La campagne nationale « Rouge Gorge » se déroule du 30 mars au 3 avril. Le Centre Antoine‑Lacassagne y participe avec une journée d’information ouverte au public et une conférence destinée aux professionnels de santé. L’objectif consiste à renforcer la prévention, rappeler les signes d’alerte et toucher des publics encore peu sensibilisés.
La campagne « Rouge Gorge » revient dans un contexte marqué par une progression des cancers de la gorge liés au papillomavirus humain (HPV). Ces cancers, regroupés sous l’appellation cancers de la tête et du cou ou cancers des voies aérodigestives supérieures, concernent les lèvres, la bouche, le pharynx, le larynx ou encore les fosses nasales. La consommation de tabac et d’alcool reste un facteur majeur, mais l’infection par le HPV occupe désormais une place croissante, notamment dans les cancers de l’oropharynx.
Cette évolution modifie la répartition des nouveaux cas. Environ 15 000 diagnostics sont posés chaque année en France. Dix mille concernent des hommes et cinq mille des femmes. Une baisse se dessine chez les hommes, alors qu’une hausse apparaît chez les femmes. Les tranches d’âge les plus représentées se situent entre 50 et 64 ans. Les cancers liés au HPV touchent toutefois des adultes plus jeunes, parfois entre 30 et 40 ans, sans consommation d’alcool ou de tabac. Une seconde concentration de cas se situe entre 60 et 70 ans.
Cette réalité conduit la campagne à cibler davantage les jeunes adultes. Une partie d’entre eux ne se reconnaît pas dans le profil habituellement associé à ces cancers. Le message central insiste sur la durée des symptômes : « un symptôme, trois semaines, je consulte à tous les cous, même avant 30 ans. » Une formule directe pour rappeler qu’un signe persistant doit conduire à une consultation.
Des symptômes à reconnaître et une prise en charge à accélérer
La campagne met en avant plusieurs signes d’alerte. Une douleur à la langue ou à la gorge, une tache rouge ou blanche dans la bouche, un enrouement, une déglutition douloureuse, une grosseur dans le cou, un nez bouché ou un écoulement de sang par le nez font partie des symptômes à surveiller lorsqu’ils durent plus de trois semaines. Une consultation auprès d’un médecin généraliste permet une orientation rapide vers un spécialiste ORL ou maxillo‑facial. L’examen des voies aérodigestives supérieures doit intervenir dans un délai court afin d’éviter un retard dans la prise en charge.
Cette démarche repose sur un principe simple : un diagnostic précoce améliore les chances de traitement efficace. Les recommandations prévoient une consultation spécialisée dans les quinze jours.
La campagne « Rouge Gorge » est portée par la Société Française de Carcinologie Cervico‑Faciale et la Société Française d’Oto‑Rhino‑Laryngologie et de Chirurgie de la Face et du Cou. Pour cette édition, le Pr Alexandre Bozec, Chef du Département de Chirurgie Oncologique Cervico‑Faciale du Centre Antoine‑Lacassagne, assure le rôle d’ambassadeur régional. Le Dr Agathe Villarme, chirurgien ORL, en est la référente locale.
Le Centre Antoine‑Lacassagne organise une journée de sensibilisation le mercredi 1er avril dans le hall de l’Institut Universitaire de la Face et du Cou. Des équipes seront présentes pour répondre aux questions du public, expliquer les facteurs de risque et rappeler les démarches de dépistage. Une conférence destinée aux professionnels de santé se tiendra ensuite à l’Institut Mozart à partir de 18h30. Elle portera sur l’importance d’un dépistage précoce et sur l’évolution des profils de patients.
Cette mobilisation s’inscrit dans un contexte où la prévention joue un rôle déterminant. La campagne cherche à toucher des publics variés, notamment les jeunes adultes, encore peu sensibilisés à ces risques. La période du 30 mars au 3 avril devient ainsi un temps fort pour rappeler que la vigilance ne dépend pas de l’âge et que la persistance d’un symptôme doit alerter.
NicePremium est un média local indépendant et gratuit.
Pour nous aider à continuer, vous pouvez soutenir notre travail à partir de 5 € par mois.
