Christian Estrosi défend un « redressement solide » des finances municipales

À quelques jours des échéances municipales, la bataille des chiffres est lancée à Nice, et elle promet d’être aussi politique que technique.

C’est depuis sa permanence de campagne que Christian Estrosi a tenu hier une conférence de presse consacrée aux finances publiques de la ville. Entouré de ses soutiens et de Maître Léa Lacour, future adjointe aux Finances, le maire a présenté un plaidoyer détaillé en faveur de la « solidité » budgétaire niçoise.

Au lendemain de cette prise de parole, Christian Estrosi a voulu reprendre la main sur le terrain budgétaire. Face aux critiques de l’opposition, il affirme que la situation financière de la ville est « saine » et « sous contrôle », chiffres et audits indépendants à l’appui.

D’emblée, il a rappelé sa conception de la gestion publique : « les finances sont une délégation essentielle. Ce budget, ce n’est pas mon argent. Ce n’est pas celui de la majorité. C’est l’argent des Niçoises et des Niçois. De l’argent public. Sa bonne gestion est un impératif. Et j’y mets un point d’honneur. »

Revenant sur les investissements engagés depuis 2008, tramway, équipements scolaires et sportifs, modernisation des réseaux, il les qualifie d’« investissements utiles » : « ils sont productifs. Ils renforcent l’attractivité de Nice. Et à terme, ils rapportent. »

Il assume également les choix opérés durant la crise sanitaire et les tempêtes : « j’ai préféré dégrader temporairement nos ratios et nos finances pour sauver l’essentiel (…) Oui, nous avons dépensé. Et je ne le regrette pas. Je suis même fier de l’avoir fait. Une collectivité est faite pour protéger dans les moments difficiles. Pas pour thésauriser pendant que les habitants souffrent. »

Selon lui, Nice serait désormais entrée « dans une troisième phase, une phase de redressement solide. » Le maire sortant cite plusieurs évaluations extérieures : « le cabinet Michel Klopfer nous attribue 17 sur 20. LocalNova nous donne 18 sur 20 (…) L’Institut Montaigne confirme à son tour la solidité de nos comptes. Ils disent tous la même chose : notre situation financière va bien et tout est sous contrôle. »

Dette, fiscalité, opposition : la bataille des chiffres

Maître Léa Lacour, avocate fiscaliste et future adjointe aux Finances, a détaillé les principaux indicateurs. La capacité de désendettement s’établissait fin 2024 à 6,8 années : « qui peut se vanter aujourd’hui d’avoir les moyens de rembourser la totalité de sa dette en moins de sept ans ? »

La dette aurait diminué de 41 millions d’euros malgré le pic lié au Covid, tandis que les dépenses de fonctionnement ont progressé en moyenne de 1,6 % par an entre 2019 et 2024.

Autre élément mis en avant par la colistière : une épargne représentant 15 % des dépenses réelles de fonctionnement. « Cela veut dire une chose simple : nos recettes couvrent largement nos dépenses courantes. »

Sur la fiscalité, Léa Lacour affirme que le taux communal de taxe foncière (35,30 % en 2026) place Nice « parmi les grandes villes aux niveaux les plus faibles de sa catégorie. Elle ajoute : les Niçois paient aujourd’hui moins d’impôts locaux qu’en 2008 ou qu’en 2018. »

Le ton s’est durci à propos des propositions d’Éric Ciotti, qui promet un retour à la fiscalité de 2023. Christian Estrosi conteste le chiffrage : « Ce n’est pas 40 millions, mais 90 millions (…) Trouver 90 millions, c’est plus de 2 000 emplois. On ne coupe pas 50 ou 90 millions sans casser le service public communal. »

Il interroge les conséquences possibles : « quels services seront touchés ? Les crèches ? Les ATSEM ? Les EHPAD ? La police municipale ? Les musées ? Les bibliothèques ? »

En conclusion, le maire a pris cinq engagements pour le prochain mandat : poursuite de la maîtrise des dépenses, baisse continue de la dette, audit annuel indépendant rendu public, présidence de la commission des finances confiée à l’opposition et, enfin, baisse de la fiscalité « grâce à la croissance (…) on a voulu faire croire aux Niçois que la ville était au bord de la faillite. Mensonge ! »

Dans une campagne où chaque pourcentage devient argument électoral, les finances municipales s’imposent comme le cœur du débat politique niçois, et sans doute l’un des principaux enjeux, la transparence? 

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