Jeudi 19 février, à 18 heures, sous la grande verrière de la Gare du Sud, les habitants du quartier de Libération se pressaient nombreux pour découvrir la nouvelle Halle de la Découverte. Inauguré par le maire de Nice, le lieu ouvre ses portes avec l’exposition « Léonard de Vinci, à la croisée des Arts et des Sciences », consacrée au génie de la Renaissance. Mais dans les allées, au-delà des maquettes et des tableaux, c’est surtout l’avenir de ce bâtiment emblématique qui anime les conversations.
« On avait besoin d’un lieu comme ça » Devant une maquette de Léonard de Vinci, Paul, 42 ans, habitant de la rue Vernier, observe attentivement avec son fils de neuf ans. « La halle gourmande, on y est allés deux ou trois fois. C’était joli, mais ça ne correspondait pas vraiment au quartier. Là, c’est différent. On peut venir avec les enfants, prendre le temps, apprendre des choses. »
À quelques mètres, Nadia, installée dans le quartier depuis six ans, souligne l’importance d’un lieu accessible à tous : « entre le marché, le tram, les écoles, il y a beaucoup de familles ici. On manquait d’un espace culturel où l’on peut entrer librement, sans devoir descendre en centre-ville. »
Avec près de 6 500 enfants scolarisés dans un rayon d’un kilomètre, Libération est l’un des quartiers les plus dynamiques de Nice. L’ouverture d’un équipement culturel d’envergure y était attendue.
Lire, jouer, expérimenter
La Joconde, La Cène, L’Homme de Vitruve… Au-delà de l’exposition immersive : maquettes géantes, vidéos 3D, reproductions d’œuvres… la Halle propose déjà une ludothèque et un café central. Des espaces pensés pour prolonger la visite, mais aussi pour s’y retrouver au quotidien.
Marc, retraité et ancien commerçant du marché, se projette déjà : « j’habite ici depuis 40 ans. J’ai connu la gare fermée, puis les travaux, puis les restaurants. Si ça devient un lieu de rencontres, avec des conférences, des jeux, des animations régulières, ça peut vraiment créer du lien. »
Les adolescents ne sont pas oubliés Inès, 15 ans, imagine la BDthèque annoncée : « s’ils mettent des mangas récents, je viendrai. C’est plus sympa que de rester à la maison. »
À terme, un Fablab (un laboratoire de fabrication avec des équipements numériques, N.D.L.R)et une artothèque viendront compléter l’offre culturelle, avec la possibilité d’expérimenter l’impression 3D ou même d’emprunter une œuvre d’art. Une ambition qui dépasse la simple programmation d’expositions temporaires.
Un symbole réinventé
Dans un secteur longtemps perçu comme moins doté en grands équipements culturels que le centre-ville, l’ouverture de la Halle de la Découverte est vécue comme un signal fort.
Sur le parvis, Jean-Claude, habitant historique de la « Libé », résume le sentiment général : « la Gare du Sud, c’est un symbole. Elle a failli disparaître. Si aujourd’hui elle devient un lieu vivant pour les Niçois, alors c’est une belle revanche! »
Dans son discours, le maire a évoqué son attachement personnel au quartier et la volonté de « rendre la Halle aux Niçois ». L’expression circule dans la salle, reprise à voix basse par certains visiteurs de la bibliothèque.
Reste désormais à voir si les habitants s’approprieront durablement ce nouvel espace. A en juger par l’affluence du vernissage, et la curiosité palpable sous la verrière, la première étape semble déjà franchie.

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