Le Conseil municipal de Nice a examiné une délibération portant sur la vente de terrains communaux à la Société de livraison des ouvrages olympiques Alpes 2030. Cette décision vise la réalisation du village olympique et paralympique des Jeux d’hiver de 2030 et sa reconversion après l’événement. Le débat a mis en lumière des positions politiques opposées, sur le calendrier, le coût et les priorités municipales.
Vendredi à la fin du Conseil municipal, Monique Bailet, adjointe au maire, a présenté une délibération portant à la vente, sous conditions, d’emprises foncières situées avenue Sainte-Marguerite et boulevard des Jardiniers. La surface concernée atteint 14 927 m². Le terrain se situera entre les avenues Pierre-de-Coubertin, Sainte-Marguerite et la rue Alain-Mimoun à Proximité du stade Allianz Riviera.
La cession doit permettre la réalisation du village olympique et paralympique pour les Jeux d’hiver de 2030, ainsi que le programme immobilier dit « en héritage ».
La ville de Nice a donc vendu le terrain à la Société de livraison des ouvrages olympiques Alpes 2030. La vente sera précédée d’une promesse synallagmatique. Le prix de base est fixé à 11 500 000 euros hors taxes. Cette valeur résulte d’une estimation du pôle d’évaluation domaniale, établie à 13 470 000 euros, diminuée d’une marge de 15 %. Un prix minimum garanti est fixé à 10 470 000 euros. Une clause d’intéressement est prévue au bénéfice de la ville. Une décote pourra intervenir au titre de la loi SRU.
Le calendrier opérationnel est déjà défini. Le démarrage du chantier est annoncé pour avril 2027. La mise à disposition des ouvrages est prévue fin septembre 2029. La restitution complète est fixée au 31 mars 2030.
La Solideo a lancé en juillet une procédure d’appel à projets afin de sélectionner un groupement d’opérateurs immobiliers. La remise des offres finales interviendra fin mars. Le lauréat sera désigné après cette échéance.
Un projet immobilier présenté comme un héritage urbain
La reconversion du site après les Jeux prévoit une surface de plancher de plus de 25 000 m². Le programme est majoritairement orienté vers le logement. Le projet intègre du logement libre et du logement social. La partie sociale comprend une résidence intergénérationnelle en accession sociale à la propriété et une résidence étudiante. Une maison de santé est également annoncée. Des commerces et activités complètent l’ensemble, sans programmation arrêtée à ce stade.
Un comité de suivi a été mis en place. Ce comité associe des riverains et des représentants d’associations de quartier. L’objectif affiché consiste à identifier les besoins locaux au fil de l’avancée du projet. Monique Bailet a insisté sur cette dimension : “on se situe sur une emprise qui était en ERM logements sociaux, donc qui était une emprise constructible.”
Une opposition qui conteste le calendrier et les priorités
Les groupes d’opposition ont voté contre la délibération. Juliette Chesnel-Le Roux a dénoncé une décision prise à quelques semaines des élections municipales. “Engager dès maintenant la ville dans des dizaines, voire des centaines de millions d’euros (…) pour un événementiel de prestige, alors que nos infrastructures sportives et nos équipements municipaux sont dans un état catastrophique, c’est irresponsable.”
L’élue candidate à l’élection municipale a évoqué un choix politique engageant les finances publiques. La demande porte sur un report de la décision au prochain conseil municipal issu des élections de mars 2026.
Hélène Granouillac également candidate à l’élection municipale a élargi le débat aux enjeux environnementaux et financiers. Dans son allocution, plusieurs références ont été faites à la convention d’Aarhus, aux dérogations prévues par un projet de loi et aux estimations budgétaires: “le comité d’organisation des JO 2030 a chiffré le budget à 1,9 milliard d’euros mais l’Inspection générale des finances estime d’ores et déjà que ces JO 2030 coûteront en réalité près de 2,4 milliards d’euros.”
Sylvie Bonaldi, membre de l’opposition, a soulevé des interrogations sur le stationnement, la typologie des logements et la suppression de parkings existants. Elle a également évoqué la question de la situation de l’OGC Nice : « l’installation de la patinoire dans le stade obligera l’OGC Nice pendant plusieurs mois à trouver un stade de repli qui n’a pas à moins de trois-cents kilomètres. »
La majorité invoque un calendrier contraint
La réponse de la majorité municipale s’est appuyée sur le calendrier olympique. “La cession des terrains Solideo est indispensable pour pouvoir livrer le village olympique dans les délais,” a déclaré Monique Bailet.
Pascal Condomitti a rappelé que l’attribution des Jeux est acquise. Le financement de la future patinoire qui servira aux Aigles de Nice a été présenté comme limité à 10 % pour la ville. Philippe Pradal a dénoncé une stratégie de blocage et défendu la nécessité d’agir sans retard.
Le vote a acté l’approbation de la vente. Le projet entre désormais dans une phase opérationnelle. Le débat politique, lui, reste ouvert.
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