Retour à Silent Hill : Christophe Gans signe le retour d’un cauchemar éveillé

Vingt ans après le premier film, le réalisateur français replonge dans l’univers culte de Silent Hill avec une œuvre pensée non comme un film d’horreur classique, mais plutôt comme une expérience troublante et mélancolique. Présent à l’avant-première niçoise, Christophe Gans a longuement expliqué sa démarche.

Présenté en avant-première ce dimanche 25 janvier à 16 heures au Mégarama de Nice, Retour à Silent Hill a été projeté en présence de son réalisateur Christophe Gans, qui s’est prêté au jeu des questions après la séance. Un échange riche, centré sur le temps écoulé depuis le premier film et sur la nature singulière de l’horreur proposée.

Interrogé sur les près de vingt ans d’attente avant ce retour à Silent Hill, Christophe Gans a replacé son premier film dans le contexte du cinéma d’horreur des années 2000. En 2006, le genre était dominé par les jump scares, le home footage et le torture porn popularisé par des franchises comme Saw. Silent Hill s’en démarquait déjà, en misant sur une ville fantôme conçue comme un personnage à part entière, une dimension parallèle instable et changeante.

À l’époque, adapter directement Silent Hill 2 aurait représenté un défi trop complexe. Le jeu repose en grande partie sur la subjectivité et la psyché troublée de son protagoniste, en plus de la déambulation dans une ville-piège. Le choix s’était donc porté sur une adaptation plus « sage » du premier opus, centrée avant tout sur la peinture de la ville. Entre-temps, malgré un accueil critique mitigé à sa sortie, le film est devenu culte. « Il n’a jamais disparu », souligne le réalisateur, rappelant qu’il est resté une référence constante pour les fans.

Christophe Gans : « c’est un film de cauchemar « 

Autre question posée lors de l’échange : « je n’ai pas eu peur, est-ce grave docteur ? » Une remarque à laquelle Christophe Gans répond sans ambiguïté. Retour à Silent Hill n’a jamais été conçu comme un film visant la peur immédiate. « Ce n’est pas un film d’horreur, c’est un film de cauchemar », explique-t-il. L’objectif n’est pas de provoquer des sursauts, mais de susciter un trouble durable, une sensation d’inconfort qui s’installe progressivement.

Le réalisateur revendique une approche profondément onirique, plongeant le spectateur dans la psyché d’un personnage qui a façonné cet univers pour se protéger d’une vérité insoutenable. Mélancolie, tristesse et dépression constituent le cœur émotionnel du film. Une vision fidèle à l’esprit des jeux, où l’horreur s’infiltre lentement plutôt qu’elle ne s’impose frontalement.

Une sensibilité que les fans eux-mêmes défendent ardemment lors des débats organisés à travers la France. Selon Christophe Gans, leur principale inquiétude ne concerne pas l’absence de monstres ou de scènes choc, mais la possible disparition de cette atmosphère mélancolique qui fait toute l’identité de Silent Hill. Une attente à laquelle le réalisateur dit être particulièrement attentif… suspens…

Plus qu’un film destiné à effrayer, Retour à Silent Hill se présente ainsi comme une expérience intérieure, un cauchemar éveillé, plus qu’un rêve endormie, qui persiste bien après la projection. Une œuvre qui ne cherche pas à faire sursauter, mais à laisser une empreinte inconfortable triste et profondément humaine, mais fidèle à l’âme de Silent Hill ?

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