Céline Kopp prendra la direction du MAMAC de Nice en janvier 2026, alors que son passage au Magasin de Grenoble a été marqué par des tensions internes et des alertes sociales. Les salariés grenoblois ont dénoncé des conditions de travail dégradées, des procédures disciplinaires et un climat instable.
Le MAMAC de Nice aura une nouvelle direction à partir du 1er janvier 2026. La ville a annoncé fin septembre la nomination de Céline Kopp à la tête du Musée d’Art Moderne et d’Art Contemporain. Elle succédera à Hélène Guenin, qui a dirigé la structure pendant neuf ans. Johanne Lindskog assure l’intérim depuis février 2025 pour maintenir le fonctionnement du musée. Cette transition intervient dans un contexte calme à Nice. Elle intervient aussi au moment où l’expérience passée de Céline Kopp à Grenoble interroge. Des épisodes de tensions internes ont marqué son mandat au Magasin – Centre National d’Art Contemporain. Ces éléments reviennent aujourd’hui dans le débat public.
Céline Kopp dirige depuis 2022 le Magasin de Grenoble. Elle avait rejoint cette institution après dix années passées à la tête d’un centre d’art contemporain à Marseille. Son arrivée à Grenoble avait été présentée comme un tournant. Le Magasin sortait alors d’une fermeture d’un an. La nouvelle direction avait affiché l’objectif d’accompagner une « phase d’apaisement autour de la confiance. » La situation n’a pourtant pas évolué comme prévu. Les salariés ont fait état d’un malaise croissant au cours des dernières années.
Un parcours reconnu, mais un contexte contesté à Grenoble
Ces dernières semaines, une dizaine de salariés du Magasin s’était réunie au niveau de l’accueil du bâtiment pour parler de leur situation à des médias locaux et nationaux. Ils décrivaient un mal-être, un manque de structuration et des arrêts maladie qui se succédaient. Le mercredi 19 novembre, un temps de grève avait été observé. Une première action destinée à rendre visible des conditions de travail jugées dégradées. Selon les salariés, la structure avait été fragilisée par une vague de départs, des licenciements, des procédures disciplinaires et des contentieux prud’homaux.
« Les salariés sont montés les uns contre les autres. On va ensuite précariser leur travail, dévaloriser la personne jusqu’à ce qu’elle se retrouve en risque psycho-social, expliquaient des employés. La médecine du travail met ensuite la personne en arrêt. Ce qu’on remarque, c’est que peu de temps après son retour d’arrêt, il y a un licenciement soit pour faute grave, soit pour inaptitude. Ils trouvent des recours légaux pour des choses qui ne le sont pas. On en est au sixième prud’homme depuis quelques années. Ils regrettaient aussi l’usage quasi-immédiat du levier juridique », plutôt que le dialogue. L’ambiance interne avait continué de se tendre.
D’autres salariés, affirmaient en suivant « souffrir énormément. On s’est rendu compte qu‘il n’y a pas de management, pas de construction de travail, tout est dans le flou, ce qui nous met en difficulté dans notre travail et nos projets. La direction n’assume pas ses responsabilités et ses actions. »
Les critiques ne se limitaient pas à la surcharge de travail. Les salariés évoquaient aussi des postes vacants, des missions hors cadre, un manque de reconnaissance et une instabilité durable. Trois ans après la prise de fonction de Céline Kopp, le climat restait tendu. Son départ annoncé pour Nice avait ravivé ces interrogations.
Des problèmes antérieurs à l’arrivée de Céline Kopp
Dans un communiqué récent, les syndicats déclaraient : « dans ce contexte déjà fragilisé, plusieurs salariés ont récemment fait l’objet de procédures disciplinaires lourdes, parfois engagées au retour d’un arrêt de travail. L’usage quasi immédiat du levier juridique et le refus d’ouvrir une médiation sincère ont renforcé l’inquiétude générale. Ils demandaient qu’un véritable espace de médiation soit ouvert, indépendant et transparent et réclamaient aussi le retrait de la procédure de licenciement engagée à l’encontre de leur collègue et la réintégration à son poste, l’ouverture urgente d’un dialogue structuré, la mise en place d’une médiation neutre et indépendante, la reconnaissance des alertes internes, un audit organisationnel, et des mesures réelles permettant d’améliorer durablement les conditions de travail. »
Un mouvement de grève avait eu lieu le 19 novembre 2025. Huit des onze salariés avaient cessé le travail entre 14 heures et 16 heures. Des organisations syndicales avaient relayé des accusations de harcèlement, de violences au travail et de défaillances persistantes dans la prévention des risques psychosociaux. Les salariés dénonçaient une institution qui ne protégeait pas ses équipes. Ils pointaient une accumulation de procédures, de démissions, d’arrêts maladie et de licenciements.
Ces critiques rejoignaient des alertes plus anciennes. Elles décrivaient une institution en difficulté, malgré les efforts annoncés à l’arrivée de la direction en 2022 de Céline Kopp. Elles s’ajoutaient à une affaire liée à une déléguée du personnel ayant exercé son droit d’alerte sur des faits rapportés d’agression et de harcèlement sexuel. L’inspection du travail avait refusé le licenciement demandé. La direction avait maintenu des recours. Le cas avait renforcé la mobilisation syndicale.
La nomination de Céline Kopp à Nice se déroule donc sur un terrain délicat. Sa prise de fonction au MAMAC créera des attentes autour de la gestion interne. Les équipes niçoises suivront cette transition avec attention. Le musée entre dans une nouvelle phase. Les questions soulevées par l’expérience grenobloise resteront présentes au moment où s’ouvre ce nouveau chapitre.
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