Le département entre en vigilance après plusieurs semaines de baisse des cours d’eau et des nappes. La préfecture appelle chaque usager à réduire sa consommation pour limiter la pression sur la ressource et retarder d’éventuelles restrictions.
Les fortes pluies tombées hier sur le département des Alpes-Maritimes n’ont pas modifié la tendance observée depuis plusieurs semaines. La vigilance sécheresse reste en place en raison d’une dégradation progressive de la ressource depuis le début du printemps.
Le préfet des Alpes-Maritimes, Laurent Hottiaux, a activé le premier niveau de gestion de la sécheresse. La décision est intervenue après une baisse avancée des débits et des nappes, avec un niveau comparable à celui habituellement constaté deux mois plus tard.
La période allant du 1er septembre 2025 au 26 mai 2026 a présenté un cumul pluviométrique déficitaire d’environ 15,5 %, avec des zones atteignant -20 %. En novembre dernier, Laurent Hottiaux avertissait déjà sur le sujet. Le mois d’avril a enregistré un déficit proche de 87 %. Le mois de mai est resté déficitaire à hauteur de -20 %. Les températures moyennes ont dépassé les normales depuis le début de la saison hydrologique. Le mois d’avril 2026 s’est classé deuxième mois d’avril le plus chaud depuis 1947. Cette situation a renforcé l’évaporation et l’évapotranspiration, avec un impact direct sur les milieux aquatiques.
La baisse des cours d’eau s’est accélérée à partir de la mi-avril. Les débits ont reculé dans toutes les zones d’alerte. L’Artuby est passé à 294 l/s pour un seuil d’alerte à 200 l/s, contre 706 l/s un an plus tôt. La Cagne a atteint 157 l/s pour un seuil à 150 l/s, alors que le débit approchait 800 l/s fin avril 2025. L’Estéron est descendu à 2 170 l/s pour un seuil à 1 300 l/s, contre 6 590 l/s l’année précédente. Le Loup s’est établi à 1 303 l/s pour un seuil à 400 l/s, contre environ 6 000 l/s en avril 2025. La Siagne amont a affiché 1 320 l/s pour un seuil à 700 l/s, contre 4 360 l/s fin mai 2025. La Siagne aval a atteint 1 490 l/s pour un seuil à 800 l/s, contre 4 640 l/s fin mai 2025. Ces données ont révélé une tendance commune : des débits divisés par deux à cinq selon les bassins. La fonte rapide observée en montagne a soutenu certains secteurs, mais cet apport est resté temporaire et limité.
Les nappes ont suivi la même dynamique. Au 26 mai 2026, 70 % des nappes surveillées se situaient en dessous des normales saisonnières. Cette situation a confirmé une fragilité durable de la ressource.
Un appel à la sobriété pour retarder d’éventuelles restrictions
Le passage en vigilance ne s’accompagne pas de restrictions. Le niveau vise à « inciter usagers et gestionnaires à réaliser des économies d’eau en vue de prévenir ou retarder toute dégradation ultérieure susceptible de justifier la mise en place de restrictions. » Les recommandations portent sur les usages domestiques, l’arrosage, le remplissage des piscines, les lavages extérieurs et les pratiques quotidiennes. Le texte souligne que « chacun est appelé à être vigilant et faire preuve de civisme et de solidarité. » Les collectivités sont invitées à réduire les fuites, optimiser l’arrosage des espaces verts, ajuster les pratiques de nettoyage et distribuer des équipements hydro-économes. Les acteurs agricoles et industriels sont encouragés à adapter leurs usages, notamment par des tours d’eau, des matériels économes ou des circuits fermés.
La situation fera l’objet d’un suivi continu. Les niveaux d’alerte, d’alerte renforcée ou de crise pourront être activés selon l’évolution des débits et des nappes. La direction départementale des territoires et de la mer poursuit la mise en œuvre de la feuille de route engagée lors des Assises de l’eau du 23 janvier 2023, en lien avec les organismes techniques et institutionnels.
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