Les règles de circulation pour les trottinettes électriques se renforcent dans les Alpes‑Maritimes avec l’obligation du port du casque et du gilet rétro‑réfléchissant dès le 2 avril 2026. Cette décision intervient après une hausse marquée des accidents impliquant des engins de déplacement personnel motorisés.
À partir du 2 avril 2026, les déplacements en trottinette électrique et autres engins de déplacement personnel motorisés changent de cadre dans les Alpes‑Maritimes. La décision émane du préfet Laurent Hottiaux, qui introduit une obligation de casque homologué et de gilet rétro‑réfléchissant pour chaque trajet, « de jour comme de nuit. » Cette mesure s’inscrit dans un contexte d’accidentalité en hausse et vise à réduire les blessures graves observées ces dernières années.
Les engins de déplacement personnel motorisés occupent désormais une place importante dans les mobilités du département. Leur usage concerne autant les trajets quotidiens que les déplacements de loisirs. Le littoral, les aménagements cyclables et la densité du trafic routier favorisent cette évolution. Cette dynamique s’accompagne toutefois d’un nombre d’interventions de secours en augmentation.
En 2025, les sapeurs‑pompiers ont réalisé 710 interventions impliquant un EDPM, contre 468 en 2023, soit une hausse de 51 %, selon les données présentées par la préfecture : « cela représente ainsi une moyenne quotidienne de deux accidents. » Les chutes individuelles et les collisions constituent la majorité des situations rencontrées. Les conséquences sont souvent lourdes, avec des blessures graves et parfois mortelles. Deux usagers ont perdu la vie en 2025, contre un en 2024. Depuis 2020, neuf décès ont été recensés.
Ces chiffres ont conduit les autorités à renforcer l’encadrement d’une pratique déjà régie par plusieurs dispositions du code de la route. Le préfet estime nécessaire d’aller plus loin pour améliorer la sécurité et limiter les comportements à risque.
Casque, gilet rétro‑réfléchissant et contrôles pédagogiques : une nouvelle étape dans la régulation
La mesure annoncée impose désormais deux équipements obligatoires : un casque homologué, correctement attaché, et un gilet rétro‑réfléchissant. Le préfet précise que « tout usager d’un engin de déplacement personnel motorisé doit être coiffé d’un casque de protection homologué. » Le non‑respect de cette obligation expose à une contravention de 35 €, correspondant à une amende de 2e classe.
Les forces de sécurité mèneront dans un premier temps des contrôles à vocation pédagogique. L’objectif est de laisser aux usagers le temps d’acquérir les équipements nécessaires. Cette phase transitoire doit permettre une appropriation progressive des nouvelles règles, sans sanction immédiate pour les premiers manquements.
L’annonce rappelle également les obligations déjà en vigueur. L’usage d’un EDPM (Engin de déplacement personnel N.D.L.R) est autorisé à partir de 14 ans et nécessite une assurance couvrant la responsabilité civile. L’engin doit être équipé d’un feu avant et arrière, de catadioptres, de freins efficaces et d’un avertisseur sonore. Ces éléments figurent dans la liste des équipements obligatoires mentionnés dans le document : « feu avant et arrière en état de fonctionnement ; catadioptres ; freins efficaces ; avertisseur sonore. »
Les règles de circulation restent inchangées. La vitesse maximale demeure fixée à 25 km/h, et tout débridage est interdit. Les usagers doivent emprunter les aménagements cyclables en agglomération lorsqu’ils existent. À défaut, la circulation est autorisée sur les chaussées limitées à 50 km/h. Hors agglomération, la circulation est interdite en l’absence de piste cyclable ou de voie verte, sauf autorisation spécifique. Le stationnement sur trottoir reste possible uniquement s’il ne gêne pas les piétons et en l’absence de réglementation municipale contraire.
Les sanctions associées aux infractions sont rappelées dans le tableau fourni par les services de l’État. Elles vont de 11 € pour un défaut d’équipement à 1 500 € pour un débridage, avec immobilisation ou confiscation possible. L’usage d’écouteurs ou d’un téléphone tenu en main expose à une amende de 135 €, tout comme le transport d’un passager ou la circulation sur un trottoir sans autorisation.
Cette nouvelle étape marque une volonté d’adapter la réglementation à l’évolution rapide des usages. Les autorités misent sur une combinaison d’obligations matérielles, de contrôles et de rappel des règles existantes pour réduire les accidents. Le préfet insiste sur la nécessité d’une conduite sécurisée et d’un respect strict des équipements obligatoires pour limiter les risques.
La mise en œuvre de ces mesures dans l’ensemble des communes du département doit permettre une harmonisation des pratiques et une meilleure lisibilité des obligations pour les usagers. L’objectif affiché reste la diminution des accidents et la protection de tous les usagers de la route, dans un contexte où les EDPM occupent une place croissante dans les mobilités du quotidien.
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