Festival : le Printemps des arts fait la part belle à l’utopie

Fondé en 1970 à l’instigation de la princesse Grace de Monaco, le festival Le Printemps Des Arts, est présidé, depuis mai 2021, par le compositeur et chef d’orchestre Bruno Mantovani. 

Le Printemps des Arts est un festival dédié à la musique classique et contemporaine. Il s’appuie sur un principe solide : établir un dialogue entre la musique et les grandes problématiques artistiques, philosophiques et historiques. Le festival s’écarte délibérément des voies conventionnelles en offrant un thème distinct chaque année, qui façonne l’intégralité de sa programmation. Son originalité se manifeste par la variété de ses formats, qui vont des récitals aux ballets de danse, sans oublier les concerts plus avant-gardistes. Les spectacles ont lieu dans plusieurs lieux symboliques de Monaco et de ses alentours. Parmi ces lieux connus et prisés de la Principauté on retrouve l’auditorium Rainier III, le musée océanographique sur le Rocher de Monaco ou encore le mythique espace de la collection de voitures de S.A.S. le Prince de Monaco. Des emplacements qui proposeront aux spectateurs une expérience culturelle et immersive.

Cette année, le Printemps des Arts s’articule autour du thème de l’utopie, une invitation à explorer la musique sous un angle nouveau, en croisant les époques, les styles et les formes artistiques. Destiné aux mélomanes curieux et ouverts à la découverte, le festival se tiendra du 11 mars au 19 avril 2026. Bruno Mantovani, explique : « dès mon arrivée à la direction du festival, l’objectif a été de le thématiser, de lui donner un caractère scientifique et une structuration claire pour le public. Et puis, plus c’est clair, plus on peut perdre les gens, puisque c’est dans le cadre que l’on se sent le plus libre.« 

Bruno Montovani, en conférence de presse.

Une invitation à écouter autrement

Bruno Mantovani affirme qu’il pourrait choisir des personnalités plus connues pour son festival Monégasque, mais que ce n’est pas son objectif. Le Printemps des Arts ne cherche pas à ressembler aux autres festivals : il revendique au contraire une identité authentique. « D’abord, c’est un festival où le héros n’est pas l’interprète, mais l’œuvre« , ajoute-t-il, soulignant l’importance fondamentale de ce principe. Il distingue alors deux manières de programmer : « il y a deux façons de programmer. Le Printemps des Arts choisit de présenter des spectacles en création ou en première : on définit d’abord des œuvres, puis on choisit les interprètes. » Une démarche assumée, loin des logiques de notoriété. « Ça ne m’intéresse pas de programmer les dix ou quinze musiciens que tout le monde connaît, c’est même le contraire que l’on a envie de faire« , précise Bruno Mantovani. Enfin, le directeur pointe une dérive du milieu classique, qu’il juge préoccupante : « le monde de la musique classique a pris les mauvaises choses de la musique de variété : les réseaux sociaux, la télévision, avec la porcherie que sont les victoire de la musique, les tarifications…« 

Dans son objectif de diffusion et de renouvellement des auditoires, le Printemps des Arts met aussi l’accent sur une politique de prix avantageuse pour les moins de 25 ans, offrant un accès gratuit ou considérablement réduit selon les concerts, dans le but d’éliminer les obstacles financiers et de favoriser l’exploration. Une approche totalement alignée avec la perspective de Bruno Mantovani, qui considère également la programmation comme un moyen d’enseignement. « Je crois que lorsqu’on acquiert des connaissances, et que la programmation sert à explorer et à apprendre, une empreinte durable demeure toujours […] La curiosité est le facteur clé de cette empreinte durable. » Le festival, en mettant l’œuvre au cœur de ses préoccupations et en accueillant les nouvelles générations, manifeste clairement son objectif : cultiver des spectateurs avides de découvertes et laisser un impact durable, bien au-delà de la durée de l’événement.

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