Prolongement de la Promenade du Paillon : l’Union européenne engage 11,6 millions d’euros

Le prolongement de la Promenade du Paillon, inauguré en octobre dernier, reçoit un financement de 11,6 millions d’euros de l’Union européenne. Cette aide, accordée via le Fonds européen de développement régional, s’ajoute aux financements déjà apportés par l’État et la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Le projet, au cœur de Nice, poursuit la transformation du centre-ville et suscite à la fois adhésion et critiques.

Le prolongement de la Promenade du Paillon bénéficiait déjà d’un financement important des partenaires institutionnels. L’État a contribué à hauteur de 7,9 millions d’euros. La Région Provence-Alpes-Côte d’Azur a apporté 14,7 millions d’euros. L’Union européenne compte désormais parmi les soutiens majeurs du projet. Une enveloppe de 11,6 millions d’euros vient d’être accordée via le Fonds Européen de Développement Régional.

Cette aide européenne s’inscrit dans un projet de transformation urbaine lancé depuis plusieurs années. Le site d’Acropolis, désormais totalement végétalisé, constitue l’un des axes centraux de cette opération. Le FEDER vise à promouvoir la cohésion économique, sociale et territoriale. Le programme soutient des projets liés à la transition écologique, à l’innovation et au développement durable.

Christian Estrosi, maire de Nice et président de la Métropole Nice Côte d’Azur, a réagi à cette annonce. « La prolongation de la Promenade du Paillon est une réalisation majeure pour notre territoire et une fierté collective. Elle bénéficie d’un soutien exceptionnel de nos partenaires institutionnels – l’État, la Région et désormais l’Union européenne – preuve de la solidité et de l’ambition de ce projet. L’attribution de 11,6 millions d’euros par le FEDER pour la transformation du site d’Acropolis désormais totalement végétalisée constitue un engagement inédit. »

Le maire de Nice a également souligné les objectifs environnementaux du projet. « Cette reconnaissance confirme que la Promenade du Paillon est un projet modèle en matière de transition écologique : perméabilisation des sols, végétalisation, lutte contre les îlots de chaleur et amélioration concrète de la qualité de vie des habitants. À travers ce projet, nous affirmons notre engagement en faveur du développement durable et nous imposons comme une référence européenne en matière de ville verte et résiliente. »

Une inauguration très attendue au cœur de Nice

Après trois ans de travaux, la seconde partie de la promenade du Paillon a été inaugurée le samedi 18 octobre à Nice. Huit hectares de forêt urbaine s’ajoutent désormais à la coulée verte. Le projet est à la fois salué et critiqué.

La transformation du centre de Nice se poursuit depuis plusieurs années. La mairie a inauguré la seconde phase de la promenade du Paillon ce samedi 18 octobre 2025. Un espace de huit hectares s’étend désormais de la Bourgada au Palais des Expositions. Le chantier, lancé en 2022, marque la fin d’un long programme de végétalisation du cœur de la ville.

Christian Estrosi était présent lors de l’inauguration. Laurent Hottiaux, préfet des Alpes-Maritimes, et Renaud Muselier, président de la Région Sud, accompagnaient l’édile. L’événement a attiré de nombreux Niçois venus découvrir la nouvelle « forêt urbaine ».

L’architecte urbaniste Alexandre Chemetoff est à l’origine du projet. L’espace occupé autrefois par le Théâtre national de Nice et le Palais Acropolis a été entièrement repensé. Le projet repose sur une composition faite de sols en brique, de pierre calcaire blanche et de pergolas. Les formes symétriques et les lignes rigides ont été écartées. Le mobilier urbain existant a été conservé.

La Région Sud a participé au financement du projet à hauteur de plus de 33 millions d’euros. Le coût total atteint 94 millions d’euros. Renaud Muselier a commenté l’opération. « Ce projet est l’exemple parfait de ce que nous faisons partout en région Sud, pour des villes plus vertes, plus apaisées, toujours au service des habitants et de leur qualité de vie. »

L’extension du parc porte la surface totale de la coulée verte à 20 hectares. La Région évoque 2 500 arbres plantés et un système de récupération des eaux de pluie destiné à irriguer les jardins. Les autorités locales estiment une réduction annuelle des émissions de CO₂ d’environ 1 740 tonnes. Une amélioration de la qualité de l’air est également avancée.

Le projet s’inscrit dans le programme « Nos Territoires d’Abord » 2023-2027. Ce cadre soutient aussi la ligne T5 du tramway, le téléphérique Nice–Saint-Laurent-du-Var et la rénovation du musée d’Art moderne et de la bibliothèque Nucéra. Christian Estrosi évoque une vision à long terme. L’extension s’inscrit, selon le maire, « dans la poursuite de la métamorphose de Nice en ville jardin contribuant à son inscription par l’UNESCO sur la liste du patrimoine mondial. »

Les critiques politiques restent présentes. L’opposition dénonce le coût global du chantier et sa portée électorale. Julien Picot, secrétaire départemental du PCF 06, déclare : « Christian Estrosi orchestre une opération médiatique avec une mise en scène millimétrée, des animations et un grand buffet à volonté financés par les deniers publics. C’est inacceptable, car une fois de plus, l’espace public, la communication institutionnelle et les fonds publics sont utilisés pour servir les intérêts politiques et la promotion personnelle d’un seul homme. »

Robert Injey, membre de la liste Nice Front populaire, ajoute : « le maire va inaugurer, en grande pompe et c’est une véritable débauche de moyens qui est déployée pour cette initiative. Encarts publicitaires, supports lumineux, lampadaires, panneaux, tramway… Tous les supports possibles sont mobilisés à outrance. Un dispositif hallucinant, sans précédent, pour l’inauguration d’un jardin sur une dalle de béton qui aura coûté la bagatelle de 100 millions d’euros (hors destruction du TNN et d’Acropolis). »

Juliette Chesnel-Le Roux critique aussi les choix financiers. « Le coût de la destruction d’Acropolis joue en termes financier, en termes de pollution aux particules fines et en termes de retombées économiques sur les ressources à cause de l’absence d’un Palais des Congrès qu’il va falloir de toute manière reconstruire. »

La promenade élargie devient un nouvel espace de passage et de détente. Entre mer et collines, la coulée verte relie désormais le centre-ville aux quartiers nord. Le débat sur la politique urbaine reste ouvert.

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