municipales de 2026. Entouré de professionnels du secteur, le maire de Nice a affiché une ambition centrale : garantir le « zéro rupture dans les parcours de santé » et faire de Nice un territoire où l’accès aux soins serait effectif pour tous, quels que soient l’âge, le quartier ou la situation sociale.

S’il s’inscrit dans un cadre de campagne, Christian Estrosi revendique une continuité dans son action. « La santé a toujours été au cœur de ma politique », a-t-il affirmé, rappelant son rôle de président du conseil de surveillance du CHU de Nice. « Ma priorité, ces dernières années, a été de livrer le CHU Pasteur, puis d’accompagner, pendant le COVID, des politiques sanitaires extrêmement innovantes. »

Dressent un constat sévère de la situation nationale, il estime que les collectivités doivent désormais prendre le relais. « Il y a quelques années, la France était l’une des meilleures au monde en matière de santé publique. Aujourd’hui, nous sommes quinzièmes. Nous devons être une ville à la pointe de l’innovation face aux nouveaux enjeux, avec une politique de santé qui se dégrade et qu’il faut absolument compenser avec la collectivité. Moi, je veux qu’à Nice, on soit les premiers du monde. »

Un projet santé structuré autour d’une « santé pour tous »

Le projet santé présenté s’articule autour d’un principe revendiqué : une santé pour tous, fondée sur la proximité, la prévention et la continuité des soins. Le premier axe concerne l’accès aux soins, avec la création de dix maisons de santé d’ici 2030, certaines déjà ouvertes et d’autres prévues dans des quartiers identifiés comme prioritaires.

Ces structures pluridisciplinaires doivent permettre de lutter contre les inégalités territoriales, de limiter le renoncement aux soins et de proposer des parcours plus lisibles, notamment dans les secteurs les plus fragilisés. L’objectif affiché est clair : qu’aucun Niçois ne se retrouve sans solution de soins.

La prévention constitue un autre pilier du projet, avec des actions ciblées sur les maladies cardiovasculaires et respiratoires, le sport-santé, le dépistage et la formation des citoyens aux gestes de premiers secours. Le projet inclut également l’ambition de faire de Nice la première ville française à zéro transmission du VIH, en renforçant la prévention, le dépistage et l’accès aux traitements.

La santé mentale des enfants et des adolescents occupe une place centrale, avec l’ouverture annoncée d’une nouvelle Maison des adolescents à l’ouest de la ville, en lien avec les acteurs de la pédiatrie niçoise. Des dispositifs spécifiques sont également prévus pour les enfants présentant des troubles DYS, des troubles du spectre autistique, un TDAH ou un haut potentiel intellectuel, ainsi que des consultations dédiées aux addictions, y compris celles liées aux écrans.

Le projet entend par ailleurs mieux accompagner les aidants familiaux, avec la mise en place d’une ligne « SOS Aidants » capable d’orienter les demandes en moins de 48 heures et le développement de solutions d’hébergement temporaire afin d’éviter les situations d’épuisement et les ruptures de prise en charge.

Enfin, la stratégie prévoit un soutien renforcé à la recherche médicale, avec un appel à projets annuel, ainsi qu’un projet structurant de future Cité des Santés dans la plaine du Var, destinée à renforcer l’offre de soins à l’ouest de Nice en partenariat avec le CHU et les acteurs de santé du territoire.

Nouveaux visages : des professionnels mobilisés pour une santé accessible à tous

Pour incarner cette ambition, Christian Estrosi s’appuie sur des professionnels de santé engagés, présentés comme de « nouveaux visages » du projet, issus du terrain.

Parmi eux, Aurélie, infirmière hospitalière de 25 ans, dit avoir souhaité prendre la parole pour représenter le quotidien des soignants. « J’avais à cœur de donner ma parole en tant que soignante. On entend beaucoup d’avis, mais peu d’aides-soignantes ou d’infirmières. À l’hôpital, je vois la réalité des patients, les ruptures de soins, les ruptures thérapeutiques et ce que vivent les aidants au quotidien », explique-t-elle. Niçoise de naissance, elle résume l’esprit du projet : « zéro rupture pour les patients, zéro rupture pour les soignants. La santé doit redevenir une priorité pour tous les Niçois. »

Autre figure centrale, le Dr Pierre-Marie Tardieux, 57 ans, chef du pôle des urgences du CHU de Nice, revendique un engagement clair. « Je suis pour une santé pour tous, sans laisser personne au bord de la route. Du plus vulnérable à celui qui en a peut-être moins besoin, il faut un accès aux soins facilité, compréhensible et présent dans tous les quartiers », affirme-t-il. Fort de son expérience aux urgences, il rappelle que les fractures existent aussi en milieu urbain. « Nous voyons environ 100 000 patients par an. Cela nous donne une vision très claire des difficultés d’accès aux soins, des ruptures de parcours et du renoncement aux soins. » Pour le médecin urgentiste, la priorité opérationnelle est claire : « le premier défi, ce sont les maisons de santé, notamment dans les quartiers les plus compliqués. S’il n’y a plus de médecins à un moment donné, alors on met une maison de santé. L’objectif, c’est qu’il n’y ait plus de rupture. »

À travers ce projet et ces nouveaux visages, Christian Estrosi entend faire de la santé pour tous un marqueur fort de son ambition pour Nice, en associant élus et professionnels de terrain autour d’un même objectif : garantir un accès aux soins continu, lisible et équitable pour l’ensemble des Niçois.

Diane Roustan

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